PAT DE RU
Hanche gauche. — Décubitus latéral. Choc (massue) sur la face externe du grand trochanter, mise à nu : Au premier choc, fracture du grand trochanter, quatre fragments, traits de fracture en croix; deux fragments supérieurs, antérieur et postérieur, ce dernier plus volumineux; deux inférieurs, antérieur et postérieur, comprenant tous deux-une lamelle diaphysaire.
Au troisième choc, fracture intra-capsulaire des auteurs, avec gros engrènements, et de plus production d'une esquille comprenant une grande partie de la ligne intertrochantérienne antérieure, une lamelle détachée de la face antérieure du col
et une lamelle appartenant à la face antérieure du corps du fémur.
EXPÉRIENCE n° 40. — Femme deS7ans. Plaies contuses du cuir chevelu. Morte le quatrième jour.
Hanche gauche. — Décubitus dorsal. On laisse les parties molles. Jambe demi-fléchie sur la cuisse, cuisse demi-fléchie sur le bassin. Cuisse en abduction. Le bassin du côté opposé étant solidement maintenu immobile, nous exécutons le mouvement de rotation en dehors du membre inférieur.
A la première tentative, nous produisons, sans aucun effort, une luxation de la hanche en avant. La tête fémorale déplacée est manifestement sentie, sous le doigt, à travers les parties molles, au niveau et au-dessous du pli inguinal.
Cette luxation produite, nous constatons: 1° possibilité d’accentuer la flexion de la cuisse sur le bassin ; 2° résistance à son extension ; 3° cuisse en abduction fixe ; le creux du jarret regarde en dedans et est à six travers de doigt du plan vertical médian ; 4° flexion de la jambe sur la cuisse, le talon gauche touche la partie interne de la jambe droite, à trois travers de doigt au-dessus de la malléole interne.
Incision longitudinale de la peau, faite au niveau de la saillie formée par la tête fémorale luxée. On voit apparaître cette der-
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nière, entre deux muscles, le psoas en dedans, le tendon du droit antérieur en dehors.
La tête avait passé entre le ligament de Bertin, situé en dehors et les vaisseaux fémoraux en dedans. Le col se trouvait enserré dans cette boutonnière. Chaque fois que nous pratiquions la traction de la jambe et en même temps l’adduction de la cuisse, nous amenions la tension du ligament et la compression, par le col, des vaisseaux fémoraux.
RérFLExI0NS. — Nous voyons, ici, qu’il n’est pas toujours vrai de dire : luxation de la hanche, traumatisme intense, accident de l’âge adulte ; fracture du col du fémur, traumatisme léger, apanage de la vieillesse. Nous avons été témoin du danger que l’on ferait courir aux vaisseaux si l’on venait à exercer, dans ce cas, des tractions intempestives de la jambe.
Ne songeant peut-être pas à la possibilité d’une luxation chez telle personne âgée, on ferait des tentatives vaines, dangereuses de réduction de la fracture supposée, alors que l’on pourrait tenter la réduction de la luxation, comme nous l’avons pratiquée, plus haut, avec la plus grande facilité, en ayant eu soin d’accentuer la flexion de la cuisse sur le bassin et d'exécuter, en même temps, l'adduction de la cuisse et la rotation en dedans du membre inférieur.
Étant donnée la facilité avec laquelle nous avons obtenu, chez une femme de 87 ans,la luxation de la hanche -en avant, il nous est permis de supposer que cet accident n’est peut-être point une rareté clinique dans l’âge avancé. La série de mouvements (pour ne parler que des plus fréquents) que l'on exécute quan: on se met au lit ou que
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l'on se jette hors du lit est comparable à la série des mouvements qui ont amené, ci-dessus, le déplacement en avant de la tête fémorale.
M. le professeur Verneuil (1) cite le cas d'un vieillard, âgé de 60 ans, atteint de luxation sus-pubienne. Trente heures après l'accident, on fait des tentatives de réduction, d’abord à l’aide de tractions parallèles et de mouvements de rotation, puis à l’aide de mouvements de cireumduction combinés à des tractions modérées.
À la première tentative, fracture du col du fémur à sa base. La tête avait traversé la boutonnière formée par le psoas en dedans et le droit antérieur en dehors. « Toute traction avait pour effet de rétrécir cette boutonnière. »
L’autopsie fut faite quatre ans après. Le tissu osseux du fémur a paru très solide.
Nous continuons nos recherches expérimentales, nous détachons tous les muscles qui avoisinent la tête luxée. On voit alors le col se montrer nettement en dedans du ligament de Bertin. La capsule articulaire est restée intacte. Le ligament rond, mince, friable, a été déchiré. Cela étant constaté, nous réintégrons la tête fémorale dans la cavité cotyloïde, puis, le membre inférieur gauche étant en extension complète, le bassin du côté opposé étant maintenu, de nouveau, solidement afin de prévenir tout entraînement du bassin, nous essayons, à plusieurs reprises, de reproduire la sortie de la tête en exécutant des mouvements de rotation en dehors forcée ; aucun résultat : ni luxation, ni fracture du col, ni rupture de la capsule articulaire. Si nous venons à plier quelque peu le genou (si légère que soit la flexion et grâce à la légère abduction concomitante)
(1) VERNEUIL. Gaz. hebd. de Paris, 1870, p. 503.