‹ Contribution à l'étude du traumatisme expérimental sur la région trochantérienneChapitre 31 sur 48 · PA 100 ÈS · texte numérisé non relu

PA 100 ÈS

RérLexIoNs. — Nous avons employé moins de force pour obtenir la fracture intertrochantérienne droite, en frappant sur la face externe, que pour avoir la fracture intertrochantérienne gauche, résultant du choc appliqué au niveau du mamelon crural.

EXPÉRIENCE n° 44. — Homme de 59 ans, grand, maigre. Tuberculose pulmonaire, pas d'æœdème.

Hanche gauche. — Décubitus latéral. Chocs (massue) sur la face externe du grand trochanter, mise à nu : Au premier choc, fracture du grand trochanter, trois fragments,antérieur, médian, petit, postérieur le plus volumineux. Au deuxième choc, fracture du col avec languette trochantérienne et diaphysaire.

Le trait de fracture passe sur la lèvre interne de la crête intertrochantérienne postérieure, traverse la cavité digitale, atteint la partie antérieure du bord supérieur du grand trochanter, descend sur la face externe de l’apophyse, au niveau de la lèvre postérieure de son bord antérieur, et, après un parcours de ? centim. gagne la face antérieure de la diaphyse, traverse la moitié externe de cette face, parallèlement à la. ligne intertrochantérienne antérieure dont il est séparé de 2 centim., puis remonte obliquement en haut et en en dedans, coupe la ligne intertrochantérienne antérieure, longe la partie inférieure de la face antérieure du col, contourne son bord inférieur pour gagner le point initial, sur la lèvre interne de la crête intertrochantérienne postérieure.

Hanche droite. — Décubitus latéral. Choc (massue) au niveau du mamelon crural, à nu: Au premier choc, vigoureux, fracture spiroïde sous-trochantérienne. Trait de fracture partant du milieu du bord inférieur du grand trochanter et se dirigeant obliquement de haut en bas, d’arrière en avant, de dehors en dedans, puis d'avant en arrière, contournant ainsi une partie de la face postéro-externe de la diaphyse, son bord

externe, sa face antérieure, son bord interne, sa face postérieure et interne pour se terminer sur l’interstice de la ligne âpre, à 6 centim. au-dessous du petit trochanter.

De ce point, il remonte le long de la face postérieure et externe, pour rejoindre le point initial, suivant une ligne légèrement courbe, à concavité regardant en haut et en dedans. Le trait de fracture descendant est rectiligne dans ses trois quarts supérieurs Ccurviligne inférieurement ; concavité regardant en bas et en dehors.

Longueur de la fracture, 9 centim. Foyer traumatique, éclatement de la paroi de la cavité digitale. De chaque côté, rotation forcée en dehors et en dedans, extension forcée, rien. Ligament rond et peloton adipeux enlevés, rien à la cavité cotyloïde.

EXPÉRIENCE n° 45. — Homme de 62 ans, grand, fort, bien musclé. Cachexie cardiaque. Lésions mitrales, anasarque, ascite, hydropéricarde, foie muscade.

Hanche droite. — Décubitus latéral. Chocs (massue) sur la - face externe du grand trochanter, mise à nu: Au premier choc, fracture du grand trochanter, trois fragments verticaux, le moyen, plus petit.

Au deuxième choc, fracture du col à sa base avec esquille, ou lamelle osseuse trochantéro-diaphysaire. Trait de fracture partant de la partie inférieure du bord antérieur du grand trochanter, coupant le bord externe de la diaphyse, puis gagnant sa face antérieure qu'elle longe transversalement.

Arrivésur la lèvre externe du bordinterne du fémur,ilremonte, contourne le tubercule prétrochantinien, se dirige obliquement vers la partie moyenne de la fossette prétrochantinienne, après avoir formé un V plein dont la pointe est constituée par ce tubercule.

Il gagne ensuite la lèvre interne de la crête intertrochantérienne, après avoir passé au ras de la partie supérieure du trochantin, et va rejoindre le point initial après avoir cheminé entre le mamelon crural et la cavité digitale.

Hanche qauche. — Décubitus latéral. Chocs (massue) au niveau du mamelon crural, à nu. Premier choc, léger, choc d'essai, rien. Au deuxième choc vigoureux, fracture oblique du corps du fémur avec fissure spiroïde sous-trochantérienne, reliant cette fracture au foyer traumatique. La région sur laquelle a été appliquée le choc, ne présente, comme lésion, qu'une fissure passant au-dessous et en dehors du mamelon crural et à un demi-centimètre du bord postérieur du grand trochanter.

Le trait de fracture diaphysaire, en bec de flûte, est obliquement dirigé de haut en bas et d'avant en arrière.

Longueur de la fracture, 5 centimètres et demi. L/extrémité inférieure du fragment supérieur ou trochantérien est située à 8 centimètres et demi au-dessous du petit trochanter. La fissure sous-trochantérienne part du milieu du bord inférieur du grand trochanter, à 2 centimètres et demi de la fissure constituant la lésion du foyer traumatique, pour se diriger obliquement de haut en bas, d’arrière en avant et de dehors en dedans; elle traverse la face postérieure et externe de la diaphyse, son bord externe sur la lèvre interne duquel elle se termine pour se continuer avec la branche interne du fragment supérieur.

Fissure, mesurant 7 centim. de longueur, ayant la forme d’un S italique allongé, dont la courbure supérieure très accentuée, est à concavité regardant directement en dedans, et dont l'inférieure, à poine marquée, a sa concavité regardant en bas et en dehors.

De chaque côté, ligament rond et peloton adipeux, préalable ment enlevés ; rien à la cavité cotyloïde.

EXPÉRIENCE n° 46. — Femme de 87 ans. Insuffisance cardiaque, pas d'œdème, congestion pulmonaire. Syphilis ancienne.

Hanche droite. -— Décubitus latéral. Chocs (massue) au niveau du mamelon crural, à nu : À la quatrième reprise, fracture du grand trochanter, trois fragments verticaux dont le postérieur,

volumineux, comprend aussi la crête intertrochantérienne postérieure et le petit trochanter. À la huitième reprise, fracture à la base du col exactement, trait de fracture passant en arrière, sur la lèvre interne de la crête intertrochantérienne postérieure ; en avant, sur la lèvre externe de la ligne intertrochantérienne antérieure. Le fragment cervical, forme en dedans un V plein occupant presque toute la fossette prétrochantinienne, et dont la pointe touche la partie inférieure et antérieure du petit trochanter.

La surface du grand trochanter était recouverte d’aspérités cartilagineuses, qui comme dans les expériences n° 15 et 27.-ont présenté une certaine résistance au choc.

Hanche gauche. — Décubitus latéral. Chocs (massue) sur la face externe du grand trochanter, dénudée : 1° Fracture du grand trochanter, deux fragments verticaux, le postérieur comprenant également la crête intertrochantérienne postérieure. le petit trochanter et une lamelle cervicale et diaphysaire. 2° Fracture du col à sa base, section nette. Le fragment cervical forme en dedans un V plein occupant presque toute la fossette prétrochantinienne et dont la pointe regarde en bas et en arrière.

Les fémurs chez cette femme âgée ont été assez tenaces et nous n'avons pas trouvé qu'ils fussentinfluencés par la syphilis. « Je ne suis nullement convaincu que la syphilis constitutionnelle donne aux os la fragilité. » (GosseLiN. Clin. chirurg. de l’hôp. de la Charité, 1879, t. I, p. 259.)

ExPpÉRIENCE n° 47. — Femme de 52 ans, grande, forte. Cirrhose de Laënnec, ascite, œdème malléolaire.

Hanche gauche. — Décubitus latéral. Chocs (massue) au uiveau du mamelon crural, à nu : À la huitième reprise, alors qu'il n'existe qu'un léger écrasement du tiers postérieur du grand trochanter, et du mamelon crural, il se produit une fracture spiroïde sous-trochantérienne, avec fissure spiroïde soustrochantérienne.

Le trait de fracture part de la lèvre externe de la ligne àpre, à 4 centim. au-dessous du bord inférieur du grand trochanter, traverse, en décrivant une courbe à concavité regardant en bas et en dehors, la face postérieure et externe de la diaphyse, son bord externe, sa face antérieure, son bord interne et s'arrête, à un centimètre de ce bord, sur la face postérièeure et interne du fémur. De ce point, le trait de fracture prend une direction ascendante, verticale, puis oblique, en haut et en dedans pour atteindre le point initial. La partie inférieure de la fracture est à 8 centimètres au-dessous du petittrochanter.

Il existe deux fissures, à directions parallèles, l’une reliant le sommet de la fracture au foyer traumatique, l’autre continuant directement la ligne de fracture postérieure ou ascendante au moment où celle-ci prend une direction oblique, contournant la base du trochantin et se terminant sur le foyer traumatique à quelques millimètres en dedans de la première fissure. ;

Hanche droite. — Décubitus dorsal. Chocs (dos de hache) sur le bord antérieur du grand trochanter, à nu : À ia huitième reprise, après la formation de deux ou trois petites esquilles, s’enfonçant dans le tissu spongieux de la région atteinte par le choc, il se produit une fracture sous-trochantérienne. Le trait de fracture naît au ras de la partie inférieure du bord antérieur du grand trochanter, descend obliquement de haut en bas et de dehors en dedans, le long de la face antérieure de la diaphyse, atteint l’interstice de son bord interne, à 3 centimètres et demi au-dessous du petit trochanter. De là, il suit une direction ascendante, en parcourant d'avant en arrière, de dedans en dehors puis d’arrière en avant, et successivement la face postérieure et interne de la diaphyse, la ligne âpre, la face postérieuxe et externe du fémur; il se termine sur l'extrémité antérieure de la base du grand trochanter.

Longueur de la fracture, 7 centimètres et demi.

Deux fissures, l'une partant de la ligne de fracture ascendante, au niveau de la ligne âpre, cheminant sur la face externe

du grand trochanter, parallèlement à la crête intertrochantérienne postérieure et se terminant au niveau de la partie supérieure et externe du mamelon crural; longueur, 3 centim. L'autre fissure occupe la face postérieure du col ; elle part du milieu de la crête intertrochantérienne postérieure, et se dirige obliquement de bas en haut, de dehors en dedans pour se terminer près de la partie supérieure du col, à un centimètre et demi de la tête fémorale. Longueur, 3 centim. Une cuillerée à soupe de liquide visqueux verdâtre dans l'articulation droite.

EXPÉRIENCE n° 48. — Femme de 55 ans, grande, très musclée. » 9 Ramollissement cérébral.

Hanche gauche. — Décubitus latéral. Chocs (massue) au niveau du mamelon crural, parties molles non enlevées. Après sept ou huit chocs vigoureux, on entend une sorte de craquement. On enlève les parties molles ; celles-ci intactes, et aucune solution de continuité osseuse. Il est vrai qu’il eût pu exister quelque fissure imperceptible.

Choc, au niveau du mamelon crural, à nu: Fracture du grand trochanter, deux fragments verticaux, dont le postérieur, plus volumineux, comprend également la crête intertrochanterienne postérieure. Arrachement du petit trochanter, A la cinquième reprise, fracture spiroïde sous-trochantérienne.

La ligne de fracture antérieure ou descendante part du foyer traumatique, au niveau de la branche moyenne de la trifurcation de la ligne àpre, se dirige de haut en bas, d’arrière eu avant et de dehors en dedans, contournant ainsi la face postérieure et externe de la diaphyse, son bord externe, sa face antérieure, pour arriver sur la lèvre externe du bord interne du fémur, à 19 centim. au-dessous du tubercule prétrochantérien.

De là, la ligne de fracture, devenue postérieure ou ascendante, coupe le bord interne de la diaphyse, longe sa face postérieure et interne pour aboutir au point initial.

La ligne descendante a la forme d’un S italique allongé dont

la courbure supérieure est à concavité regardant en haut et en dedans, et dont l’inférieure, plus grande, est à concavité regardant en bas et en dehors. La terminaison inférieure de la fracture est à égale distance du tubercule prétrochantérien et de la gouttière sus-trochléale.

Hanche droite. — Décubitus latéral. Chocs (massue) sur la face externe du grand trochanter, à nu : A la quatrième reprise, fracture de l’apophyse, trois fragments verticaux, le moyen, petit, parement trochantérien, l'antérieur comprenant une partie de la face antérieure du col, le postérieur, plus volumineux, comprenant également la crête intertrochantérienne postérieure. À la dixième reprise, fracture intertrochantérienne, à section nette, pouvant être représentée par un plan légèrement incliné de haut en bas, de dehors en dedans, passant par le bord inférieur du grand trochanter et par le petit trochanter à l'union de son quart supérieur avec ses trois quarts inférieurs.

À droite et à gauche, ligament rond et peloton adipeux enlevés, cavité cotyloïde, rien.

EXPÉRIENCE n° 49. — Femme de 65 ans. Cachexie cardiaque, anasarque.

Hanche droite. — Décubitus latéral. Chocs (massue) sur la face externe du grand trochanter, dénudée. A la deuxième reprise, fracture du grand trochanter, trois fragments verticaux ;le moyen, petit, purement trochantérien, l’antérieur comprenant une partie de la face antérieure du col, le postérieur, plus volumineux, comprenant également la crête intertrochantérienne postérieure. On détache tous ces fragments fortement adhérents entre eux, grâce au tissu fibreux, épais, résistant qui les recouvre, et l’on constate alors, en outre, une fracture intertrochantérienne passant par le bord inférieur du grand trochanter et par le petit trochanter, à l'union du tiers inférieur avec ses deux tiers supérieurs.

RÉFLEXIONS.— Après chaque choc, nous avons l’habi-

tude de nous assurer s'il n'existe pas une solution de continuité osseuse.

Dans cette dernière expérience, nous n’avons pu savoir quelle à été la fracture initiale. Les deux fractures, trochantérienne et intertrochantérienne, ont été simultanées.

Hanche gauche.— Décubitus latéral. Choc (massue) sur le bord antérieur, large, triangulaire, du grand trochanter, à nu : Fracture sous-trochantérienne dont la description est celle de la fracture du n° 47 d. Longueur, 8 centimètres et demi. Terminaison à » centimètres et demi au-dessous du petit trochanter.

La moitié antérieure du grand trochanter réduite en bouillie.

Fissure cervicale, partant de la crête intertrochantérienne, à { centim. au-dessous du mamelon crural et gagnant le pourtour de la tête fémorale, après avoir cheminé le long dela partie supérieure de la face postérieure du col, parallèlement au bord céphalo-trochantinien.

Ligament capsulaire intact.

ExPpEÉRIENCE n° 50. — Homme de 42 ans, grand, très musclé. | Typho-bacillose. Mort Le septième jour.

Hanche droite. — Cadavre à terre. On enlève ligament rond, peloton adipeux et tout le cartilage qui tapisse la cavité cotyloïde. Chocs vigoureux (massue) sur la face externe du grand trochanter, à nu. Au premier choc, fracture de la moitié postérieure du grand trochanter avec la crête intertrochantérienne postérieure et une lamelle cervicale et diaphysaire. Au deuxième choc, fracture intertrochantérienne passant par le bord inférieur du grand trochanter et coupant le trochantin à l’union de son quart supérieur avec ses trois quarts inférieurs.

Hanche gauche. — Cadavre sur la table à dissection. Ligament rond, peloton adipeux, cartilage cotyloïdien enlevés. Chocs (massue) au niveau du mamelon crural, à nu.

Page 1