ANNE
jaune chamois, absolument analogue aux médaillons si caractéristiques du pityriasis rosé de Gibert.
Dans l'intervalle de ces éléments, on note l’existence de papules ou de vésicules à type d’eczéma, ayant la dimension d’une tête d’épingle ou d’une lentille, séparées les unes des autres et rappelant les papulo-vésicules qui sont si courantes au cours du pityriasis rosé.
Le nombre de ces éléments est variable. Il y en a habituellement une cinquantaine, mais il est des formes plus discrètes ou plus confluentes.
Le siège de cette dermatose n’est pas caractéristique : les éléments sont disséminés sur les membres et le tronc ; dans l’ensemble, ils suivent la direction des plis cutanés ; parfois ils prédominent dans les régions génitales ; au contraire, la face est toujours indemne.
b) Les nappes érythémato-ædémateuses régionales.
Ce sont des rougeurs diffuses avec gonflement particulièrement intense dans les régions à tissu cellulaire lâche où il peut y avoir de véritables œdèmes.
Les zones érythémateuses sont surmontées de squames importantes et grasses. En examinant ces éléments à la loupe, on peut déceler de fines pustulettes.
Quelquefois, ces éléments sont remplacés par des placards rouges, cyanotiques, purpuriques, ou par des zones d'aspect eczémateux, occupant une grande partie d’une zone cutanée (face externe du bras, région axillaire, région inguinale).
Ces éléments desquament rapidement, tantôt par larges placards, tantôt sous la forme d’une véritable desquamation fur-
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furacée. Il est plus rare, au cours de l’évolution, qu’on voie apparaître une pyodermite ou une impétiginisation des éléments.
Le siège de cette éruption érythémato-æœdémateuse est assez particulier : membres supérieurs, tronc, fesses, cuisses, visage.
Le nombre des éléments est variable; il y en a habituellement quatre ou cinq.
c) La dysidrose : ce sont de petites vésicules de la dimension d’une tête d’épingle ou d’une lentille, disposées à la face latérale des doigts. Le contenu des éléments est clair, filant, ou au contraire, purulent. Ils sont assez souvent de volume plus considérable : bulles ou phlyctènes étendues, ils gagnent alors la région palmaire ou le dos de la main qui est le siège d’une réaction inflammatoire assez importante.
Il n’est pas exceptionnel, non plus, que ces éléments passent inaperçus quand ils sont réduits à quelques rares vésicules, aussi est-il nécessaire de rechercher systématiquement les éléments de dysidrose à la face interne des doigts, afin de ne pas méconnaître le Trisyndrome.
Les éléments dysidrosiques aboutissent en quelques jours à une fine desquamation épidermique, laissant une surface rosée peu suintante.
Tels sont les différents éléments de la période d'état : médaillon, nappe érythémato-æœdémateuse, dysidrose, apparaissent en même temps et disparaissent de même. Pendant toute la période d’état, les trois éléments coexistent et ce tableau
typique dure de 20 à 40 jours; ce qui fait qu’entre le début, la
porte d'entrée de l'infection et la période terminale, il s’écoule en moyenne sept semaines.
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3° Période terminale.
L'ensemble de léruption diminue peu à peu et tous les éléments desquament; en particulier, à la place des médaillons, il existe de fines squames en collerette, à contours polycycliques. Mais les caractères de cette desquamation varient avant tout selon les régions
A la face, on trouve des squames lamelleuses, pityriasiques:; sur les avant-bras, la paroi antérieure des aisselles, les cuisses, les squames forment, soit de larges lambeaux blanc argenté, soit de fines collerettes; au niveau des mains, cette desquamation se fait en larges lambeaux.
À la suite de l’éruption, persiste souvent une teinte ecchymotique jaunâtre des téguments, parfois des macules légèrement pigmentées en brun et pouvant donner, à première vue, l’impression de syphilides pigmentaires.
Mais un des éléments les plus caractéristiques de cette période, est l’existence de séquelles cutanées infectieuses. II existe presque toujours, pendant des semaines ou même des mois, des furoncles,. des abcès tubéreux de l’aisselle, de volumineux abcès des téguments, des ulcérations à type d’echtyma, sur les membres ou sur les organes génitaux. Parfois, ces manifestations revêtent un type plus bénin : impétigo discret, perlèche, pityriasis capitis, fausse teigne amiantacée; enfin, ce peuvent être seulement des lymphangites, des adénopathies.
Mais si les séquelles sont fréquentes, pouvant prolonger pendant longtemps la maladie et semblant liées à la persistance de l'agent microbien, le streptocoque, vis-à-vis duquel l’organisme se défend mal, par contre, les récidives semblent rares et nous n’en avons pas noté dans nos observations.
Siege
Pendant toute cette période d’éruption, les signes généraux restent discrets. La température est habituellement normale, entre 37-375 ; il existe, cependant, quelques oscillations irrégulières qui surviennent vers le huitième-dixième jour : en particulier dans les formes érythémato-æœdémateuses on peut atteindre 39°. Le plus souvent, l’état général est absolument indemne. Il existe aucune complication viscérale.
Les symptômes fonctionnels sont toujours également réduits; le prurit est à peine marqué et ce n’est que sur un ter- …
rain bien spécial qu’il peut revêtir une intensité empêchant le sommeil. Il est particulièrement intense dans les formes confluentes et où prédominent les éléments papulo-vésiculaires.