HISTORIQUE
La torsion du cordon spermatique est depuis fort longtemps connue dans l’art vétérinaire sous le nom de bistournage. Elle remplace la castration chez certains animaux. Mais, si cette torsion est en général provoquée intentionnellement, il n’en est pas moins vrai que parfois elle s'effectue spontanément chez les animaux. Sous des influences que nous étudierons ullérieurement, le cordon est tordu autour de son axe, faisant parfois plusieurs tours complets. D'où gêne considérable de la circulation entraînant des troubles fort graves du côté de la glande séminale.
Cependant chez l'homme des faits semblables ont été rencontrés, La première. observation signalant pareil
cas fut publiée en 1840 par un Français, Delasiauve. En 1892, Follin signale les lésions testiculaires: Curling rapporte ensuite un cas de Rosenmerkel. En 1859 Scarenzio, en 1871 Langlet publient de nouveaux cas.
Ultérieurement, Chauveau présente en 1872 le résultat de ses recherches Sur la nécrobiose et la gangrène dans le bisiournage des béliers. er
A partir de ce moment les publications, concernant la torsion du cordon spermatique chez l'homme, se mulliplient tandis que la pathogénie et le traitement de l'affection sont éclaircis par les travaux de Langton, Czerny, Whipple, Mikuliez, Anders, Bryant, Barker et. Defontaine.
En 1894, Lauenstein publie la première revue générale de la question, s'appuyant sur onze cas. Il insiste sur la forme apoplectique des lésions testiculaires.
De nouveaux travaux sont publiés par Van der Poel en 1895, Enderlen en 1896, Vanverts et Macaigne en 1898) Scudder traite longuement en 1901 la question, à laquelle Sébileau consacre un important article dans le traité de Le Dentu et Delbet.
Enfin, dans ces dernières années, il faut signaler les observations de Reboul, d’'Estor, de Tuffier, la thèse de . Rigaux (1904) et le travail d'Ombrédanne (1913). = Cependant le nombre des observations de volvulus du cordon n’est point encore fort considérable dans Ja littérature médicale. Aussi, à l’occasion d’un cas que M. le docteur Chauvin, chef de clinique chirurgicale à la Faculté, a bien voulu nous communiquer, il nous a paru intéressant de consacrer notre thèse à ce sujet.
be | ANATOMIE
Avant d'étudier Létiologie et la pathogénie de la torsion du cordon spermatique, il nous parait nécessaire de consacrer un court chapitre à l'anatomie normale de la région, et surtout aux moyens de fixation du testicule.
Dans les bourses, la glande séminale est entourée de plusieurs enveloppes, dont les plus externes, peau et dartos, se sont développées sur place, tandis que les autres sont formées par la descente de la glande, et représentent des éléments de la paroi abdominale entraînés en même temps que le testicule par le processus vaginal.
De dehors en dedans, on rencontre la tunique celluleuse ou fascia de Cooper, qui fait suite à l’aponévrose du grand oblique. Au-dessous, le crémaster forme deux faisceaux musculaires sur le cordon et s’épanouit en éventail. sur la paroi antérieure et éxterne des bourses, prenant alors lé nom de tunique érythroïde, La tunique
PH Lee fibreuse sous-jacente estune évagination du fascia transversalis, Au niveau du pôle postéro-inférieur du testicule, elle se fixe au dartos par l’intermédaire du ligament scrotal. as
Enfin la tunique vaginale présente un feuillet pariétal lâchement uni à la fibreuse précédente, et un feuillet viscéral qui tapisse la plus grande partie de la glande génitale, sans toutefois recouvrir le bord postéro- . supérieur du testicule, ni la queue ni le bord interne de l’épididyme. A sa partie inférieure, la vaginale se réfléchit sur le ligament scrotal. À sa partie supérieure, elle : forme un cul-de-sac au niveau du cordon à sa face antérieure, du testicule et de l’épididyme sur les côtés.
Tel est le cas normal, mais de nombreuses anomalies peuvent se rencontrer. D'abord il peut s'agir d'un défaut de migration du testicule qui s'arrête plus ou moins haut dans le trajet inguinal où même au-déssus. Ou bien une perversion du mouvement de descente de la glande séminale créera une ectopie irrégulière, abdominale, crurale ou périnéale. Enfin, lors même que le testicule arrive à occuper sa place habituelle, il peut encore être dans une situation anormale. Il y a alors inversion testiculaire. Cette inversion sera dite!antérieure, latérale ou supérieure suivant que l’épididyme sera en avant, sur le côlé ou au-dessus de la glande ; dans l'inversion en anse, le canal déférent, au lieu de faire un angle avec la queue de l'épididyme, la prolonge, formant une courbe dans la concavité de laquelle est logé le testicule.
Du côté de la vaginale, l'anomalie la plus importante consiste dans le défaut de cloisonnement du canal péritonéo-vaginal. Si ce défaut de coalescence est absolu, la séreuse vaginale forme un diverticule de la cavité péritonéale; s'il est irrégulier, on pourra trouver des kystes
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du cordon; s'il est incomplet, les culs-de-sac supérieurs seront haut placés, entourant complètement le cordon : la vaginale sera trop grande.
Ainsi done, des deux moyens de fixation du testicule, qui sont le ligament serotal en bas, et la zone extra-vaginale du testicule et de l’épididyme en haut, le second peut disparaître. Nous verrons que le premier peut aussi devenir insuffisant par allongement exagéré.
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ETIOLOGIE
Le volvulus du cordon spermatique se rencontre à tout âge ; on l’a constaté à un an (Gervais), comme à 70 (Bardesco). Mais c’est pendant l'adolescence que cette affection acquiert sa plus grange fréquence. La statistique de Rigaux, portant sur 52 cas, en signale 19 entre 15 et 20 ans. Il semble donc bien que l'accroissement de la glande au moment de la puberté ait une certaine influence sur la torsion du cordon.
Cette torsion n’est point non plus très rare dans l'enfance, et Ombrédanne, opérant systématiquement sept cas étiquetés orchite aiguë primitive, chez des enfants, trouve quatre fois un volvulus du cordon.
L’affection ne semble pas avoir de prédilection pour un côté ou pour l’autre, et, quoique le testicule gauche descende un peu plus bas que le droit, il n’y a pas de fréquence plus grande là qu’à droite. La profession du malade semble aussi avoir peu d'influence. Cependant,