‹ Contribution à l'étude et à l'interprétation des phénomènes cardio-vasculaires engendrés par l'effortChapitre 3 sur 43 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Nous nous sommes proposé d'étudier le retentissement des efforts, isôlés ou répétés, sur la circulation. Comment un cœur sain s'accommode-t-il des conditions de travail qui lui sont alors imposées? Comment répond-il à l'augmentation de débit qu'on lui demande? Quelles sont les conséquences de ces efforts, proches et lointaines, bonnes ou mauvaises?

Ces questions, aujourd'hui, intéressent surtout le médecin en nous, par leurs côtés spéculalif et social. Mais nous leur portons depuis ‘longtemps, comme sportif, un intérêt plus égoiste.

Sportif, nous le sommes depuis notre tout jeune âge; nous le restons par plaisir, par besoin et par raison. C’est notre fierté de le dire. Nous avons goûté de presque tous les sports, individuels et collectifs. Nous avons usé largement de quelquesuns, abusé peut-être... Nous sommes pourtant certain que nous nous portions mieux quand nous avions le loisir d'en user davantage. :

Nous croyons le sport nécessaire à la santé physique, intellectuelle et morale.

‘Qu'on ne se méprenne pas! Le Sport, nous le savons, n'est

qu'un des éléments d'une Culture physique ralionnelle : s’il en est là consécration, il ne suffit pas à en tenir lieu. — Le Sport, nous le savons aussi, a, comme toutes les institutions humaines, ses parasiles, ses mercantis el ses illuminés ! Après

it 5 F à : ES RE avoir, avec raison, fait appel à lui pour former de bons soidats.

ne veul-on pas voir en lui, désormais, un élément « de paix et

de fraternité entre les peuples » ! On ne prête qu'aux riches, sans doute... | |

. mais quels que soient par ailleurs ses bienfaits, on oublie trop que le sport est un jeu. Le vieux mot français « desport »

qui aurait donné sport, signifie délassement. Chacun a besoin

de détente, Les intellectuels plus encore, et le sport en fournit .

un merveilleux moyen. Nous les plaignons ceux qui n'ont pas connu cet incomparable « délassement », ses joies $aines, ses émotions salubres, ses salisfactions ; ni le bien-être, la bonne: fatigue, le bon appétit et le bon sommeil des-dimanches soirs !

Ne pas comprendre, ne pas aimer le sport, c’est ignorer l'épanouissement d’une forme de l’activité humaine; c'est se priver, en quelque sorte, de sensations d'art. Nous aimons le sport, el s’il est pratiqué avec bon sens, à la française, nous ne lui trouvons, sans contre-partie, que des avantages. Mais fût-il même prouvé demain qu'il constiluât, en ses excès, un danger plus sérieux que nous ne pensons, que nous le croirions encore préférable au dancing, au cinéma et au bistro !

Les questions que nous abordons dans ce travail sont d’aclualité, Mais elles ne concernent pas, en leurs conclusions, que

les Seuls sportifs: elles intéressent tous ceux qui vivent du tra-

val de leurs muscles; tous ceux, même, qui n’ont pas d’ascen-.

seur pour monter des étages; elles touchent en somme au fonclionnement du cœur pendant la vie courante et constituent un

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