‹ Contribution à l'étude du Zooplancton du lac de NeuchâtelChapitre 17 sur 62 · CHAPITRE IV Périodicité · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV Périodicité

Les tableaux se rapportant au chapitre précédént permettent d'établir les cycles vitaux pour les années 1900, 1917 et 1919-20. II nous est ainsi facile d'établir un parallèle entre les trois années et de voir si les cycles vitaux sont identiques dans les différentes années, ou, au contraire, s'ils varient d’une année à l’autre.

Dans les tableaux n° 43 à 46, nous avons désigné par les termes de maximum, abondant, commun, rare et très rare, les quantités plus ou moins grandes d’individus d’une espèce. Il est évident qu’il ne faut pas donner de valeur absolue à ces termes et que l’on peut passer d’une colonne à l’autre (par exemple de la colonne Abondant à celle Commun) sans augmentation ou diminution brusque. Certains chiffres pouvaient aussi bien être placés dans une colonne ou dans une autre ; nous les avons disposés pour le mieux.

Disons encore que les termes précités n’ont pas la même signification pour toutes les espèces, en ce sens que le maximum pour D. gracilis, par exemple, n’est pas égal en nombre d'individus au maximum pour Noth. longispina ou pour telle autre espèce. Le chiffre le plus grand par lequel uñe espèce est représentée au cours d’une année est désigné sous le terme

de maximum, puis les chiffres plus petits sont désignés, par ordre décroissant, sous les termes d’abondant, commun, etc.

Remarque. — Nous constatons donc ce qui suit au sujet des cycles vitaux des espèces étudiées pendant les diverses années (en tenant compte, non pas d’une seule année, mais des diverses années étudiées) :

Diaptomus gracilis. — Présente son expansion maximale en été et au commencement de l’automne. D. gracilis est une espèce représentée pendant tous les mois de l’année, aucune pêche n’en manquait. Le plus faible développement a lieu en hiver.

Diaptomus laciniatus. — Cette espèce, habitant de préférence les grandes profondeurs (80-50 m.), ne se trouve jamais en grande abondance. Son maximum peut être placé en août ou septembre. Elle est faiblement représentée durant l'été et l'automne, et absente le reste de l’année.

Cyclops strennuus. — C’est également une espèce vivant en profondeur. Son maximum varie peu d’une année à l’autre et a lieu au commencement de l’été (mai-juin). Cette espèce est bien représentée durant l'été, elle se fait plus rare en hiver, pour recommencer à se développer au printemps. Un second maximum peut se produire en novembre.

Cyclops leuckarti. — Présente deux maxima de développement, l’un en mai, l’autre à la fin de l’automne (septembre à novembre). Bien représentée en été, cette espèce diminue en hiver.

Jeunes Cyclops. — Sont présents toute l’année dans le plancton avec une plus ou moins grande abondance. Le maximum peut être placé à la fin de l’été ; il suit une période où les jeunes Cyclops sont peu représentés.

Jeunes Diaptomus. — Ils sont aussi signalés durant toute l’année. Leur nombre va en décroissant du printemps (où se trouve le maximum) à l’hiver, où ils se font très rares.

Nauplius. — Nous n’avons pas fait la différence entre Nauplius de Cyclops et Nauplius de Diaptomus. Toutes nos pêches ont ramené des Nauplius en nombre plus ou moins grand. C’est dire qu’ils sont présents toute l’année dans la faune pélagique. Le premier maximum se trouve au début du printemps (mars-avril) et le second, s’il existe, a lieu en sep-

Ne.

tembre. Fort bien représentés en automne et en hiver, ils se font généralement plus rares en été.

Bythotrephes longimanus. — Cette espèce a toujours été comptée intégralement. Il est difficile d'établir un cycle vital sur des chiffres toujours faibles. Cependant, son maximum peut être placé en été (de juin à août). Le nombre des individus varie peu d’une saison à l’autre. Cette espèce est très rare, peut-être même absente chaque année, en avril-mai.

Leptodora hyalina. — Cette superbe espèce présente, comme la précédente qu’elle accompagne presque toujours, son maximum en été (juin à août). Elle se fait tout de suite plus rare, et même disparaît totalement de décembre à avril.

Sida. — L'espèce dont il s’agit est Sida limnetica. Maximum également en août et septembre. Grand développement pendant l’été et diminution progressive jusqu’en novembredécembre. Absente durant les premiers mois de l’année, cette espèce réapparaît au printemps en petit nombre.

Daphnia hyalina. — Son eyele vital est identique au précédent. Cependant, Daphnia est toujours représentée par un plus grand nombre d’individus que Sida.

Bosmina (coregoni et longirostris). — Espèces bien représentées en été, avec maximum en mai-juin. Le reste de l’année, ces deux espèces sont signalées, mais toujours en faible quantité. Elles peuvent être absentes durant les mois d'hiver. Un second maximum apparaît parfois en décembre (FurRr- MANN).

Notholca longispina. — Ce rotateur est signalé toute l’année dans le plancton. Son maximum a lieu en été (mai-juillet) et il reste abondant durant l’automne. En hiver, le nombre d'individus diminue et ne commence à s’aceroître qu’en avrilmai.

Anurea cochlearis. — Cycle à très peu de chose près identique au précédent. Cette espèce peut être absente certains mois (fin hiver).

Polyarthra platyptera. — Lorsque a lieu le maximum de développement de cette espèce, c’est-à-dire en juillet-août-septembre, le filet fin en capture un nombre prodigieux. Le nombre d'individus reste grand tout l’été, mais diminue sensiblement en automne et même se réduit à zéro durant les premiers mois de l’année.

= Gode

Triarthra longiseta. — Cette espèce n’est jamais représentée par un grand nombre d'individus. Son maximum a également lieu en été (mai ou juillet), puis elle diminue rapidement jusqu’à la fin de l’automne. Très rare de septembre ou octobre à mars, cette espèce peut même disparaître complètement.

Comparaison avec d’autres lacs. — Nous avons comparé nos observations avec celles faites dans le lac de Zurich par LozeroN et par Heuscuer, et avec celles de BURCKHARDT dans le lac des Quatre-Cantons.

HEUSCHER a aussi constaté, comme nous l’avons fait pour le lac de Neuchâtel, que les espèces du plancton peuvent présenter, selon les années, leurs maxima et leurs minima à des époques différentes, suivant les conditions biologiques propres aux diverses années. Il peut y avoir déplacement de 1 à 3 mois d’un maximum ou d’un minimum. Mais, dans leur ensemble, et d’une manière générale, les organismes pélagiques présentent des cycles vitaux identiques d’une année à l'autre.

Si l’on compare la périodicité du zooplancton dans les trois lacs cités, on observe une remarquable identité de développement des diverses espèces. Souvent, le maximum d’une espèce donnée a lieu simultanément dans les trois lacs, ainsi que le minimum. Les dates d'apparition et de disparition concordent en général. On doit conclure de cela que les conditions biologiques d’existence des êtres pélagiques des trois lacs cités diffèrent peu.

Voici du reste les cycles vitaux des principales espèces dans chacun des trois lacs :

Diapt. gracilis :

: À mai-juin Lac de Neuchâtel 1 ou 2 max. : J min.: hiver t (novembre) : juin Re ; Lac de Zurich 2 max. (J ; » février-avril À décembre mal mars re- Lac des Quatre-Cantons 2 max. de s » \ s, octob À janvier { novembre Diapt. laciniatus :

Lac de Neuchâtel max.: août-sept. Abst: hiver comm! print.

Lac des Quatre-Cantons » : oct.-nov. » avril-juin

Cycl. strennuus :

Lac de Neuchâtel Lac de Zurich Lac des Quatre-Cantons 2

Cycl. leuckarti :

Lac de Neuchâtel

Lac des Quatre-Cantons

Byth. longimanus :

Lac de Neuchâtel

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