C. Le mécanisme de la systole est assez mal connu; com
ment se produit l’expulsion du sang hors du cœur? On ne
Rs
conçoit pas absolument comment les fibres cardiaques, dont la puissance contractile est d'autant plus grande qu’elles sont plus distendues, pourraient en même temps expulser la fin de l’ondée systolique, dans une aorte de moins en moins extensible, donc sous une pression maxima, au moment où elles reviennent précisément à leur plus faible longueur.
De Meyer rend le problème plus clair en scindant la systole en deux parties : la première, où le ventricule est mis sous tension sans expulser de sang, donc où le cœur exerce une force sous forme de pression sans fournir de travail, est la tono-systole; la deuxième, où le ventricule chasse le sang sous tension, fournissant un travail moteur, est l’ergo-systole. On peut ainsi concevoir deux modifications possibles de la SYStole suivant que s’y développe une force plus grande, ou qu'un travail plus considérable est accompli. ,
Poussant plus loin son argumentation, de Meyer rappelle que les muscles striés comportent des fibrilles dont le raccourcissement bref et brusque produit la « contraction », et du sarcoplasme, seul élément des muscles lisses et dont le raccourcissement lent et prolongé produit la « contracture ». Alors que les fibrilles sont excitées de façon discontinue par des filets nerveux issus des cornes antérieures de la moelle, le sarcoplasme est excité de façon continue par des filets nerveux empruntant les rameaux communicants du sympathique et les voies cérébelleuses. Il en résulte, poursuit de Meyer, une constante semi-rigidité des muscles qui constitue leur « tonus » et qui assure la spontanéité et la précision des mouvements.
Et de Meyer attribue par analogie la tono-systole aux
fibrilles, alors que le sarcoplasme régirait l’ergo-systole.
D. Nous sommes ainsi amenés à parler de la tonicité du
cœur, sujet de désaccord entre les physiologistes et les clini--