‹ Contribution à l'étude du trisyndrome de MilianChapitre 27 sur 33 · FORMES CLINIQUES · texte numérisé non relu

FORMES CLINIQUES

1° Formes graves. — Où l’éruption est particulièrement intense, tant en ce qui concerne les médaillons que les nappes érythémato- œdémateuses, et que les éléments de dysidrose. Parfois même, la confluence de l’éruption réalise une véritable érythrodermie aboutissant à de larges desquamations en placards, mais tous les cas finissent par la guérison sans complications viscérales. Il y a lieu de signaler, cependant, que c’est dans ces formes que les séquelles cutanées, pyodermites, abcès tubéreux, impétigo, sont les plus nombreuses, les plus durables, les plus résistantes à tout traitement.

2 Formes frustes. — À côté de ces formes graves, dans lesquelles les signes généraux peuvent être, parfois, alarmants (prostration, adynamie), il existe, au contraire, des formes frustes du Trisyndrome dans lesquelles les manifestations cutanées sont isolées, et doivent être recherchées; en particulier, la dysidrose pourrait passer facilement inaperçue, car il peut, dans

ces cas, n’y avoir qu’une ou deux vésicules à la face interne des doigts, visibles seulement lors d’un examen minutieux.

C’est pourquoi, beaucoup de Trisyndromes sont étiquetés eczéma, parakératose, ou autre affection cutanée. Et l’on peut se demander si ce que Fernet a décrit sous le nom de parakératose pityriasiforme n’est pas, en somme, très voisin du Trisyndrome ou, tout au moins, de ses formes frustes.

3° Formes dissociées. —- Il existe, parfois, une série d” Stroe tions dermatologiques dont la place nosologique semble peu précise. C’est ainsi que l’on rencontre les manifestations cutanées à évolution cyclique qui peuvent se présenter, soit sous le type de parakératose en médaillon, soit sous le type de nappe érythémato-æœdémateuse isolée, soit encore par la coexistence chez un même malade, de dysidrose des doigts et de lésions à type de pityriasis rosé. Il s’agit là, en réalité, de formes incomplètes, dans lesquelles manquent, pendant toute l’évolution complète de la maladie, un ou deux éléments du Trisyndrome.. On ne peut plus dire, dans ces conditions, qu’il s’agit de la maladie éruptive tri-symptomatique à évolution cyclique, mais de formes larvées dans lesquelles les examens paracliniques et, en particulier, les intradermo-réactions au lysat de streptocoque et les séquelles cutanées permettent de faire une assimilation avec la forme type que nous avons décrite.

C’est par la multiplicité de ses formes cliniques, par le polymorphisme de son allure évolutive que le Trisyndrome de Milian reste une affection de diagnostic délicat. Et on s’explique ainsi que beaucoup de médecins et de dermatologistes ne portent pas ce diagnostic, parce que leur attention n’a pas été attirée par cette association morbide si caractéristique dans ses formes complètes, mais si délicate à interpréter dans ses formes frustes, /

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