LOIRE
phériques qui peut résulter de l’exercite ait empêché Bordet de trouver. une dilatation systolique, et ait même permis à Meek et Eyser de constater une diminution systolique de l'aire.
L'insuffisance de ventilation apparaît trop clairement comme cause de surcroît de travail pour le cœur pour qu’il soit besoin d'y insister. Mais ce qu'il faut mettre en valeur. c'est ce fait que le myocarde s’accommode mieux du manque d'oxygène que les autres tissus (voir : première loi, note 1).
Enfin, remarquons dès maintenant que la loi du cœur est une propriété purement cardiaque et que certains phénomènes capillaires, d'ordre chimique, semblent purement locaux également; ceci ne veut pas dire que le système nerveux n'intervienne pas ici et là, mais seulement que lui seul semble régir
toutes les autres modifications par des mécanismes que nous envisagerons plus loin.
Quoi qu'il en soit, les phénomènes qui nous ont paru indiscultables, pendant et après l'effort, prennent à la [lumière des Lois de la Circulation une signification évidente et logique.
Nous croyons pourtant simplifier encore l'interprétation du plus complexe d'entre ces phénomènes, la T. À., en reproduisant quelques diagrammes dont nous n'avons pas tenu compte dans les lois précédentes. Ils ont été obtenus de la façon suivante (fig. 9). Un vase de Mariotte (c) est relié par un tube de caoutchouc à un tube de verre; à l'union des deux
se trouve un interrupteur (b) qui permet de rythmer le cou-
rant; un peu plus loin, ce tube présente un fort renflement
figurant l'aorte, auquel aboutit un tube (a) de petit calibre muni d'une échelle. Ce piézomètre gradué permet de mesurer les chutes de pression après chaque écoulement du liquide, et de connaître ainsi les variations de Mx et Mn, selon les cir-
constances. On peut en effet faire varier la hauteur de (c),
image de la force contractile du cœur, et les résistances, par
ne NE Me
l'intermédiaire d’un robinet terminal (r). Dans ces conditions, Wybauw a obtenu des résultats (fig. 10 et 11) d'où il résulte
que :
1° L'élévation simultanée ‘de Mx et Mn, SE diminuant, traduit l'accroissement des résistances périphériques, et inversement;
»>° L'élévation simultanée de Mx et Mn, PV croissant également, traduit l'accroissement de l'impulsion cardiaque, et inversement;
En accolant ces résultats, il est facile d’établir les figures 12 et 13, qui signifient que : |
3° L’élévation simultanée et parallèle de Mx et Mn, PV ne variant pas, traduit l’accroissement simultané de l'impulsion
cardiaque et des résistances;
4° La diminution des résistances et l'accroissement de l'impulsion cardiaque se traduisent tous deux par l’accroisse-
ment de PV; mais dans le premier cas, la PS moyenne
(Mx+Mn ) tend à décroître, alors qu'elle tend à croître
dans le deuxième cas; aussi ces modifications simultanées entraînent-elles des modifications variables de Mx et Mn, avec dans tous les cas l’accroissement de PV. -
Ces expériences de physique ne peuvent pas avoir la prétention de rendre compte de tous les impondérables qui cons: tituent la vie, Mais à la lumière de la Loi du Cœur, on peut remarquer qu'en fait, le cœur, comme le vase de Mariotte, accroît simultanément la force et le volume des ondées: seule, la diminution progressive de ‘l’extensibilité de l’aorte n’est pas prise en considération. Mais cette élasticité ne modifie que le rendement et le débit du cœur, mais non la pression qu'à
Chaque moment le cœur peut exercer. Il faudrait également
tenir compte des variations de la loi du cœur... Mais pratique-. ment, on peut considérer comme exacts le sens et l'interpré-
- tation des résultats trouvés (r).
Quelques chiffres. — On sait que le volume d’une sphère s'accroît avec le cube de son rayon. Ainsi, quand le rayon passe de 5 em. à 5,5 et à 6 cm., le volume passe de 525 cc. à 639 ce. et à 907 ce. Nous donnons ces chiffres, qui correspondent à une aire de projection voisine de l'ombre cardiaque
(78, 95 et 113 c.q.), à titre d'indication, car le cœur n’est pas
une sphère.
Bordet et Giroux ont cependant étudié le rapport des accroissements de l’ombre du cœur aux accroissements réels de son volume, sur le cadavre. Les variations de l’aire sont parallèles à celles du volume : l’accroissement de l’aire en centimètres carrés multiplié par 9 donne l'accroissement de volume en centimètres cubes. Si la dilatation porte surtout sur le ventricule gauche, l’aire varie moins, et le coefficient doit
être porté à 14.
(x) Marey avait noté que « toute cause qui augmente la fréquence des systoles en diminue l’amplitude », donnant à la réplétion yentri-
culaïre moins de temps pour se produire, Mais aucun auteur ne rend
compte des variations de TA quand P varie seul, le débit par minute et les résistances ne changeant pas. On peut déduire des tracés de Wybauw le sens de ces variations (on peut le faire également par la loi du cœur) : si l’on accélère le rythme des temps d'écoulement, dans l'appareil précité, le débit s'accroît en même temps, forcément, donc la vitesse, donc les résistances, et celles-ci croissent plus vite (carré de la vitesse) que le rythme. On peut donc identifier la courbe des accroissements du rythme à celle des accroissements de résistance. Mais si l’on veut savoir ce qui se passe quand P s'accélère seul (l'afflux veineux, donc le débit et les résistances ne variant pas, et simultanément la force contractile du cœur, moins rempli, diminuant), il suffit d’abaisser en même temps C, et toutes ces conditions sont réalisées. Ainsi, les variations de sens contraire de C et de R (fig. 13) peuvent être assimilées aux variations isolées de P,