HOPITAUX
À MM. ces Docrers MARQUÉZY, AMELINE
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Introduction
De nombreuses observations d’obésité sont déjà connues. Nous avons eu l’occasion d’en étudier une dans le service de notre maître, M. le Docteur Louis : Ramond.
Elle présente plusieurs particularités qui nous ont amené à la publier. Cette obésité s’est accompagnée de troubles menstruels et d’une extension anc&rmale du système pileux suivant un type masculin. Elle s’est développée très rapidement chez une-malade qui avait une tumeur surrénale, d’origine corticale, dont l’autopsie révéla l'existence.
Nous étudierons les symptômes que présentait cette femme, en les comparant à ceux des syndromes polyglandulaires et à ceux que produisent habituellement les tumeurs corticales. Nous rechercherons ensuite quelle peut être l’origine des diverses manifestations cliniques.
Avant d'aborder cette étude, nous prions M. Îe Docteur Louis Ramond, dont nous avons eu l’honneur d’être l’externe, d'accepter l'hommage de notre respectueuse gratitude ponr la bienveïtiange
pre
avec laguelle il nous a donné les précieux conseils qui nous ont guidé dans ce travail.
Nos remerciements iront aussi à M. Huguenin, préparateur au laboratoire d'anatomie pathologique de la Faculté de Médecine de Paris, qui a eu la complaisance d'étudier les coupes histologiques de la tumeur et des différents organes.
Observation inédite
Mme M..., âgée de 32 ans, ménagère, entre à l'hôpital Laënnec, à la salle Rostan, le 21 janvier 1926. Elle se plaint d’avoir considérablement « enflé » depuis quelques mois ; elle a un visage cyanosé et présente une forte dyspnée, au point que l’interne de garde, dès son arrivée, doit lui faire une saignée de 500 grammes.
Cette femme fait remonter l’ensemble de ces troubles à un accouchement qui a eu lieu cinq mois auparavant ; elle était jusque-là d’une santé excellente et n'avait présenté aucun ac- , cident analogue.
C'est une obésité, rapidement : progressive, qui a tout d’abord attiré l’aftention des personnes de son entourage. Elle a commencé par la face qui paraissait soufflée, deux ou trois jours après l'accouchement : elle s’est ensuite étendue de haut en bas, gagnant successivement le cou, les épaules, les bras, puis l’abdomen et les cuisses. Elle a toujours respecté les seins, les avant-bras et les mains, les jambes et les pieds.
Cette obésité fut bien supportée au début ; quatre mois plus tard environ, est survenue une gêne respiratoire, apparaissant bientôt au moindre mouvement, calmée seulement
par le repos en décubitus dorsal.
Vers le 5 janvier, la marche devient extrêmement pénible. La malade n'avance qu'à petits pas et se sent essoufflée au moindre effort. 2
Elle décrit spontanément ces divers troubles ; en l’interrogeant, on apprend quelques autres symplômes, apparus depuis le début de la dyspnée.
Le visage est devenu vultueux, les joues se sont sillonnées de varicosités rougeûtres.
La malade à remarqué encore une abondante chute de cheveux, sans qu'il y ait eu de zone élective au niveau du cuir chevelu. |
Depuis quelque temps aussi, sans qu'elle puisse préciser le début de ce nouveau trouble, sa voix s’est modifiée ; elle est devenue plus rauque qu’en temps ordinaire. c
Ces divers troubles ont considérablement augmenté dès le début de la seconde quinzaine de janvier ; la dyspnée est devénue particulièrement intense et la malade a dû venir à l’hôpital. Elle se plaint à ce moment d’une céphalée violente, qui siège en barre à la région frontale, qui est continue, sans paroxysmes et à prédominance nettement diurne.
A l’examen, on voit une femme au visage bouffi, aux joues élargies ét cyanosées, sillonnées par de nombreuses varicosités. En découvrant la malade, on est frappé par son excès d’embonpoint. , ‘Le visage, le cou, la région supérieure du thorax et les bras sont nettement augmentés de volume. L’abdomen est énorme et déformé ; les cuisses ont atteint un calibre considérable. En arrière, il existe un gros bourrelet adipomateux au niveau de la nuque.
On note l'intégrité presque entière du segment distal des membres et des seins qui sont flasques et tombants,.
La peau est distendue et sillonnée de vergetures multiples qui sont très marquées sur l'abdomen et s'étendent à la face
antérieure des cuisses et à la racine des bras.
À la palpation, les tissus sont épaissis et infiltrés de graisse.
On reconnaît aussi l'existence d’un œdème superficiel et presque généralisé, s'étendant à l’abdomen, au thoràx et aux membres inférieurs ; sur ia paroi abdominale, le doigt marque facilement son empreinte, laissant dans les téguments déprimés un godet qui ne s'efface que lentement.
L'examen des viscères est rendu très difficile par la surcharge graisseuse.
Les bruits du cœur sont normaux. Le pouls bat à r08. Le chiffre de la pression artérielle maxima est 16, celui de la pression minima 10.
Au niveau des bases pulmonaires, on trouve un peu de submatilé et quelques râles disséminés, surtout du côté droit. |
Les réflexes achilléens sont faibles ; les réflexes rotuliens abolis, Il'n’y à pas d’autre signe anormal du système nerveux et les organes sensoriels semblent bien fonctionner.
Le volume des urines ‘est très variable d’un jour à l’autre. En moyenne:il oscille entre 500 et 1.000 grammes. Les urines ne contiennent ni d’albumine, ni de sucre. | L'état de la malade va s’aggraver presque continuellement pendant ‘son séjour à l’hôpital. Seule, la céphalée disparaît rapidement ; elle n’a duré qu'une dizaine de jours.
Mais les formes ne se modifient pas, malgré la prise d’extraits ovarien et thyroïdien du 23 au 28 janvier.
Le 5 février, la malade pèse 73 kgr. 200.
Le 6, on prend quelques mesures
La taille est de 1 m. 59.
Le périmètre est de
sous les aisselles VO ATR 700 au-dessous des seins om. 87 à l’'ombilic 1 M. 09 au niveau des fesses TUANOZ
Tel était l’état de cette femme dont la santé avait toujours élé bonne jusqu’en 1925.
2 Cou.
AU ame
Antécédents. — Cependant, les règles qui n'étaient apparues qu'à quinze ans, avaient toujours été peu abondantes.
La malade a eu deux fausses couches et quatre grossesses normales. On n'avait point observé alors de symptômes semblables à ceux qui viennent d’être décrits.
Le premier enfant est mort de méningite à dix-sept mois; le deuxième est décédé dans les vingt-quatre heures qui ont suivi la naissance. La malade a perdu encore deux filles, mortes, l’une de méningite à dix-huit mois, l'autre de bronchopneumonie à six mois. ;
Son mari est actuellement bien portant, mais il semble qu'il ait présenté autrefois une éruption suspecte, dont on ne peut préciser ni les symptômes, ni l’origine.
Sa sœur a eu plusieurs fausses couches et a perdu quelques enfants, qui sont morts dans les premiers mois de leur vie.
Son père est mort d’une hernie étranglée et elle-même a eu quelques maladies de l’enfance : rougeole, scarlatine, coqueluche.
Examens de laboratoire. — Afin de connaître l’état des différents organes, on a pratiqué plusieurs examens de laboratoire chez cette malade.
Un examen radioscopique montre un empâtement important sur le trajet de la bronche droite inférieure et un empâtement périaortique empêchant d'apprécier le calibre de l'aorte.
Le 22 janvier, on trouve environ:15 centigrammes d’urée par litre de sérum,
Le 1% février, on fait un examen des yeux : on ‘observe deux petites taches de rétinite exsudative et hémorragique à gauche ; à droite, on ne trouve pas de lésions appréciables.
Le 3 février, on fait un examen de sang qui montre 4.490.000 globules rouges et 16.200 globules blancs.
La formule leucocytaire est la suivante
Polynucléaires neutraphiles ......... 88 Polynucléaires éosinophiles ..........
Grands et moyens mononucléaires...
Myélocytes neutrophiles ............
LEA EUE 7) 3 (840) 7 7° CAACRN ES ÉSOSE R T ER
Forme de transition.........
D'LA. rO) 1: 00, ©
On trouve 100 % d’hémoglobine par la méthode de Tallqwist.
Le 9 février, on fait l’épreuve de Gœtsch.
À 9 h. 30, ingestion de 200 gr. de glucose. * Tension : 19-11 au Pachon.
Indice : 3.