INDICATIONS GÉNÉRALES
Les recherches que nous allons relater sont de deux ordres : les unes concernent la production des fractures, les autres sont relatives à l'anatomie normale, à l’anatomie pathologique, à l’étiologie, à la clinique.
Les fractures ont été déterminées ou sur le cadavre ou, exceptionnellement, sur des fémurs détachés.
Les premières ont été, les unes, constituant l'immense majorité des cas, la conséquence d’un traumatisme trochantérien; les autres, la conséquence d’un choc porté sur l'éminence ilio-pectinée, ou de la rotation en dehors forcée du membre inférieur.
Le cadavre a été placé, la plupart du temps, sur la table à dissection, tantôt et le plus souvent dans le décu-. bitus latéral, tantôt dans le décubitus dorsal. Il nous est arrivé, parfois, de le déposer à terre, dans le décubitus
latéral.
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Nous avons fait usage des agents traumatiques suivants : dos d’une hache, dos d'une cognée, massue, poids de 20 kïilogr.
Nous faisions tomber, d’une hauteur de 1 à ? mètres, ce poids de 20 kilogs sur la face externe du grand trochanter (cadavre à terre).
Presque toujours, nous avons frappé sur le grand trochanter, mis à nu. Nous n’enlevions que la peau et les fortes aponévroses. En agissant de cette façon nous avons reconnu que les résultats que nous obtenions se prêtaient à une analyse plus facile.
Nous avouons avec M. Leriche, M. Jan Kerguistel et d’autres expérimentateurs; qu’il est indifférent, quant aux résultats du traumatisme, quant à la nature même de la fracture, de sectionner ou de laïsser intactes les parties molles qui recouvrent le trochanter.
Nous avons mis à profit chaque fémur, et le traumatisme initial a été porté tantôt sur la hanche droite, tantôt sur la hanche gauche.
Nous avons essayé de produire la fracture du col, chez le vieillard, en faisant tomber le sujet de sa hauteur sur la saillie trochantérienne, ou de la hauteur d’un mètre environ, soit sur les pieds, soit sur les genoux, soit sur la hanche.
Bien que très obligeamment aidé, nous avons de suite renoncé à poursuivre ce genre de recherches, tant est grande la difficulté de mouvoir à son gré le cadavre et d'en régler la chute.
Après chaque application de l'agent traumatique sur. la région trochantérienne, nous avons eu soin de nous
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assurer de l’état du squelette, de l'existence d’une crépitation ou d’une mobilité anormale.
Les tissus (ligament capsulaire, périoste, aponévroses) maintenaient parfois les fragments osseux tellement adhérents l’un à l’autre qu’il nous est arrivé de percevoir ces deux signes de la fracture qu'avec la plus grande difficulté.
Dès le début, nous avons pris la résolution d'opérer sans parti pris.
Notre principal souci à toujours été de chercher le pourquoi de telle ou telle fracture, dans la structure de l'os, dans la position donnée au cadavre, dans la directiou imprimée à l'agent traumatique…
Une chose sans laquelle l’expérimentateur risque de n'obtenir rien de précis, qu’il convient de réaliser coûte que coûte, est l’immobilité absolue du sujet soumis à l’action traumatique. On a fait usage de blocs de bois placés de chaque côté du tronc et le long des membres inférieurs, on n’a pas manqué d’aides bien résolus ; malgré cela, l'immobilité parfaite laissait encore à désirer. Ce . quinous a rendu les plus grands services en pareil cas, et ce que nous recommandons, à l'exclusion de tout autre élément, c’est l'emploi de gros poids.
Nous nous sommes servi, presque constamment, de deux poids de 20 kilogr., placés de chaque côté du tronc, et de quelques billots disposés de façon à prévenir le ballcttementdes membres inférieurs. Pour éviter l'inconvénient qui résultait du glissement de ces billots, nous eûmes la précaution de les tenir enveloppés dans une grande toile souple, humectée.
Nous avons cru devoir décrire longuement les résultats de chaque expérimentation. (Nous vivons dans un temps où la pénurie de cadavres s’accentue de jour en jour grâce à l'influence de sentiments mal placés.)
La plupart d’entre elles (quatre fois sur cinq environ) renferment des considérations de toute nature, diverses réflexions auxquelles nous nous sommes livré, chemin faisant. ‘
Nature du traumatisme :
1° Tantôt la violence à été unique, mais intense;
2° Tantôt les chocs ont été modérés, mais répétés et appliqués constamment au même niveau, sur un même point.
3° Dans l'immense majorité des cas, nous avons frappé jusqu'à ce qu’il survienne une fracture autre que celle du grand trochanter.