CONCLUSIONS
Nous avons essayé de retracer les traits principaux du volvulus du cæcum à propos de 3 observations que nous avons pu recueillir et qui concernent cet accident.
Les statistiques montrent que c’est le plus rare des volvulus intestinaux. Le volvulus du cæcum est une torsion limitée au cæcum, au côlon ascendant et à la partie terminale de l’iléon. Affection autrefois rare en France, on l’observe plus fréquemment à l'heure présente. Il semble qu’un régime alimentaire à prédominance végétarienne joue un rôle important dans sa production. La condition nécessaire à la genèse du volvulus est la mobilité anormale du cæcum. À cette disposition anatomique, vient s'ajouter un autre facteur, c’est la bride péritonéale, souvent retrouvée à l’intervention. Quant au mécanisme intime de cet accident, il n’est qu’imparfaitement connu à l’heure actuelle.
Au point de vue clinique, le volvulus du cæcum se présente comme un syndrome d’occlusion intestinale aiguë, mais s’il est en règle générale facile de dire occlusion, il est très souvent difficile d'affirmer le diagnostic de volvulus du cæcum. Le plus souvent, tout de même le peu d'atteinte de l’état général, l’importance du météorisme, la netteté et la précocité de l’arrêt des matières et des gaz, font dire : occlusion du gros intestin. Il semble que la notion de crises abdominales antérieures, spontané-
ment résolues, et la rémission des symptômes vers le 2° ou 3° jour, signes sur lesquels on insislait depuis FALTIN, aient peu de valeur. En réalité, le signe majeur c’est le signe de VOx War. Celui-ci, toujours très net, tout au moins au début, peut faire parfois porter le diagnostic de Volvulus. Il est, par contre, presque toujours impossible cliniquement, de distinguer la torsion de lPanse sigmoïde de celle du cæcum. La fréquence beaucoup plus grande de la torsion sigmoïdienne, la localisation fréquente du ballonnement dans la fosse iliaque gauche dans le volvulus du cæcum, favorise encore cette erreur. Enfin, plus tard, lorsque un ballonnement diffus efface le signe de VOX WaAHL, même le diagnostic de volvulus, sans préciser le siège, devient extrêmement difficile. L’exploraticn radiologique, qu’il serait souhaitable de pratiquer dans tout syndrome occlusif et mêmé dans toute urgence abdominale, doit permettre, pour qui s’est familiarisé avec les images, de faire le diagnostic précis. Rappelons-er les principaux éléments :
1° Une image gazeuse, claire, arrondie, ou allongée,
à grand axe vertical ou horizontal, à siège assez variable, à contours nets ou parfois discontinus.
2° Un niveau liquide unique, double où même triple.
3° L'absence de l’image eæcale dans la fosse iliaque droite.
Le lavement baryté permet de déterminer le siège de l'arrêt, mais ce qui est surtout caractéristique, c’est, avec la notion de l'obstacle, la vue de la grande clarté gazeuse, du ballon, entourée par le lavement opaque.
Le volvulus du cæcum, non cpéré, comporte un pronostic fatal. Aussi l'intervention immédiate s'impose. Après laparotomie, on affaise par ponetion l’anse distendue, en évacuant son contenu gazeux et liquide s'il y a lieu. On recherche et on coupe les brides, surtout celle
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qui est si fréquente au voisinage de l’angle colique droit.
Dès lors, deux cas peuvent se présenter au chirurgien :
a) L'’anse est saine, vivante : on reconnaît alors le sens de la torsion, et on procède à la détorsion qui, généralement, est facile et suffisante. Dans le but d'empêcher la récidive du volvulus de l’anse anormalement mobile, on pratique la fixation du cæcum détordu. La cæco-colopexie est un complément logique de la détorsion; si elle n’est pas systématiquement pratiquée, c’est en raison des difficultés opératoires. Quant à la typhlostomie, nous pensons qu'une étroite ouverture, une simple ventelfistul est de bonne pratique pour éviter une nouvelle distension et pour laisser à la musculature de l’anse traumatisée le temps de revenir sur elle-même.
b) L’anse est gangrénée : une seule intervention paraît alors logique. C’est la résection. Ce sera une hémicolectomie droite, avec rétablissement immédiat de Ja continuité par iléo-transversostomie. Malgré sa gravité, c’est la seule opération qui ait donné des succès dans ces cas.
L’extériorisation est une mauvaise opération qui ne peut même pas se discuter dans les cas désespérés, car elle laisse dans l’abdomen le pied de l’anse qui peut être le siège de lésions sphacéliques. M. SAUVAGE dit : il n’y a sucre de place pour l’extériorisation entre les deux seules opérations logiques : la détorsion et la résection. Donc, on pratiquera la détorsion si Panse est saine, la résection si l’anse est sphacélée.
Le volvulus du cæcum est un accident redoutable, qui exige un diagnostic précoce et une intervention imimédiate. La mortalité post-opératoire était encore élevée ces dernières années, actuellement elle est en voie de régression sensible; ceci tient au fait qu’on opère actuellement plus tôt qu’on ne le faisait autrefois. Nos trois malades opérées pour volvulus du cæcum ont guéri,
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