‹ Contribution à l'étude du trisyndrome de MilianChapitre 18 sur 33 · LA L4 Q · texte numérisé non relu

LA L4 Q

La séroréaction de Wassermann est négative.

Cette femme est bien réglée. Elle a un enfant bien portant. Elle a eu la rougeole il y a cinq ans, une salpingite, il y a trois ans.

Le 17 octobre, Vérythème morbilliforme s'étend vers les jambes et autour du pli fessier. Il est faiblement prurigineux. La chaleur du lit, les contacts augmentent ce prurit.

Les éléments de la partie supérieure du corps s’affaissent et se dessèchent. Certaines lésions érythémato-papuleuses s’y entourent

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d’une légère collerette épidermique. La lymphangite du bras a disparu. .

Le 18 octobre, l’éruption a pris la forme de médaillons à contour desquamant séborrhéiformes ou analogues au pityriasis rosé. Elle prédomine sur la ligne médiane du corps. La dermite de l’avant-bras s'améliore à son centre, mais il y a une légère extension vers la main, évolution concentrique comme font les impétigos plycténulaires. La température s'élève à 37°4.

. Le 19, gros éléments bulleux et douloureux apparus la nuit au cinquième métacarpien gauche, éléments pustuleux lenticulaires à la base du deuxième doigt gauche.

Le 22, alors que la malade n’a jamais eu de croûtes dans le

cuir chevelu, mais seulement quelques démangeaisons, il existe aujourd’hui une séborrhée très marquée du cuir chevelu.

D'autre part, les lésions du corps s’éteignent, deviennent brunes au lieu de rouges, couvertes de squames nombreuses. Le prurit est assez vif au point qu’on peut se demander s’il y a pas de gale, mais on ne trouve pas de signes de cette affection.

Au membre supérieur droit, l’avant-bras est rouge en totalité, avec suintement eczématiforme et à la périphérie, soulèvement épidermique. La main gauche présente un état dysidrosique des plus

typiques.

Le 26, l’éruption entre nettement en défervescence. Le 28, éléments de folliculite à l’avant-bras gauche.

Le 31, rougeur et squames adhérentes à la main droite et à

Pavant-bras. Kératose palmaire à la main gauche.

2 novembre, furoncle marge de l’anus droit avec 37°9, les mains sont toujours rouges et un peu squameuses avec état œdémateux.

3 novembre, ouverture spontanée du furonele.

5 novembre, la peau est à peu près détergée.

10 novembre, la malade sort guérie.

Une biopsie fut faite le 15 octobre.

Observation XI. — Mme F., 48 ans, vient consulter le 10 avril

pour une éruption généralisée étendue à tout le corps, pour laquelle elle est hospitalisée.

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Il y a quinze jours, elle a eu une petite plaie de la grandeur d’une pièce de 2 francs, à la face antérieure du poignet droit, qui a duré deux semaines. Cette plaque initiale s’est étendue progreson d’une manière excentrique jusqu’à la moitié de l’avant-

ras.

Quinze jours après l'apparition de la plaque initiale, survient une éruption généralisée qui respecte les pieds. Cette dermatose est caractérisée par :

1° Des papulo-vésicules érythémateuses isolées ou confluentes; 2° Des zones érythémato-æœdémateuses localisées; 3° Des bulles de dysidrose.

La malade à eu de la fièvre pendant quatre à cinq jours et sa jou érature, lors de son entrée à l’hôpital Saint-Louis, était de

A l'examen, on constate que la majorité des éléments sont des papules de la grandeur d’une tête d’épingle à une lentille, tantôt isolées, tantôt confluentes. Il existe aussi des papulo-vésicules très petites, sur fond érythémateux. Dans le dos, on remarque des placards rouges, à bords diffus, irréguliers, sur lesquels on voit quelques petites papulo-vésicules et de fines desquamations en collerette.

Dans le pli interfessier, on note un placard rouge foncé, excorié et suintant, de la taille de 3 cm. sur 5 cm.

Autour du cou, et à la partie supérieure du thorax, la peau est parsemée de zones foncées, infiltrées, avec desquamation. Des lésions analogues se rencontrent aux oreilles, sur le front, les paupières supérieures et les joues. Le lobule de l'oreille et les paupières sont, en outre, œdématiées. Toutes ces régions sont fort prurigineuses. Il y a aussi de l’intertrigo rétro-auriculaire droit.

Sur les bras, les aisselles, il y a des zones érythémato-œdémateuses infiltrées, desquamant en lambeaux isolés. Dans la région de la tabatière anatomique du côté droit, on trouve deux bulles de dysidrose, de la grandeur d’une lentille, avec liquide clair. Sur le cinquième doigt de la main droite, il existe une phlyctène de trois centimètres sur un centimètre, prenant presque tout le doigt.

L’intradermo-réaction au lysat de streptocoque est négative. L'examen du liquide de la bulle de dysidrose montre que son ensemencement en bouillon pipette pousse en 36 heures, et donne des colonies de streptocoques pures et nombreuses.

Les cultures du squame et des lésions cutanées décèlent de nombreux streptocoques et des staphylocoques.

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Ni sucre, ni albumine dans les urines.

Le 18 avril, les lésions inflammatoires s’éteignent, les lésions de l’avant-bras restent encore assez marquées. On remarque des

pustulettes à la périphérie des placards rouges ainsi qu’un soulè- |

vement épidermique, polycyclique à la périphérie de ceux-ci. | Au cou, le prurit est toujours violent.

L’intertrigo rétro-auriculaire est encore marqué. Le 20 avril, les éléments du corps se sont affaissés, laissant

une simple coloration tégumentaire répartie d’une manière non -

homogène ; seules persistent aux membres supérieurs des lésions rouges et squameuses.

Le 28 avril, il existe encore quelques nappes rouges entourées.

de vésicules sur les bras et le cou.

Le 25 mai, l’éruption est en pratique terminée. Il y a de place en place quelques papules analogues à celles du prurigo.

Le 2 juin, la malade peut être considérée comme complètement guérie du trisyndrome et de ses séquelles infectieuses cutanées.

Traitée aux bains de permanganate, aux pansements humides, cristal violet, etc.

Observation XII. — Mme M., 38 ans, ménagère, antérieurement traitée dans le service pour accidents syphilitiques, entre le 6 octobre à la salle Henri IV, pour une dermatose érythémato-squameuse dont les premiers éléments sont apparus le 19 septembre.

Le 18 septembre, la malade réssent un prurit intense, au niveau du moignon de l'épaule. Le lendemain matin, au réveil, elle y constate l’existence d’une tache rouge vif, semée de vésicules claires qui se dessécheront bientôt et feront place à des squames fines, souvent en collerette, d’une tête d’épingle. Cette tache, d’abord nummulaire de la dimension d’une pièce de un franc, s’étend progressivement — en tache d’huile — les jours suivants.

Le lundi soir, 5 octobre, malaise général intense forçant la malade à s’aliter. Température 40°2. Prurit généralisé très intense. Insomnie. Le lendemain matin, l’éruption s’est essaimée sur tout le corps, et présente l’aspect actuel. |

Examen le 8 octobre : sur l’épaule droite : placard érythémateux de l’étendue d’une paume de main — sans bords nets — sans

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infiltration appréciable, recouvert de squames furfuracées à la périphérie, plus denses et d’aspect croûtelleux, au centre, sur la surface d’une pièce de 5 francs. Autour de cet élément principal : six éléments arrondis ou ovalaires roses, squameux, certains ayant l’aspect de médaillons légèrement surélevés, et finement plissés

au centre.

Le visage, la paume des mains sont seuls respectés.

Le cuir chevelu présente du pityriasis simplex.

Sur tout le reste du corps sont irrégulièrement distribuées des taches rosées, irrégulièrement arrondies, lenticulaires ou num- mulaires dont les bords sont souvent peu nets. La racine du cou, le thorax, les membres supérieurs, l’abdomen (où les éléments sont nombreux, petits et groupés en ceinture), les membres inférieurs (surtout les jambes et la face dorsale des pieds), sont semés de ces taches. Les éléments squameux à type médaillon sont plus rares. A signaler qu’on trouve aux deux plis du coude, un élément érythémato-squameux de l’étendue d’une pièce de 1 franc à gauche, 0 fr. 50 à droite, au niveau des points de ponction veineuse pour

injections arsenicales.

Cette dermatose s'accompagne de prurit généralisé et d’une pénible sensation de brûlure aux pieds. La bouche douloureuse depuis le 20 octobre, est le siège d’une stomatite intense avec rougeur violacée des gencives et de la face interne des joues. Au niveau de la deuxième grosse molaire existe une ulcération gingivale, in-

fection périmolaire.

A la face interne de la joue droite : deux ulcérations lenticulaires à contours irréguliers recouvertes d’un enduit légèrement opalin. j

Dernière injection de Sanar le 12 septembre, et deux injections d'huile grise, le 17 et le 30 septembre.

Le 10 octobre, la plaque initiale de l’épaule droite s’est considérablement étendue. D’une pièce de un franc, elle a maintenant la dimension d’une large paume de main. Elle est d’un rouge rosé, à contour émietté, avec au centre une squame jaunâtre, sèche et au pourtour une desquamation pityriasique bordée de rouge rosé.

Le reste de l’éruption prend une apparence érythmato-papuleuse assez confluente qui, en certains points, conflue en véritables plaques érythrodermiques.

. Les médaillons se confondent par leurs bords. Ceux qui restent isolés se recouvrent d’une croûte jaune.

OBS. XII. —- Eruption l'existence de peau

généralisée simulant l’érythrodermie. Remarquer saine dans l'intervalle des éléments

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Le 12 octobre, troubles intestinaux de colique mercurielle (douleurs vives généralisées à tout l’abdomen, avec selles glaireuses et sanguinolentes), nausées, haleine fétide, salivation.

. Le 13 octobre, l’éruption est plus intense, surtout dans le dos, son décubitus habituel, avec prédominence aux deux ceintures lombaire et scapulaire; nombreuses papulo-vésicules érythémateuses non suintantes, d’une tête d’épingle et davantage, médaillons avec quelques squames un peu grasses.

Le haut des jambes est indemne, le cou de pied est œdématié.

Légère éruption aux joues. La malade est extrêmement fatiguée, frissonnante, ne pouvant se tenir debout. Les lèvres sont squameuses, mais la langue est humide. Il existe une légère douleur à la gorge du côté droit et l’amygdale est un peu rouge.

Pas de céphalée. Le pouls est rapide, variant entre 90 et 120.

L’entérite mercurielle est en décroissance par le bismuth, l’élixir parégorique et l’alimentation-au riz. |

Le 14 octobre. Il persiste une fatigue extrême. Le prurit reste intense, au point que la malade n’a pu dormir.

L’éruption est plus étendue et plus intense. De nouveaux éléments érythémateux sont apparus, irrégulièrement disséminés surtout aux membres supérieurs, abdomen, cuisses, dos du pied. Les éléments érythémateux confluent en de vastes placards aux contours déchiquetés et sont surtout très squameux. Les médaillons sont plus nombreux.

Le placard initial de l’épaule droite est, au contraire, en régression. De larges squames minces et argentiques s’y soulèvent et tombent en découvrant au centre du placard une peau saine et rosée. La température est à 37°5.

Le 15 octobre. Nouvelle poussée d’entérite mercurielle.

Le 17 octobre, l’éruption s'éteint. L’abdomen reste rouge. Partout il y a desquamation vésiculeuse ou en médaillon, la plaque initiale n’est plus rouge, mais très squameuse. La langue est rouge et humide. L’appétit nul. Le pouls petit et irrégulier.

. Le 24 octobre, la rougeur des téguments est partout à peu près disparue, ayant laissé à sa place une teinte brun jaunâtre.

. Le 27, il persiste encore des médaillons et de la rougeur pityriasique. La température se maintient autour de 37°8, ayant donc subi une légère augmentation.

À cette date, la malade à perdu’ 3 kgs depuis son entrée, c’estàa-dire depuis vingt-et-un jours. De 53 kgs, elle est tombée à 50 kgs.

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