‹ Contribution à l'étude du traumatisme expérimental sur la région trochantérienneChapitre 12 sur 48 · CHAPITRE IT Description des expérimentations · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT Description des expérimentations

EXPÉRIENCE n° {. — Homme de 69 ans. Alhéromateux, congestion cérébrale a frigore. Cadavre sur la table à dissection, dans le décubitus latéral.

Hanche gauche. — Parties molles non enlevées, chocs (dos de hache) sur la face externe de la région trochantérienne. Fractures esquilleuses, aplatissemeut du grand trochanter. Rien au col.

Hanche droite. — Profondes incisions cruciales des parties molles qui recouvrent et entourent le grand trochanter. Chocs (dos de hache) sur la face externe du trochanter ; mais : 1° interposition de bois épais de 5 doigts. On frappe vigoureusement, à plusieurs reprises, pas de fractures ; 2° interposition d’une planchette épaisse de deux doigts ; au premier choc, fracture du grand trochanter, en plusieurs fragments verticaux, les fragments postérieurs sont les plus volumineux.

Cadavre placé dans le décubitus dorsal. Nous incisons complètement en avant. la capsule articulaire restée intacte. Col ne présentant rien de particulier. Saisissant des deux mains, par le pied et le genou, le membre inférieur, maintenu en extension, nous essayons de dégager la tête fémorale, en le faisant tourner sur lui-même de dedans en dehors.

A la première tentative, presque sans effort (levier du premier genre), nous déterminons un craquement osseux, très net, ainené par la formation d’une fracture incomplète avec engrènement, intéressant la moitié antérieure du col, à sa partie moyenne et

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suivant sa hauteur. L’artère fémorale profonde estdure, ossifiée ; la crurale n'offre point de plaques calcaires.

Il serait, sans doute, très intéressant d'étudier la manière d’être des artères de la hanche vis-à-vis de l’artérioselérose. Les branches de la fémorale profonde, qui irriguent le col du fémur, seraient-elles plus vite ou plus profondément atteintes par l’artério-sclérose ? et, cette lésion qui trouverait ici, comme nous venons de le constater, un siège de prédilection, expliquerait-elle la grande fragilité du col chez certains individus ?

Guéneau de Mussy (Archives gén. de méd., 1872, 2° vol., p. 129 et 292), dans ses études cliniques sur les indurations des artères des membres, dit que les fémorales et la radiale sont les artères chez lesquelles l’altération lui a paru plus prononcée.

L’induration ne doit pas être regardée comme un « effet de la vieillesse, mais comme un état morbide.

« Sur 160altérations des parois artérielles, à différents « degrés, j'en compte 80 avant 45 ans, c’est-à-dire dans « la moitié des cas. L’artério-sclérose a coïncidé avec « des manifestations rhumatismales (p. 319). On a attri- « bué à l'athérome la raréfaction du tissu osseux. »

M. Lancereaux (Traité de l'herpétisme, 1883, p. 236), relate 61 faits suivis d’autopsie et observés au point de vue de l’artérite; 1] trouve :

Artériosclérose généralisée................. 61 Néphrité atrophique SEEN PER 59 Ramollissement ou hémiplégie cérébrale NO SA 21

Emphysème pulmonaire.................... 21

not

Lésions articulaires, arthrite sèche.......... 14 RATES BRON UPS tn à LR RER 10

Ainsi la friabilité osseuse serait donc observée une fois sur six cas d’artério-sclérose généralisée.

Même auteur, Leçons de clin. méd., vol. année 1879 1893, p. 101. Observation d'un homme de 37 ans, athéromateux. Autopsie.

« Les os sontfriablesetse laissent couper facilement. »

Même auteur, Archives gén. de méd., fév. 1893, p.165.

M. Crocq, de Bruxelles (Gaz. hebd., 1892, p. 523), signale la fréquence des lésions artérielies et rapporte que Lobstein et Rokitansky, sur 17 groupes artériels, placent les artères crurales au sixième rang.

Crocq place, dans l’étiologie, la vieillesse au premier rang.

« Sur 10 sujets, dit Richet, on en rencontre au moins 7 qui présentent des incrustations calcaires au delà de 60 ans. » |

« Peter, Guéneau de Mussy, Huchard, signalent surtout, dans l’étiologie, le rhumatisme chronique.

ExPÉRIENCE n° 2. — Homme de 76 ans. Athérome artériel, néphrite interstitielle, urinaire ; congestion pulmonaire.

Hanche droite. — On découvre la capsule articulaire, rotation en dehors forcée du membre inférieur : on n'obtient rien de particulier. La capsule est incisée, même manœuvre : dégagement de la tête fémorale. Cadavre placé sur le côté. Chocs (dos de hache) sur la face externe du grand trochanter, mise à nu : fracture du trochanter en trois fragments verticaux, qui sont, par ordre de dimension, le moyen, l’antérieur, le postérieur.

Hanche gauche. — Décubitus latéral. Chocs (dos de hache)

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sur la face externe du grand trochanter, mise à nu : solution de continuité partant de la partie externe du fémur, à 3 centim. au-dessous de la base du grand trochanter, et, passant immédiatement au-dessus du trochantin, suivant une direction légèrement oblique de bas en haut et de dehors en dedans.

Le choc avait porté également sur la région sous-jacente de la face externe de la diaphyse,

ExPÉRIENCE n° 3. — Homme de 52 ans. Cancer estomac. Cadavre sur le côté.

Hanche droite. — Chocs (dos de hache), à plusieurs reprises, sur la face externe de la région trochantérienne : pas de fracture ni de déchirure de la peau. On enlève les parties molles, même choc : fracture du tiers postérieur du grand trochanter.

Hanche gauche. — Pas d'expérimentation. Coupes. .

EXPÉRIENCE n° 4. — Homme de 65 ans. Cancer estomac.

Hanche droite. — L'induration calcaire de la crurale commence à 7 centim. et demi du pli inguinal ; dès sa naissance, à 6 centim. du pli de l’aine, la fémorale profonde est calcifiée. Les muscles qui avoisinent ie col, notamment le pectiné, ont une teinte grisâtre; ils sont friables.

Les manœuvres de rotation, en dehors, forcée du membre inférieur, ne donnent rien de particulier.

Coupe verticale du col et de la tête suivant l'axe cervical. — On constate :

1° Le tissu spongieux de la tête est dense, très dur, il ne se laisse pas pénétrer par la pointe du scalpel.

2° Le col contient deux excavations de la grosseur d’une noisette et remplies de substance médullaire molle, grisâtre. Le tissu spongieux se laissé pénétrer facilement et déchirer par le bec de la sonde cannelée. Le tissu compact inférieur, qui « embrasse le col à la manière d’une cuirasse » (Rodet), a son

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épaisseur normale qui est, en allant de la base du col à la tête, de 7, 6, 5, 3, 2? millimètres.

Hanche gauche. — Choc (massue) porté, à plusieurs reprises, sur la face externe du grand trochanter, mise à nu : fracture de cette apophyse, trois fragments verticaux, le fragment postérieur, qui est le plus volumineux, comprend une lamelle détachée de la face postérieure du col.

Ligament rond, mince comme une feuille de papier.

EXPÉRIENCE n° 5. — Femme de 78 ans, grande, adipeuse, athéromateuse. Cong. pulmonaire.

Hanche droite. — Les plaques calcaires artérielles commencent à 4 centim. du pli de l’aine. Aspérités osseuses au sourcil cotyloïdien.

Stalactites osseuses au pourtour de la tête fémorale (forme d’un champignon) s’avançant vers le grand trochanter. Le col paraît raccourci. La face externe du trochanter est plus large qu’elle ne l’est à l'état normal.

Pas d’expérimentation.

Hanche gauche. Pas de lésion d’arthrite sèche ; face externe du grand trochanter moins large que celle du côté opposé ; col un peu raccourci.

Chocs (dos de hache) sur la face externe du ali mise à nu: fracture de cette apophyse, trois fragments verticaux, le moyen le plus petit, le postérieur, le plus volumineux, com prend la moitié postérieure du trochanter, et, de plus, deux languettes osseuses appartenant, l’une à la face externe du fémur, l’autre à la partie postérieure et inférieure du col.

RérLexions. — Nous constatons les lésions de l’arthrite sèche du côté droit, alors que l’extrémité supérieure du fémur, à gauche, offre un aspect normal. Il y avait donc là, de part et d'autre, une différence au point de vue de la résistance à la fracture. Une chute sur la

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