‹ Contribution à l'étude et à l'interprétation des phénomènes cardio-vasculaires engendrés par l'effortChapitre 40 sur 43 · DATE D · texte numérisé non relu

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ciens : ces derniers appellent ainsi « le pouvoir pour les fibres musculaires de s'opposer à la dilatation permanente des cavités », à quoi les physiologistes objectent « qu’il n’y a pas trace d’un état de contraction tonique dans le cœur normal, pendant la diastole » (Starling).

Bordet en déduit que le cœur qui, cliniquement, a perdu sa tonicité, est celui qui se vide mal; celui qui est dilaté, non à la diastole, mais à la systole, parce qu'il a besoin d’une plus grande longueur initiale de ses fibres pour retrouver son aptitude fonctionnelle. « C’est donc l’énergie de contraction qui correspond à ce que l’on entend par tonicité. »

Cette conception de Bordet, conforme aux faits cliniques et physiologiques, a pourtant un point faible : On ne voit pas très bien en quoi la tonicité du cœur diffère de sa « contractilité » (ou pouvoir inotrope). Une seule explication s'offre, appuyée sur les arguments de de Meyer cités plus haut. Si la tono-systole et l’ergo-sytole ne sont pas deux phénomènes

actifs dépendant l’un et l’autre du même pouvoir contractile

des fibres cardiaques, mais deux phénomènes différents, dé-

pendant l’un des fibrilles, l’autre du sarcoplasme, innervés différemment; si, de plus, la tono-systole est le seul phénomène actif, l’ergo-systole étant un phénomène passif, résultant de la différence de tension du sang dans le ventricule et dans l’aorte, alors on peut concevoir une différence entre la contractilité tono-systolique et la tonicité ergo-systolique.

Pour mieux faire comprendre cette façon de voir, nous avons supposé, sur la pompe C de la figure 8, qui figure le

cœur, que la force employée à chasser le liquide n’était pas

‘transmise à celui-ci directement par le piston, mais par l’in-

termédiaire d’un ressort. On peut supposer le poids qui représente cette force, agissant brusquement, comprimant d’un seul coup le ressort, réduisant sa longueur d’une certaine quantité

(limitée, si l’on veut, par un butoir). Après quoi le ressort, mis sous pression, transmet celle-ci au sang qui, rencontrant en À une pression moindre, s'écoule jusqu à ce que les deux pressions s’équilibrent. On conçoit ainsi que C se vide passivement, moins compiètement si la pression en À est plus élevée, ou si son ressort est moins puissant. Or, le ressort figure la tonicité, tandis que les poids qui le compriment figurent la contractilité. ñ

La tonicité apparaît ainsi comme une élasticité spéciale siégeant dans le sarcoplasme, permanente, pouvant s’accroître ou diminuer, sous des influences diverses et surtout nerveuses, et que met en action, comme on tend un ressort, la contraction des fibrilles, Nous disons élasticité, celle-ci comportant l’extensibilité et la rétractilité; nous ajouterons même élasticité comparable à celle du caoutchouc (fig. 14 et 15), ce qui expliquerait que ce soit à la fin de la systole que la tonicité ait son plein rendement, au moment où, à l'inverse, l’aorte est le

moins extensible,

C'est là un point de vue qui en vaut peut-être un autre, mais c’est un simple point de vue...

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