‹ Contribution à l'étude du trisyndrome de MilianChapitre 17 sur 33 · APE GEL · texte numérisé non relu

APE GEL

de trois enfants bien portants. Ses parents sont également bien portants. Il a également deux frères bien portants.

Le 14 janvier, l’éruption du tronc est plus caractérisée. De nom-

breuses papules se sont élargies en taches érythémateuses plus ou moins allongées avec, au centre, une formation vésiculeuse typique rare, mais le plus souvent une croûtelle jaunâtre ou noirâtre au pourtour de laquelle il existe un léger soulèvement épidermique. Toute cette éruption du tronc suit les lignes de la peau. Les plus grands de ces éléments érythémato-vésiculeux, très allongés, suivant les mêmes lignes de la peau, se présentent comme de véritables médaillons rappelant le pityriasis rosé de Gibert et orientés comme ceux-ci également, suivant les lignes de la peau. Maïs on n’y trouve pas l’amincissement central du médaillon, son plissé, la couleur jaune chamois, la couleur rosée de la périphérie et la desquamation épidermique périphérique.

Il est à noter qu’à cette date du 14 janvier, il est apparu, égale-

ment, une éruption dysidrosiforme considérable des mains. La verge est également rouge avec légère desquamation et gonflée. L'état spongoïde des avant-bras est beaucoup plus accusé.

Le 19 janvier, le visage est moins rouge, mais recouvert de nom-

breuses squames pityriasiques. Il y a des croûtes autour des oreilles.

Sur le tronc, les médaillons s’éteignent. Sur les avant-bras, le gonflement a diminué et il existe une desquamation en collerettes circulaires ou polycycliques, surtout marquées aux plis du coude et reliquats de la rupture de grosses vésicules ou vésico-bulles avor-

tées. A la face postérieure du coude, il existe, au contraire, beaucoup.

plus de croûtes. A la face antérieure des avant-bras, jusque sur la face palmaire de la main, on retrouve cette desquamation phlycténulaire. La paume de la main elle-même montre un épiderme épaissi, un peu soulevé par places, en imminence d’exfoliation, fissuré dans les plis importants ou blanchâtre dans certains autres.

Les pieds sont normaux. L’état général du malade est toujours bon.

La température est au-dessus de 37°. La langue est humide, non saburrale. Le malade augmente de poids, il pèse 55 kg. 500 au lieu de 52 kg. 500 à l’entrée.

A dater du 21 janvier, il se déclare un mouvement fébrile, léger, à fièvre intermittente, 37° ou 37°5 le matin et 37°9, 38°4 le soir. Ce mouvement fébrile correspond, comme nous le verrons plus loin, à une évolution articulaire qui n’a pas attiré notre attention à ce moment.

Le 26 janvier, tous les éléments du tronc desquament irrégulièrement, laissant un centre brunâtre. On distingue, cependant, un

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peu partout, la desquamation en collerette périphyrique du médaillon. A à

Le malade se plaint de souffrir dès articulations depuis quelques jours. Le genou gauche est globuleux, atteint d’une hydarthrose notable. Il existe, en outre, de la névralgie intercostale gauche postérieure, au niveau du dernier rebord costal.

Cette hydarthrose mono-articulaire douloureuse, éveille immédiatement l’idée d’un pseudo-rhumatisme infectieux, d'autant plus que le malade n’a jamais souffert des articulations. On trouve à l'expression du canal uréthral, une gouttelette purulente, dans laquelle on ne trouve pas de gonocoques. Le malade est mis au traitement, chaque jour, par 2 grammes d’aspirine et 3 grammes de salicylate de soude et, assez rapidement d’ailleurs, les phénomènes articulaires rétrocèdent et la fièvre, à la date du 28 janvier, se maintient au-dessous de 38°5. A cette date, le malade a encore augmenté d’un kilogramme et pèse 56 kg 500.

Le 1+ février, il apparaît, à la face interne du grand droit, une masse inflammatoire phegmoneuse, empâtée, de la surface d’une pièce de cinq francs prolongée en haut et en bas par une zone inflammatoire empâtée donnant l'impression d’une phlébite. Il n’y a d’ailleurs, pas d’engorgement ganglionnaire; les ganglions ne sont ni gros, ni douloureux. Il existe, à la paume de la main, une ulcération d’où s’écoule du pus, ainsi qu’à la base du médius, dans le pli pou Le pus qui s’écoule de là est de couleur rougeâtre, chocolat.

Le 9 février, les téguments sont complètement détergés, l’éruption a à peu près complètement disparu, grâce aux bains de permanganate qui ont été administrés au patient, sans aucun traitement local, les collections purulentes persistent encore, celle de la base du métacarpien forme fistule. Celle de la face interne du bras droit s’est ulcérée, donnant un vaste clapièr avec débris bourbillonneux et suppuration, mais l’empâtement sus et sous-jacent a disparu.

À la face, il existe seulement de la desquamation.

Le poids du patient est descendu à 52 kg 800 le 3 février, il est à 52 kg. 100, le 10 février. L’ulcération de la paume de la main, au 2 février, est allongée dans le pli de position du pouce et déchiquetée, à bords décollés, à fond irrégulier comme on l’observe dans le chancre mou, mais la recherche du bacille de Ducrey et l’auto-inoculation sont restées négatives.

. À cette date, la collection du bras droit a d’autant plus l'air d’une phlébite que la pression des zones périphériques n’amène pas de douleurs comme dans l’érysipèle.

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énulaire de 1 et croûtelie bras (fig. 5).

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Le 5 février, l’ulcération allongée, suppurée de la paume de la main droite, chancrelliforme se déterge.

La fistule de la base du médius droit donne toujours issue à du us fluide, rouge-brun, ensemencé sur milieu sucré. La lésion de la ace interne du bras droit est ulcérée, anfractueuse, presque gangré-

neuse, avec débris bourbillonneux, pus verdâtre, recouverte de membranes épidermiques décollées.

Ces ulcérations sont, comme le chancre mou, très douloureuses au moindre attouchement. Il n’y a pas de ganglions correspondants. A l’avant-bras droit, il existe un groupement syphiloïde de dix croûtes jaunes, plates, d’impétigo, de la dimension d’une lentille à un franc, desséchées ou presque desséchées.

Au sommet du coude gauche, il existe une croûte noire, ronde de cinquante centimes, ecthymatiforme, comme un chancre syphilitique croûteux. Il y en a une petite au-dessous. Sur l’avant-bras gauche et le dos de la main, il existe des papules de prurigo excoriées. L’auto-inoculation faite au bras gauche, il y a quatre jours, a donné une pustulette comme une lentille. Sur les bourses, il existe quatre érosions purulentes. Sur le dos du pied gauche, il existe des ulcérations ecthymatiformes, putéiformes. Le genou est guéri, il ne reste plus de gonflement. Il n’y a plus de trace de goutte uréthrale, le malade ayant été mis aux lavages au permanganate dès l’apparition de celle-ci.

On voit, en un mot, qu’il s’est déclaré successivement une série d’ulcérations de tous genres, impétiginiformes ou ecthymatiformes, manifestement d’origine infectieuse. Il va sans dire qu’à cette date, toute éruption a disparu.

Le 17 février, les ulcérations du membre supérieur sont guéries, mais il est apparu, sans':fièvre, sur la jambe droite, trois ulcérations profondes, siégeant à la face interne du mollet, assez distantes les unes des autres, ayant un aspect syphiloïde très caractérisé : l’une circulaire, de la dimension d’une pièce de deux francs; une autre également circulaire, de la dimension d’une pièce de un franc; une troisième, polycyclique, de la dimension d’une pièce de cinq francs. Sur la jambe gauche, devant l'insertion du tendon rotulien, il existe, également, une ulcération arrondie de la dimension d’une pièce de deux francs. Ces ulcérations ont tellement laspect syphiloïde, qu’une nouvelle réaction de Wassermann est pratiquée, mais négative, à la date du 18 février.

Le 26 février, ces ulcérations sont en voie de cicatrisation par

les seuls soins externes et le malade sort de l’hôpital, sans fièvre, bien portant, pesant 53 kg.

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Numération globulaire, le 20 janvier, au moment de la défervescence de l’éruption, deux ou trois jours avant l’apparition de l’arthropathie : G.R. 4.640.000; G.B. 5.400; poly. neutro, 58; grands monos, 1; moyens monos, 6; lymphos, 29; éosinophiles, 6.

Le 5 février, le pus de la main est examiné. Sur les frottis, colorés au gram, on trouve un diplocoque allongé, souvent encapsulé, analogue au pneumocoque et un bacille fin irrégulier assez ana-

logue au fusiforme ou un peu renflé à son extrémité.

Une souris inoculée avec ce pus est restée malade deux jours, mais a survécu, ce qui semble indiquer que ce diplocoque n’a rien à voir avec le pneumocoque. |

Une auto-inoculation faite le 5 février, avec le râclage de l’ulcération de la paume de la main, a donné une pustule dans le pus de laquelle on a trouvé le même diplocoque, un diplobacille et un bacille en palissade.

L’ensemencement du pus de la main, sur gélose simple et sur gélose sucrée, donnait, le 5 mars, soit un mois après, de nombreuses colonies dont aucune n’avait l’apparence de mycose. Mais, par contre, on trouvait des colonies en cocarde à trois cercles concentriques où l’on trouvait un bacille en palissade et des formes en massues ou virgules isolées ou bout à bout, un bacille suivi d’une massue, ou deux massues accolées par leur pointe.

Observation IX. — La nommée H.. Maria, âgée de 21 ans, sans profession, entre à l’hôpital Saint-Louis (salle Henri IV), le 13 janvier, pour une plaie qui s’est secondairement compliquée d’éruplion généralisée.

Vers le 1* décembre une engelure de la région rétromalléolaire droite, grattée et mal pansée, s’infecte et bientôt, des « cloques » viennent compliquer cette engelure initiale. À l’entrée de la malade, il y avait, dans la région rétromalléolaire droite, une ulcération creuse à peu près arrondie, entourée d’une rougeur diffuse érosive de la partie toute inférieure de la jambe et du dos du pied, érosion suintante limitée par un épiderme décollé. Quelques bulles erratiques ont, également, laissé des érosions en divers points du pied.

Vers le 25 décembre, se développe l’éruption générale actuelle qui se compose 1° D'un pityriasis sec, abondant sur la totalité du visage;

2° D'une série de médaillons érythémateux légèrement vésiculeux distribués sur le tronc suivant les lignes de la peau;

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3° De nappes érythémato-squameuses régionales, avant-bras surtout, dont les surfaces arrondies de peau relativement saine

montrent le début par des médaillons, et où l'on trouve des squames arrondies d’origine vésiculeuse.

Il y avait un prurit notable. La fièvre qui s'élevait à 38° et 38°2, le soir, à l’arrivée de la malade, tombe bien vite à 37°5 et, en douze jours, était normale. Il n’y avait ni sucre, ni albumine dans les urines. La réaction de Bordet-Wassermann était négative. Le poids de la malade, à 46 kg. 800, le 18 janvier, était à 47 kg. 300, le 25 janvier et 48 kg. 300 le 1* février.

Le 27 janvier, par des pansements humides et des applications de solutions alcooliques de cristal violet, les lésions du pied étaient presque guéries, sauf quelques croûtes d’impétigo. L’éruption du corps est en décroissance. Le membre supérieur gauche, soigné au cristal violet, ne démange plus et va mieux que le droit, laissé à lui-même. Sur la paume des mains, desquamation vésiculeuse et polycyclique.

Enfin, le 8 février, l’éruption a disparu, laissant à sa place une teinte jaunâtre un peu ecchymotique.

Observation X. — Entre à Saint-Louis une femme de 27 ans et demi pour des lésions des mains datant de 15 jours, et suivies d’une éruption généralisée apparue la veille.

Cette femme, polisseuse en joaillerie, à Paris, raconte qu’étant en vacances en Alsace, elle fut piquée très fortement par des moustiques, le 16 août et, qu’au poignet droit (bord cubital, face palmaire) elle ressentit de fortes démangeaisons qui furent bientôt suivies de «< petits boutons blancs » qu’elle traita à la teinture d’iode. De retour à Paris, le 26 août, il y avait encore un petit bouton, mais malgré cela, elle reprit son métier de polisseuse, les mains dans les poussières, la limaille, la pierre ponce, le tripoli, la poudre de rubis, etc.

Trois jours après cette reprise de son métier, le bouton restant, grandit et, malgré des pansements humides qu’elle appliqua, forma plaie. Le 2 septembre, elle se décida à consulter son médecin qui

diagnostiqua une infection et lui fit prendre des bains de sublimé à 0,25 par litre.

. Ayant vu survenir, le 12 octobre, une éruption générale, elle vint consulter le 13, à l'hôpital Saint-Louis. ?

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Le 15 octobre, date.du premier examen, il existait une éruption marquée surtout dans le dos où elle suit manifestement les lignes de la peau, et constituée par des éléments érythémateux arrondis, un peu ovalaires, de la dimension d’une lentille, légèrement saillants, morbilliformes plutôt que scarlatiniformes : les éléments anciens ont, au centre, une tendance au soulèvement épidermique, presque à la vésicule. Sur les cuisses, les éléments sont plus grands et prennent l’apparence de médaillons de parakératose à forme de pityriasis rosé.

Aux mains, multitude de vésicules pertées dysidrosiformes, de la dimension d’un grain de millet, à la paume comme au dos, surtout à droite où elles sont plus abondantes et où il y a, en outre, à son voisinage sur le poignet, la dermite phlycténulaire initiale.

Il existe aux pieds des lésions vésico-bulleuses analogues.

La dermite phlycténulaire initiale occupe le tiers inférieur de la face antérieure de l’avant-bras droit et déborde sur sa face postérieure, sous la forme de nombreuses surfaces érosives, dont certaines sont en voie d’épidermisation. L’épiderme est soulevé dans cette région et fortement macéré par les pansements humides antérieurs. Il s’y trouve des grosses bulles dont beaucoup sont ouvertes et laissent échapper une sérosité louche. II y a de la lymphangite qui monte jusqu’au bras droit. A l’hypogastre, aux aines, aux lombes, l’éruption tend à confluer. Les éléments les plus anciens se couvrent d’une légère collerette épidermique.

Sur la face, l’éruption est discrète.

La température est à 37°4. ;

Il n’y a rien à signaler aux divers organes. Le cœur et le poumon sont normaux. Les réflexes rotuliens, achilléens, radiaux, olécraniens existent. Les pupilles sont normales, réagissent à la lumière. Il n’y a pas de troubles sensitifs, ni moteurs. Le réflexe plantaire est normal.

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