RUE
Revenons done maintenant à l’épilepsie névrose. Nous avons vu que la perte de connaissance et de souvenir caractérisait le grand mal. Déjà nous avons montré la différence absolue qui sépare le vertige conscient de cette manifestation paroxystique.
Mais, à côté du grand mal, il y a des paroxysmes incomplets, au nombre desquels d’ailleurs se range le vertige. Eh bien ! de foutes ces manifestations, il n°y a que le vertige dans lequel la pensée persiste et le souvenir dure.
L'absencs, c’est-à-dire cette pause de la conscience au milieu d’une occupation quelconque, conversation ou travail, cet arrêt brusque de la pensée présente bien, au contraire, les caractères fondamentaux du mal comitial. Sa durée n’est qu'éphémère, comme celle du vertige d’ailleurs, et pourtant il s'accompagne de la perte du souvenir en ce qui concerne l'événement qui vient de survenir. Il n'y a même pas, à cet égard, un point d'interrogation dans la vie psychique de l'individu. Celui-ci ne se rappelle nullement ce qui vient d'avoir lieu.
Même remarque pour la crise soporeuse, pour l'ictus apoplectiforme, enfin pour celte variété, plus curieuse encore, désignée sous le nom d'épilepsie procursive et caractérisée par une course 2nconsctiente et folle.
Il n'est pas jusqu'aux paroxysmes psychiques qui ne montrent leur parenté, mieux encore leur origine nettement comitiale ; qu'il s'agisse de l’automatisme ambulatoire ou d'actes impulsifs, il y a perte absolue du souvenir, il y a un trou dans le « moi» normal de
l'individu ; en quelque sorte il y a dédoublement de ce moi. On trouvera des exemples d'impulsions chez les épileptiques dans le travail de M. Legrand du Saulle. Nous en extrayons celui de cet homme, pourvu d'une fortune assez considérable, qui, tous les mois, pendant vingt minutes environ, sollicitait la pitié des passants et leur demandait l'aumône. Ici encore, inconscience absolue de ce qui vient de se passer, alors que le malade revient à lui-même ; en un mot, impulsion aveugle.
L'automatisme ambulatoire n'échappe pas non plus à la règle commune. Le malade fait une fugue absolument enconsciente ; il part de chez lui, voyage à l'aventure, accomplit des actes qui paraissent ceux d’un individu doué de raison et, quelquefois une semaine, un mois agrès le début de la crise, se retrouve dans une ville inconnue et ignore comment il y est arrivé et ce qu'il a fait pendant son accès, ayant ainsi dédoublé son moi pendant un temps plus ou moins long.
Donc, dans tous les cas que nous avons passé en revue, sauf dans certaines formes de vertige épileptique, il y a amnéstie. Cette considération était importante, croyons-nous, à signaler.