CHAPITRE IV
Phénomènes cardiaques
Il nous reste à chercher ce que les différents procédés cliniques d'examen du cœur ont mis en lumière, au sujet des phénomènes purement cardiaques qu'engendre le travail mus- culaire. Historiquement, il faudrait commencer par exposer l’action à distance des efforts répétés, c’est-à-dire l'accroissement de volume du cœur, sous l'influence de l'entraînement; car cette action lente et progressive est connue depuis bien plus longtemps — et beaucoup mieux — que l’action immédiate d’un effort isolé. Mais nous ne procéderons pas ainsi et nous respecterons l’ordre logique dans la mesure où il nous
paraîtra rendre cette étude plus simple et plus claire.
INFLUENCE IMMÉDIATE DE L'EFFORT. — Potain admettait l'influence que l’exercice peut avoir sur la dilatation passagère du cœur. Les dônnées radiologiques et physiologiques les plus récentes ont confirmé le point de vue de ce grand clinicien. Mais sa vérification pratique n’a pas été sans difficultés.
Comme pour l'étude de TA, il faut d’abord connaître les modifications cardiaques qui surviennent au cours de l'effort. Mais cette étude offre des difficultés si considérables que les documents sont extrêmement rares. Il est facile de comprendre
qu'un effort assez considérable pour modifier l'aspect du cœur est malaisé à réaliser et à observer sous l'écran radioscopique.
Bertnard Smith (1920) trouve que le « syndrome d'effort » ne produit que des différences légères avec le cœur au repos. Ses mensurations téléradiographiques lui ont montré que, dans l'ensemble, le cœur est alors un peu plus petit.
Bruns et Roemer (1921) ont utilisé le même procédé. Les résultats qu'ils ont obtenus sont, estiment-ils, en désaccord avec ceux que Starling a trouvés sur l’animal (et dont nous reparlerons). Ils ont constaté que l’aire de projection du cœur, (donc son volume) augmentait quand augmentait TA, mais diminuait quand P s’accélérait.
Pendant l'effort statique (lever d’un poids) thorax bloqué, Langlois et Chailley-Bert ont noté, vers la même époque, l'aspect globuleux que prend le cœur, dont la pointe remonte et dont l'ombre semble s’étaler, ainsi que celle de l'aorte. Dès que l'effort cesse, les ombres semblent se rétracter et la
pointe s’abaisse.
Meek et Eyser (1922), enfin, ont comparé au repos et durant un exercice modéré les dimensions du cœur à l’aide de radiographies rapides, au 1/40° de seconde, prises au moment du sommet R et à la fin du sommet T de l’électrocardiogramme (début et fin de la systole). Puis ils ont calculé les volumes diastoliques et systoliques correspondants, d’après la formule de Bardeen. Ils ont ainsi trouvé que l'exercice augmentait les dimensions diastoliques (chez 10 sujets sur 17) tandis qu'il diminuait les dimensions systoliques (chez 11 sujets sur 17). Et le débit par contraction s’accroissait et passait
de 79 cc. au repos à 94 cc. pendant l’exercice.
Il était bien plus aisé de se livrer aux mêmes examens radiologiques aussitôt après leffort. Mais on ne peut pas con: naître ainsi, en toute certitude, ce qui se passe pendant l'effort lui-même, et qui peut être tout différent. En outre, si la technique de l’examen est simplifiée, des causes d’erreur subsistent, et d'importance, ainsi qu'on le verra.
La plupart des auteurs ont eu recours aux tracés orthodia-
graphiques, quelques-uns à la téléradioscopie. On peut les
classer aisément en deux camps :.
1° Ceux qui ont trouvé une aire cardiaque accrue, parmi
lesquels nous ne citerons que Schott (1897) qui semble être le premier en date, R. T Mac Kenzie qui a publié les clichés du cœur étalé des coureurs de Marathon après la course, et Nicolaï et Zuntz qui ont suivi le retour progressif aux dimensions normales pendant le repos qui suit l’exercice.
2° Ceux qui ont trouvé une aire diminuée. Dietlen et Moritz (1908) paraissent avoir les premiers signalé ce phénomène. Nous avons précédemment cité Bertnard Smith. Nommons encore Meakins et Gunson, Dausset, Barlocco; ce dernier note
en outre (1920) que chez les sujets normaux, l'injection d’adré-
naline modifie peu les réactions de volume cardiaque, de P et
de TA après l'effort; au contraire, la pilocarpine diminue P et Mx mais augmente l’aire cardiaque et rend l'exercice très pénible.
Cluzet, enfin, en 1919, avait noté une réduction impor-
tante de l’aire et en particulier du diamètre transversal du cœur, tandis que « la région de la pointe s’arrondit en se contractant ». Il a constaté ces faits à la suite de deux reprises de boxe de 3/. À titre d'exemple, un adolescent de 17 ans
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