‹ Contribution à l'Étude du Vertige Et en particulier du Vertige ÉpileptiqueChapitre 15 sur 20 · AT TT · texte numérisé non relu

AT TT

l'hôpital trop tôt pour que l'on ait pu constater les résultats du bromure.

OBSERVATION IIT (Personnelle).

Chev... Louis, soldat, 21 ans 1/2 (1904).

Nous avons eu l’occasion d'observer ce malade pendant que nous accomplissions une période au régiment, La visite venait de terminer lorsqu'on vint nous chercher pour un soldat qui, au moment de se mettre à table, avait perdu connaissance et était tombé sans pousser un seul cri.

Lorsque nous arrivons, le malade est étendu sur le plancher sans que ses camarades aient songé à le relever ; le visage est pâle, recouvert de gouttelettes de sueur, les yeux sont fermés, la respiration est lente, profonde, mais non pas stertoreuse.

Pas d’écume sanglante autour de la bouche, dont les lèvres blafardes sont serrées l’une contre l’autre.

La main droite est fermée, le pouce en pronation cache sous les autres doigts fléchis. Dans la main gauche, au contraire, le pouce est étendu, pollice verso, ce qui tient à ce que, au début de la crise, un camarade à essayé de relever notre malade en le saisissant par la main gauche. Le pouce est resté dans sa nouvelle position.

Il n’y a pas de miction involontaire.

Les renseignements qui nous sont donnés se réduisent à ceci : Chev.... est tombé en arrière, sans pousser un seul cri,

et tout d’une pièce, si bien que sa tête est allé heurter le plan- M. L'

ee

cher. La face est cyanosée. Puis, après une courte période d'immobilité apparaissent des convulsions qui s'emparent de tous les muscles du corps. La face grimace pendant que le malade se débat et que la respiration est saccadée; mais la langue n’est pas projetée hors de la bouche et ne vient pas se faire déchirer entre les arcades dentaires contracturées.

Cette phase dure à peine deux minutes et c’est, consécutivement, que s’installe la période pendant laquelle nous arrivons.

Pendant qu’on nous donnait ces renseignements nous faisions coucher le malade sur son lit. Il se réveille alors, et regarde autour de lui d’un air hébété. C’est à peine s’il peut répondre à nos questions; il est courbaturé, extrêmement las, sa langue s’embarrasse, il présente un peu de surdité et sa vue est trouble. /! ne se souvient de rien; sa conscience a été totalement abolie du moment où il est tombé.

Il s’agit évidemment d’épilepsie; ce n’est pas, si l’on veut, la grande attaque type puisqu'elle en diffère par l’absence de mictions involontaires, de cri initial, de morsure de la langue; malgré tout c’est bien du mal comitial.

Le malade part le même jour pour lhôpital militaire où nous n’avons pas eu l’occasion de le suivre.

Un mois après il revient; pendant son séjour à l'hôpital, il n’a pas eu de crises.

Nous l’interrogeons sur son passé et nous apprenons qu’il présente une autre manifestation : qu'après avoir procédé par élimination nous pensons devoir rattacher à l’épilepsie.

I nous dit qu’à de certains moments, tous les sept ou huit jours, il a un accès de vertige; il sent la terre osciller sous ses pieds tandis qu’un mouvement giratoire rapide s’em-

pare des objets extérieurs. Ce phénomène dure quelque 10 à 15 secondes environ, mais jamais il n’y a de chute, « Quand Je tombe, dit notre malade, je ne le sens pas », ce qui veut dire que cette chute constitue le préliminaire de l'attaque franche d’épilepsie précédemment décrite.

Fait intéressant à noter, au début de ces crises vertigineuses Chev.... sent que sa tête tourne de gauche à droite. Ce fait est à rapprocher de la rotation iaconssiente de la lête que l’on observe dans l’absence, rotation signalée par M. Vibert (Précis de médecine légale, page 699). Mais ici, en ce qui nous concerne, la conscience est complètement conservée. Une légère sensation de fatigue suit ces accès de vertige.

Jamais de vertige-aura

Ajoutons que le malade nous à paru être un dégénéré chez lequel les conceptions sont assez lentes.

Rien dans l’hérédité qui puisse expliquer le mal. Le père et la mère de Chev.... sont bien portants, ainsi que ses frères et sœurs ; pas d’épilepsie chez les ascendants.

Pendant toute la durée du traitement bromuré institué à l'hôpital, il n’y a eu ni accès d’épilepsie franche, ni crises

vertigineuses.

ORSERVATION IV (Personnelle).

Hospice civil de Remiremont (Vosges). 1896.

Berthe D..., 22 ans. Vient pour des crises d’épilepsie sur-

venant de préférence la nuit. Ces crises nocturnes resteraient absolument méconnues si la malade n'avait appris à recon-

naître leur existence à certains signes existant au réveil : mal de tête intense, taches sanguinolentes sur l’oreiller, douleurs au niveau de la langue qui est légèrement gonflée et sur laquelle on retrouve des traces de morsure, mictions involontaires. Le teint est pâle, presque grisâtre. On observe

également un peu d’apathie morale.

Par contre, nous n’avons jamais rencontré chez cette ma-

lade de taches purpuriques de la face signalées par Boerhave (Commentaria in Herm Boerhave aphorismos. Parisiis, 1769) et par Trousseau.

Ces attaques nocturnes surviennent tous les quinze où vingt jours.

Il y a également des crises diurnes d’épilepsie franche.

L'intérêt de l’observation réside dans le fait que ces crises diurnes sont précédées de vertige-aura.

Mais, tous les trois ou quatre jours, la malade a du vertige conscient qu'il est impossible de rattacher à aucune autre cause qu’à l’épilepsie.

De fait, le traitement bromuré a espacé notablement les crises épileptiques franches (deux en six mois). Le vertige conscient a pour ainsi dire disparu.

En 1897, elle revient pour demander une ordonnance; elle a cessé le traitement bromuré, et depuis trois mois elle a eu trois attaques paroxystiques d’épilepsie. Le vertige conscient

a également reparu.

OBSERVATION V (Charcot. — Leçons du mardi). (Combret.)

Mme À... 31 ans, nerveuse, convulsions dans le jeune âge. Depuis 8 ans, elle est sujette à des engourdissements de la main droite, plus marqués dans la sphère du cubital. Ils se manifestent le plus souvent le matin, au lever, et se reproduisent tous les jours. Jamais ils ne remontent dans le bras; mais parfois la malade perçoit des sensations analogues dans la jambe. Elle éprouve en même temps une sorte de battement autour de la bouche, surtout à droite. Ces sensations sont quelquefois suivies de vertiges avec sensation de constriction dans la partie postérieure de la tête. Ces accès d’engourdissement durent environ une heure. Elle à depuis

quelque temps de grandes attaques convulsives.

Page 1