‹ Contribution à l'étude et au diagnostic des formes frustes de la maladie de BasedowChapitre 5 sur 6 · GO · texte numérisé non relu

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niveau sur le vaisseau et maintient la compression il fait cesser le bruit de souffle dont il a été question tout à l'heure.

Diarrhées fréquentes, revenant par accès, sanscoliques,assez souvent aussi diarrhée bilieuse s'accompagnant de coliques.

Les sueurs se produisent très facilement et sont notamment plus abondantes sur le côté gauche du corps.

Rien de spécial du côté de la peau, sauf de temps en temps des plaques d'érythème sur les bras.

Pas de boulimie, mais fréquents accès de crampes d'estomac surtout le matin avant le déjeuner.

Accès de toux quinleuse avec très minime expectoration. On ne trouve d'ailleurs du côté des poumons, à part quelques très légers râ'es, rien de spécial.

Pas de sensation subjective de chaleur; la température buccale prise sous la langue est de 36°, 9.

Absence des réflexes rotuliens; le signe de Romberg existe un peu.

Nous sommes redevables à M. le D1 Jacquemart des renseignements suivants : L'audition est absolument égale pour les deux oreilles. — Par l'examen otoscopique, on constate sur la membrane du tympan à gauche une petite ligne blanchâtre qui n'est autre qu'une cicatrice consécutive à la perforation qui a dû avoir lieu au moment de l'accident.

Le malade a mal supporté le bromure de potassium qui lui avait été prescrit tout d'abord; il a remarqué que chaque fois qu'il prend du valérianate de quinine le souffle de l'oreille gauche diminue beaucoup d'intensité.

Observation V.

Madame de P..., de nationalité russe (janvier 1883.)

Grand-père paternel mort subitement.

Grand-père maternel mort d'une maladie de cœur, aurait eu probablement des rhumatismes.

Frère aîné a toujours eu des dartres survenant par poussées • depuis son enfance. Les deux frères sont très nerveux ainsi que

le père et la mère, ils ne peuvent entendre grincer un clou sur une vitre sans que cela les impressionne vivement.

Rien du côté des oncles, ni des tantes. Une cousine est épileptique.

Etant enfant, a eu quelques glandes, un peu mal aux yeux, mais rien de plus, bonne santé.

Premières menstruations à 13 ans, un peu irrégulières.

A 15 ans, remarque pour la première fois une grosseur au cou sur la ligne médiane, au niveau du corps thyroïde, cette grosseur n'a pas semblé augmenter pendant trois ans. N'avait pas de palpitations du tout à cette époque, n'avait eu aucun ennui; pas de tremblement, ni sueurs.

 18 ans, va consulter un médecin qui l'envoie à Cannes, en disant que le goitre n'était rien, mais que la malade était très anémique, que cela guérirait en quelques mois.

A ce moment, est fiancée, a de vives émotions, mais pas de chagrins; commence à avoir des palpitations, surtout après les repas.

En 1876, à 18 ans 1/2 se marie, fait un voyage en Italie qui la fatigue; devient enceinte. A partir de 1875, le cou a grossi progressivement sans poussées aiguës non plus que sans arrêt.

Trois enfants en trois ans.

L'aînée des enfants est née à 7 mois, elle aurait des palpitations et les yeux proéminents.

En décembre 1882, aurait eu une attaque de rhumatisme presque toutes les articulations enflées, rouges et douloureuses. Les articulations les plus prises ont été le genou droit, l'épaule gauche et les jointures de la main et du pied gauche.

Le cœur ne semble pas avoir été touché à cette époque, du moins le médecin n'en a rien dit. Depuis le rhumatisme, les palpitations n'ont pas sensiblement augmenté. Mais la malade sent, dit-elle, de temps en temps, de très fortes secousses au niveau de la région précordiale. Il faut évidemment se demander s'il n'y a pas eu lésion cardiaque consécutive à laquelle on pourrait attribuer en partie les palpitations et l'œdème des jambes.

Le goitre semble occuper les trois lobes du corps thyroïde, peut-être avec une prédominance relative sur le lobe moyen. Il est d'un volume moyen et fait une saillie analogue à celle que ferait la moitié d'une orange appliquée sur la peau du cou, mais avec une plus grande extension latérale.

Les yeux ne sont pas saillants.

Les palpitations sont devenues de plus en plus violentes, quel-

quefois douleur précordiale très vive, augmentant dans les fortes inspirations.

Toujours un peu oppressée, lorsqu'elle parle elle est obligée de couper ses phrases. Pendant plusieurs ;mois a eu des périodes de boulimie, quelquefois des périodes de dégoût pendant lesquelles elle ne mange rien avec plaisir. Souvent diarrhées survenant subitement durant quelques heures, s'arrèlant de même.

Pendant une année, il y a deux ans, a eu des sueurs abondantes continuelles.

Pas de taches pigmentaires, pas d'urticaire. Tremblement surtout dans les membres supérieurs avec les caractères ordinaires, —perceptible aussi lorsque la malade étant debout on lui met la main sur l'épaule, — ce tremblement existe surtout à la jambe, quand celle-ci est placée à faux, et s'exagère beaucoup lors des émotions et des contrariétés.

Pouls petit, dépressible 410-120, semble régulier. Le médecin en Russie aurait dit qu'il est quelquefois irrégulier.

Respiration, 28. De temps en temps, accès de toux sèche, sans crachats, revenant par quintes et le plus souvent la nuit, cette toux serait un peu plus fréquente actuellement parce que la malade se serait enrhumée il y a quelques jours. Nous assistons à un de ces accès de toux qui dure pendant près de dix minutes. Il s'accompagne d'une sorte de cornage inspiratoire et expiratoire qui semble indiquer un obstacle au niveau du larynx ou de la trachée, ou un trouble quelconque dans le fonctionnement des lèvres de la glotte ; en même temps que la toux est probablement due à une excitation spéciale du pneumogastrique. Cette toux est survenue au moment où nous commencions à ausculter la malade, et où, par conséquent, elle avait eu un peu d'émotion.

A l'auscultation, les bruits du cœur sont assez forts, mais ne présentent pas précisément le timbre métallique. Bruit de souffle doux au premier temps et fort à la base et au niveau du bord droit du sternum. A la percussion, )a matité du cœur semble augmentée. La malade vient d'avoir un rhumatisme, le cœur a peut-être été touché.

L'auscultation des poumons révèle un certain degré de rudesse de la respiration au niveau des sommets, mais cela peut très bien être dû au cornage qui a lieu au niveau du larynx ou de la trachée. A la percussion des sommets, son parfaitement normal.

Déjà, il y a trois ans, a eu les pieds enflés pendant quatre ou cinq mois.

A eu quatre fois la diphtérie pharyngée (??) exsudât blanchâtre se répandant très rapidement aux deux amygdales. Un de ses enfants l'aurait prise d'elle ainsi que ses domestiques, l'enfant en est mort. A chaque période menstruelle, elle aune tendance à avoir mal à la gorge et de plus son goitre devient un peu plus volumineux et plus dur.

Les règles sont régulières en général, mais peu abondantes.

Les deux jambes jusqu'au genou sont le siège d'un œdème peu prononcé quand la malade est au repos, mais augmentant très notablement le soir.

Observation VI

(La malade qui en fait Tobjet était traitée à la consultation externe de , notre maître, M. Ollivier, nous le remercions vivement de nous avoir autorisé à prendre et à publier cette observation.)

MmcM..., 39 ans, lingère (janvier 1883). Un oncle paternel idiot est mort dans un asile.

Elle a toujours été délicate dans son enfance, beaucoup de gourmes, croûtes dans les cheveux jusqu'à l'âge de 12 ans.

L'établissement de la menstruation s'est montré très difficile; à chaque époque menstruelle elle éprouvait des douleurs violentes dans le bas-ventre , les règles ont toujours été irrégulières.

La malade a, de tout temps, été très nerveuse et émotive, mais cependant elle n'a jamais eu d'attaques de nerfs.

Elle s'est mariée en 1881 et n'a eu qu'un enfant, bien portant quoiqu'un peu strumeux (abcès au cou).

Pas d'alcoolisme, bien qu'elle ait souvent le matin des pituites.

Eu octobre 1879, son mari lui donne la syphilis. En janvier 1880,611e entre à l'hôpital Saint-Louis, et M. le professeur Fournier aurait constaté à cette époque une syphilide papuleuse^ pour laquelle elle resta trois semaines dans son service et sortit tout à fait guérie. Quant au chancre, elle n'a pas remarqué son existence et ne peut donner aucun renseignement à cet égard ;

mais elle sait très bien que c'est en octobre 1879 que son mari est revenu de voyage portant des accidents syphilitiques.

Quant à l'hôpital elle eut appris qu'elle avait la syphilis, elle éprouva un chagrin immense et passa des journées entières à se désoler et à pleurer; lorsqu'elle en fat sortie, elle eut avec son mari les scènes les plus violentes. D'ailleurs des scènes de cette nature avaient lieu entre eux depuis longtemps déjà, son mari est, paraît-il, un ivrogne qui rentre souvent chez lui en état d'ébriété et se met alors à casser tout ce qui lui tombe sous la main ; il ne l'a cependant jamais battue.

Depuis cette époque, la malade fut prise d'insomnies et d'un tremblement généralisé très accentué.

En avril 4 880, elle s'aperçut qu'elle avait une petite tumeur sur le côté droit du cou: les -médecins à qui elle la montra lui dirent que ce n'était rien, qu'elle n'avait pas à s'en inquiéter.

Au mois d'août 1880, elle fut prise de violents maux de gorge qui sont probablement en rapport avec sa syphilis.

Au mois de novembre 4882, son goitre ayant augmenté d'une façon très notable, elle alla consulter un médecin qui lui conseilla d'en faire pratiquer l'extirpation, on avait même pris jour pour cela, mais la malade effrayée ne se rendit pas chez le chirurgien.

C'est seulement quelques semaines plus tard que le goitre prit tout son développement et [qu'elle remarqua les battements dont il est animé.

Etat actuel. Le goitre est assez développé, il occupe presque exclusivement le lobe droit du corps thyroïde qui fait une saillie dont le volume peut être comparé à celui de la moitié d'une grosse orange. Ce goitre est animé de battements. Les pulsations des vaisseaux du cou sont très sensibles surtout à droite.

Il n'y a pasd'exophthaimie; les yeux, sans être hagards, sont plus brillants qu'à l'état normal.

Tremblement généralisé, très apparent aux membres supérieurs; depuis qu'elle en est atteinte, la malade ne peut plus faire de fins travaux d'aiguille, elle est encore lingère, mais prépare seulement l'ouvrage pour la machine à coudre én « bâtissant les morceaux ». Le tremblement existe aussi aux membres inférieurs; on le constate quand la malade est assise, et aussi quand elle est debout, en prenant soin de fixer une ligne passant par le sommet de la tête et un point fixe plus ou moins éloigné.

Les battements cardiaques sont violents, mais réguliers; H n'y a pas de souffle. Nous avons donné plus haut le tracé obtenu par le cardiographe et par le sphygmographe.

Le pouls est mou, facilement dépressible, 125 pulsations et plus encore, quand la malade vient de marcher ou est un peu émue.

Pas de palpitations subjectives, à tel point que la malade ne se doutait nullement de l'accélération considérable de son pouls. — Quelquefois, accès d'oppression.

Depuis 4 879, au moment où elle a su qu'elle était syphilitique, elle est sujette à des diarrhées qui la prennent tout d'un coup, et durent tantôt quelques heures, tantôt un peu plus. Elle n'a pas de coliques.

Depuis la même époque, elle est sujette à des sueurs très intenses, survenant surtout la nuit ; dans les premiers temps, U lui arrivait même de mouiller plusieurs chemises. Actuellement, elle présente une moiteur des mains très accentuée, beaucoup plus que des sueurs véritables. Pas de sensation subjective de chaleur.

Le matin, elle se trouve, dit-elle, beaucoup plus fatiguée que. le soir au moment de se coucher ; elle est tout essouflée et est prise de quintes de toux très violentes. Cette toux est sèche, sans expectoration; et, lorsque nous prenions le tracé de sa respiration, elle nous a plusieurs fois considérablement gêné. Rien de notable du côté des poumons.

En pressant sur le paquet vasculo-nerveux du cou, à droite, on détermine une légère douleur s'irradiant du côté du sternum, et produisant une certaine sensation d'oppression; mais on n'observe aucune influence sur le nombre ou le caractère des battements du cœur.

Sur toute la région du cou et sur les régions sus-claviculaires des deux côtés, on voit de nombreuses taches pigmentaires assez analogues à des éphélides, mais beaucoup plus étendues; elles sont surtout larges et confluentes au-dessous de l'apophyse mastoïde gauche. Il n'y en a pas sur les autres parties du corps.

Peut- être y a-t-il un peu d'albumine dans l'urine ; mais, lorsque nous avons examiné celle-ci, la malade commençait à avoir ses règles.

Réflexes rotuliens tout à fait normaux.

Observation VII.

Mme A..., 35 ans (novembre 1882).

On ne peut obtenir aucun renseignement sur ses antécédents de famille, la malade étant convaincue que, si on les lui demande, c'est afin de la faire passer pour folle.

Depuis dix ans qu'elle est mariée, elle a eu des chagrins continuels par suite de mésintelligence avec sa belle-mére et les sœurs de son mari ; position de fortune assez précaire.

A la suite de la perte d'un enfant, il y a huit mois, elle a eu de violentes palpitations; son cou a grossi, elle ne peut dire exactement depuis quand.

Etat actuel. — Goîire très développé, animé de violents battements ; pulsations très nettes des vaisseaux du cou.

Exophthalmie très prononcée ; — les yeux sont tout à .fait hagards.

Palpitations très violentes, les battements du cœur sont réguliers, mais très intenses ; souffle systolique doux à la base.

Le pouls est régulier, mais rapide, 4 05 pulsations; très dépressible.

Le tremblement est extrêmement prononcé, il est général et agite tout le corps de la malade quand elle est debout.

Diarrhées survenant et s'arrêtant brusquement.

Sueurs très intenses. Lorsque nous la voyons par un temps un peu froid, sa figure et ses mains fument comme le corps d'un cheval qui vient de fournir une longue course; les mains sont toutes mouillées.

Assez souvent, quintes de toux sèche, avec une légère expectoration, 33 respirations par minute ; rien de spécial dans les poumons.

Nous n'avons pas recherché s'il y a sur la peau des taches pigmentaires.

Les réflexes rotrliens n'ont pas été notés.

Observation VIII.

Madame F..., 49 ans,passementière (novembre 1882).

Un cousin germain, du côté de son père, a été enfermé dans une maison de santé.

A eu, il y a 8 ans, un très violent chagrin à la perte de sa mère, et, depuis cette époque, un assez grand nombre d'ennuis.

Bonne santé antérieure, avait cependant des palpitations. Jamais d'attaques de nerfs.

Vers le mois de juin 4 880. elle se promenait au jardin des Plantes, lorsque tout à coup, sans qu'il y eût entre eux la moindre dispute, sans qu'elle eût éprouvé la moindre contrariété ou la moindre émotion, elle fût prise d'un malaise avec étourdissements et palpitations; elle put cependant revenir à pied chez elle.

Vers la même époque, la ménopause s'établit, les règles disparurent.

Depuis l'accident qui lui était arrivé au Jardin des Plantes, elle a remarqué que son cou grossissait.

Etat actuel. — Le cou présente manifestement un goitre d'une médiocre grosseur, animé de battements, entouré de veines assez dilatées.

Les yeux ne font pas une saillie appréciable, mais ils semblent plus grands, plus brillants, et donnent au regard un aspect tout à fait hagard.

Les mains sont agitées d'un tremblement lin, la malade ne peut dire exactement depuis quand, c'est son mari qui a tout d'abord remarqué ce tremblement lorsqu'à table elle lui versait à boire ; depuis lors ce tremblement a augmenté et elle estbeaucoup moins adroite qu'auparavant dans l'exercice de son métier. Quand elle est assise, ses jambes se mettent fréquemment à trembler.

La malade se plaint aussi de palpitations; les battements du cœur sont en effet violents, on n'entend pas de souffle au niveau des orifices. Peut-être une très légère augmentation de la matité.

Le pouls est plutôt un peu dépressible, 120 pulsations.

v Deux ou trois fois, la malade a été prise d'accès caractérisés par l'augmentation des palpitations qui sont devenues insupportables, une sensation d'anxiété terrible, une angoisse atroce.

Fréquents accès de diarrhée survenant brusquement, sans coliques, ne durant en général que quelques heures.

Les mains ne sont pas moites, ordinairement, cependant elle a, dit-elle, assez souvent à propos de rien comme des «coups de sueurs», mais elle a très nettement remarqué que même lorsque son corps est comme baigné de sueurs, toute la moitié gauche de la face et du cou en restent absolument indemnes.

Pas de sensation subjective de chaleur.

Assez souvent (environ une fois par mois), elle est prise d'urticaire généralisée, confluente, surtout au niveau des poignets et des avant-bras.

Fréquents accès de toux quinteuse avec très légère expectoration purement salivaire, revenant surtout la nuit et l'empêchant souvent de dormir. — 28 respirations par minute.

Quelquefois il lui semble sentir quelque chose qui part de Tovaire gauche (où on peut constater d'ailleurs une ovarie assez nette) , remonte au cœur, puis au larynx, détermine généralement de la toux, elle a à ce moment une oppression « comme si elle avait un poids de 20 kilos sur l'estomac. »

Son caractère est devenu irritable, elle s'impatiente facilement, s'émeut pour la moindre des choses.

Observation IX.

Madame V..., 64 ans, passementière. Novembre 4882.

Pas d'antécédents nerveux héréditaires, cependant elle se souvient que son père tremblait beaucoup et qu'il lui était même impossible à cause de cela de faire certains mouvements un peu délicats.

A perdu son mari en 1874 et a eu à cette époque de grandes émotions (son mari était devenu fou).

A partir de ce moment, elle a commencé à avoir du tremblemenî,raais ce n'était que par intervalles que ce tremblement

devenait gênant, et en somme elle pouvait encore continuer son métier.

Elle n'avait jamais eu de palpitations auparavant. Au mois de mai 1882, elle a eu une fluxion de poitrine du côté droit.

Quand elle en a été guérie, son tremblement était devenu beaucoup plus fort, elle éprouvait de violentes palpitations.

Dspuis longtemps la malade avait un goitre assez développé,' mais dans ces derniers temps ce goitre s'est accru plus rapidement, et actuellement il présente le volume d'une grosse orange. Sur la peau qui le recouvre on voit courir de grosses veines sinueuses, les artères voisines battent d'une façon apparente, lui-même est animé de battements; c'est surtout le lobe gauche qui est développé.

Les yeux ne présentent pas d'exophthalmie proprement dite, mais ils sont hagards et semblent plus grands qu'à l'état normal.

Le pouls est relativement assez plein, et varie de 93 à 420.

Le tremblement est général, mais occupe surtout les membres supérieurs et en particulier les muscles de l'avant-bras. Les paupières tremblent aussi quand la malade ferme les yeux.

Toux extrêmement fréquente, sèche, avec une très médiocre expectoration, quinteuse, survenant surtout le matin et le soir; au poumon quelques râles de bronchite chronique.

Boulimie ; souvent elle est obligée de se relever la nuit pour manger.

La sensation subjective de chaleur existe quelquefois mais rarement, ainsi que les sueurs.

Teinte un peu brune du cou, mais pas de taches pigmentaires.

Insomnies fréquentes.

Observation X.

G..., 40 ans, bijoutier en chaînes d'or. Rien de spécial dans les antécédents de famille, mère nerveuse. Jamais de rhumatisme ni de syphilis.

En 1869, a eu une hémoptysie assez abondante (a rempli une grande tasse).

En 1870, le Dr D a constaté de l'expiration prolongée au

sommet droit.

En 1880, décembre, aurait eu une pustule charbonneuse à la face interne du poignet gauche. Connaissant quelqu'un qui était mort d'une affection de ce genre, il fut très inquiet pendant quelques jours. Cependant, à cette époque, il n'a eu ni tremblement ni palpitation,

Dans les premiers jours de mars 4 881, il va à un concert au Trocadéro dans un état de santé parfaite, et sans avoir éprouvé aucune émotion extraordinaire pendant le concert, il en sort atteint d*un ireaiblemenf géueralisé très intense.

A cette époque, on le soigna pour une hypertrophie cardiaque, on l'envoie à la campagne où il est pris pendant 45 jours d'une diarrhée incessante, à ce moment, 20 à 30 gouttes de teinture de digitale, et 2 grammes de bromure de potassium l'ont beaucoup soulagé, son tremblement a un peu diminué à partir de ce moment, ainsi que ses palpitations. Au début, il ne pouvait dormir, maintenant il dort bien, il a considérablement maigri depuis le début de sa maladie, au poiut d'être obligé de mettre sous son siège de la poudre d'amidon et un oreiller pour ne pas s'écorcher.

Etat au 8 août 4 882. — Tremblement généralisé agitant tout le corps, très perceptible lorsqu'on place la main sur la tète ou les épaules du malade et lorsqu'ou lui fait étendre les mains. Quand il a quitté sa chemise, on voit presque tous les muscles du tronc animés d'un tremblement analogue, on distingue très nettement les battements du cœur dans le 7e espace intercostal, deux côtes au-dessous du mamelon, en même temps il y a de violents battements derrière et au-dessous de l'appendice xyphoïde. Soulfle peu intense mais net à la pointe, au ier temps, il est plutôt un peu au-dessus de la pointe.

Pas d'hypertrophie du corps thyroïde ; mais les artères du cou vibrent violemment et avec le sthétoscope on y entend un souffle systolique net, le souftle se propage dans l'aorte et s'entend sur ie côté gauche de la colonne vertébrale.

Quant aux yeux, ils n'ontpas d'exophthalmie proprement dite mais ils sont peut-être un peu brillants et hagards.

Pouls 420.— Température rectale 37°,5. Les réflexes rotu- Mens sont extrêmement faibles et manquent presque.

Au sommet du poumon un peu de rudesse et de souffle à gauche; mais pas de lésions bien accentuées. 20 respirations par

minute. Depuis longtemps déjà il est sujet à de brusques diarrhées, il lui arrive quelquefois, après être allé le matin à la selle régulièrement, d'être pris quelques heures après de diarrhées sans colique, d'avoir alors trois ou quatre selles, puis cette diarrhée s'arrête non moins brusquement.

lia des sueurs très abondantes au moindre exercice; ces sueurs sont générales, le malade est presque toujours dans un état de moiteur accentué.

Le traitement prescrit consiste dans l'administration d'une infusion de 30 centigrammes de feuilles de digitale pendant quatre jours consécutifs, continuée ainsi par périodes de quatre jours en laissant deux ou trois jours de repos entre chaque période. Le 25 août, il y avait déjà une amélioration sensible, le malade dormait mieux, le tremblement était un peu moins intense. Le pouls n'était plus qu'à 4 05.

L'amélioration continua ainsi, lente, mais progressive, et le 2 janvier 1883, quand nous le revîmes, nous constatâmes que le tremblement était certainement bien moindre qu'au début et que pour le retrouver il fallait faire étendre les mains au malade* Il a d'ailleurs recommencé à travailler en octobre 1 882 et peut continuer son métier (bijoutier en chaîne), ce qui le gêne le plus, actuellement, ce n'estpasson tremblement, mais un certain trouble de la vision, une sorte de nuage qui l'oblige à se servir de verres convexes. Les yeux sont un peu gros, et tout le monde lui dit à l'atelier qu'ils sont plus saillants qu'auparavant.

A l'auscultation du cœur on ne retrouve pas le bruit de souffle constaté lors du premier examen, mais après chaque inspiration on entend un souffle qui est très certainement extracardiaque et qui doit provenir de l'action du cœur sur le poumon,

Pouls régulier 102.

Température buccale 37°,2.

Observation XI.

^Cette observation a été rédigée en partie d'après des notes qui nous ont été obligeamment communiquées par M. le Dr Ballet, chef de clinique de la Salpôlrière.)

Madame C..., 51 ans, couturière (février 1883).

Mère un peu nerveuse. Sœur nerveuse, pas de crises. Une cousine germaine aurait été opérée d'une tumeur pulsatile (anévrysme cirsoïde du front (?) opéré à l'hôpital Beaujon; il semble qu'on ait fait la ligation de la carotide au cou).

Fièvre typhoïde à l'âge de 9 ans, s'était parfaitement rétablie, a toujours été délicate, se fatiguant facilement. Bronchite aiguë il y a quatre ans, en même temps un peu de rhumatisme subaigu aux jointures des doigts.

Peut-être un peu de lithiase biliaire, quelques coliques sources du côté de la région hépatique,, un peu de subictère des conjonctives.

Il n'y a pas d'exophthalmie à proprement parler, mais les personnes de sa connaissance disent qu'elle a les yeux plus gros qu'auparavant, pas de signe de de Graefe.

A eu de grandes contrariétés. Pendant la Commune elle a eu une discussion terrible avec une voisine et depuis cette époque elle a toujours eu un peu d'émotivilé. Il y a six ans, tout d'un coup, sans la moindre raison, s'est sentie prise de palpitations. A ce moment déjà elle tremblait beaucoup et même beaucoup plus que maintenant, elle faisait trembler les personnes sur qui elle s'appuyait dans la rue, elle ne pouvait pas coudre du tout. Elle avait de terribles accès de palpitations, mais c'étaient des accès durant 42, 24 heures et cessant brusquement.

Maintenant, au contraire, ses palpitations sont continuelles, mais moins intenses que les accès dont nous venons de parler.

Legoître est très accusé, noduleux, occupant tous les lobes du corps thyroïde, ses mouvements d'expansion sont peu caractérisés, les battements communiqués sont assez forts; c'est vers l'âge de 22 à 23 ans qu'elle a constaté le début du goitre, elle n'avait pas à ce moment de palpitations d'une façon nette. Ce goitre était resté à peu près stationnaire, il ne s'est mis à aug-

menter rapidement que depuis 6 ans, au moment où survenaient ces palpitations.

Le pouls est très rapide (140 et plus) il est petit, dépressible, il semble irrégulier et l'est en effet.

Les battements du cœur sont très violents, la pointe bat dans le 6e espace intercostal et dans la ligne du mamelon. Les deux bruits systolique et diastolique sont tous deux soufflés, mais c'est un souffle bref, non pas prolongé. Les battements sont irréguliers et par séries de 3 ou 4 à peu prés réguliers, puis un retard et une nouvelle série de battements réguliers.

Cette irrégularité se retrouve très nettement sur les traces.

Tremblement des mains modéré, a été beaucoup plus intense il y a 6 ans. Jusqu'à cette époque, elle est restée pendant 3 mois sans travailler (couturière) et, actuellement, elle peut coudre mais elle va bien moins vite à coudre qu'auparavant, souvent aussi son écriture est un peu tremblée. Les jambes se mettent à trembler dès que, étant assise, elle se pose sur la pointe du pied. Sueurs très intenses sur le corps (poitrine et dos), sur le front mais non sur les mains ou les pieds, sensation de chaleur dans la journée et la nuit.

Elle a quelquefois de la diarrhée mais très souvent, le plus généralement, elle observe qu'elle est obligée d'aller à la garderobe 2, 3, 4 fois par jour sans que les selles soient liquides et sans éprouver de coliques.

Presque tous les jours elle a des accès de fringale très caractérisés mais pas une boulimie continuelle. Taches pigmentaires ressemblant à des éphélides mais un peu plus larges sur le côté droit du visage, (joue, apophyse orbitaire, front.) Presque toutes les fois qu'elle va se promener à la campagne, elle est prise de poussées d'urticaire généralisée pendant plusieurs jours et disparaissant dès qu'elle se remet en chemin de fer pour rentrer à Paris. La malade présente des quintes de toux fréquentes et prolongées, s'accompagnant seulement d'une bien légère expectoration, survenant souvent la nuit et lui rendant alors le sommeil impossible, 29 respirations par minute, rien dans les poumons. D'ailleurs, elle est sujette aux insomnies et a beaucoup de peine à s'endormir. Un peu d'oppression, surtout quand elle monte les escaliers. Souvent elle a une sensation d'angoisse très intense, générale, accompagnée d'augmentation des palpitations, mais sans que ce soit là de l'angine de poitrine à proprement parler.

A deux reprises différentes, il y a eu de l'œdème des membres inférieurs. — La première fois, il y a six ans, au moment des accès de palpitations; la seconde fois au mois de novembre 4 882; à cette époque même l'œdème remontait presque jusqu'à la ceinture ; dans l'intervalle de ces deux apparitions et depuis, l'œdème a toujours persisté au niveau des malléoles, surtout au niveau de la malléole gauche, mais peu accusé et s'exa gérant seulement un peu le soir.

Réflexes tendineux peu accentués, mais à peu près normaux.

Peut-être y a-t-il dans les urines une très légère quantité d'albumine?

Observation XII.

Madame S..., 45 ans, ancienne employée de commerce.

Son père est mort à 57 ans, d'apoplexie cérébrale.

Un oncle paternel, sans être absolument aliéné, avait des idées bizarres, et était généralement considéré comme un original, il était affecté de tremblement.

A été très délicate pendant la première enfance.

Pas de maladies graves. — A toujours été très nerveuse.

Depuis une douzaine d'années, elle est atteinte de crises commençant par des renvois et par un tremblement général assez analogue à celui du début des attaques épileptiformes. L'épigasire gonfle. La malade ne perd jamais connaissance, au contraire elle a dans ce moment une acuité intellectuelle plutôt exagérée. Ses bras se tordent un peu (pronation forcée). Elle se met à chanter de toutes ses forces des morceaux d'opéra, et elle s'interrompt pour causer avec les personnes qui l'entourent, tantôt elle rit et plaisante, tantôt se met à pleurer; arrache souvent alors ses vêtements et ses draps; elle a, paraît-il, pendant quelques-unes de ces crises tenté de se donner la mort.

Cette malade n'est pas mariée, mais vit avec le père de sa fille et attend avec impatience que des circonstances spéciales permettent de régulariser leur position, c'est là pour elle un souci constant.

Le début des accidents actuels remonte au 28 octobre 4 882. Quelqu'un lui ayant dit qu'il y avait dans Paris un très grand

nombre de cas de fièvre typhoïde, elle fut poursuivie de l'idée que sa fiîle pourrait en être atteinte, et eut une crise hyslériforme.

Elle exigea alors de son médecin une purgation (30 grammes de sulfate de magnésie) à la suite de laquelle elle eut pendant deux jours une diarrhée intense (12 ou 15 selles).

A partir de ce moment, son caractère s'assombrit; tout l'ennuyait,l'irritait; elle fut prisede palpitations et de tremblement.

Etat actuel. — Pas d'augmentation de volume du cou ; rien de spécial du côté des yeux.

Pouls mou, dépressible, semble quelquefois irrégulier, mais ces irrégularités ne se retrouvent pas sur les tracés, 4 02 pulsations.

L'impulsion cardiaque est assez forte; à l'auscultation, on n'entend pas de souffle à proprement parler, mais le premier bruit est un peu soufflé à la base; à la pointe, les deux bruits sont un peu rudes.

La malade a beaucoup de difficulté à s'endormir, son sommeil est presque toujours agité, quelquefois rêves érotiques, bien que le caractère dominant chez elle à l'état de veille soit plutôt la frigidité.

Les mains sont animées d'un tremblement assez fin mais très net, visible même lorsqu'elles sont placées sur les genoux de la malade, plus apparent encore lorsqu'elles sont tendues horizontalement.— De même, aux pieds, le tremblement est déjà constatable lorsque ceux-ci sont étendus, mais, de plus, lorsque les jambes sont fléchies et ne reposent que sur les orteils, on les voit immédiatement être animées de secousses rhythmiques très accusées.

Les mains sont toujours moites ; de plus, il se produit très souvent des sueurs sur les jambes ou l'épigastre*

Depuis le mois d'octobre, la malade a presque constamment la diarrhée, surtout depuis un mois; cette diarrhée s'accompagne assez souvent de coliques, les selles au nombre de 3, 4, 5, 6, sont vertes, bilieuses.

Pas de manifestations cutanées.

Accès de boulimie très prononcés et très fréquents.

Sur le côté gauche du cou, le long du bord postérieur du sterno-mastoïdien, lorsqu'on presse sur le trajet du paquet vascuio -nerveux carotidien, on détermine une douleur assez intense s'irradiant jusqu'à la région précordiale et que la malade

accuse très vivement. — A la suite de quelques-unes de ces tentatives de pression, survient à l'état d'ébauche ce que la malade appelle un de ses accès (hysteria minor).

Point ovarien double très net.

Pas d'anesthésie.

Champ visuel normal, pas de rétrécissement.

Le 6 février 1883, étant en promenade, elle sent ses jambes faiblir, elle ne peut plus marcher, on est obligé de la soutenir pour l'empêcher de tomber ; cela a duré une heure environ, puis elle a repris tout à fait l'usage de ses jambes. (Ces accidents sont survenus pendant une période menstruelle).

Observation XIII.

M. L..., horloger, âgé de 46 ans, habitant Clermont-Ferrand.

Ne connaît dans sa famille personne qui soit atteint d'une maladie nerveuse.

Bonne santé antérieure, a toujours été un peu nerveux. Pas de syphilis. Pas d'alcoolisme. A été réformé pour hypertrophie du cœur, avait des palpitations violentes à la moindre émotion.

Pas de chagrins violents.

Depuis quelque temps il était très occupé pour son commerce et notamment pour des travaux d'horlogerie et de bijouterie, toujours assez délicats; il était obligé de veiller très souvent, il sentait même que son œil droit était particulièrement fatigué.

A partir du 40 novembre 4 881, il fut pris d'insomnies qui durèrent environ quinze jours, en même temps il avait absolument perdu l'appétit, et dut rester dans cet état près de deux mois et demi dans son lit, étant trop faible pour se lever. Les médecins qui le soignaient lui disaient que pendant tout ce temps il avait la fièvre, mais on se borna à l'examen du pouls et jamais on ne fit usage du thermomètre, contre cette fièvre, il prit une assez grande quantité de sulfate de quinine, mais sans grand résultat.

Au même moment il éprouvait de violents battements de cœur avec cardialgie; jamais d'oppression.

Il remarqua aussi une sensation de chaleur tout à fait insupportable accompagnée de transpirations abondantes (était souvent obligé de changer quatre fois de chemise par jour).

Dès qu'il s'est mis au lit, il s'est aperçu de son tremblement; il tremblait dès qu'on ouvrait une porte, dès qu'on lui parlait, lorsque le médecin venait le visiter; il tremblait même lorsque tout était tranquille autour de lui; il a parfaitement remarqué que ce tremblement était général, et occupait toutes les parties de son corps. Depuis cette époque, il s'est trouvé tout à fait incapable de travailler, il ne pouvait plus faire aucun des travaux qu'il exécutait très bien auparavant.

En février, quand il a pu se lever, il est allé pendant un mois à la campagne, il s'est trouvé mieux, le sommeil est revenu ainsi que l'appétit.

Il a fait un autre séjour à la campagne pendant l'été et en a retiré un grand bénéfice, le tremblement et les palpitations avaient beaucoup diminué, mais lors de son voyage à Paris, ces deux symptômes ont repris beaucoup d'intensité.

11 y a 15 jours, il a été pris d'une faiblesse dans les jambes, telle que, s'il avait été à genoux, il n'aurait pu se relever seul ; puis cela a passé en quelques jours.

Pendant ses insomnies du début, il a usé sans grand bénéfice du chloral et du bromure de potassium.

*Etat actuel. — 11 n'y a pas de goitre, mais le cou est un peu gros, les battements carotidiens sont extrêmement intenses.

L'œil gauche est peut-être un peu plus gros, et sa femme le trouve plus saillant qu'auparavant.

Tous les muscles sont atteints de tremblements fibrillaircs fins et paraissent palpiter; lorsqu'on applique les mains sur les épaules du malade on sent son corps trembler, il semble qu'il est alfecté d'un frisson perpétuel. Les paupières tremblent aussi quand il les tient fermées, ainsi que la langue.

Les diarrhées sont beaucoup moins fréquentes et prolongées qu'au début, à cette époque, elles duraient quelquefois dix ou quinze jours, sans coliques, le malade a pris à plusieurs reprises du bismuth et des lavements pour les faire cesser.

Il éprouve fréquemment des fringales qui le mettent dans la nécessité de manger souvent.

Les impulsions cardiaques sont très violentes et ébranlent la cage thoracique, il y a un léger souffle systolique dont le maximum se trouve dans la région de la pointe.

Le pouls assez faible, est presque toujours à 120.

Pas de toux. 21 respirations par minute.

Rien de spécial du côté de la peau.

Sensation de chaleur très désagréable quand le malade se couche, durant environ une heure, les sueurs existent encore, mais moins intenses qu'au début. Température normale.

Réflexes tendineux très augmentés aux membres supérieurs, plutôt diminués aux membres inférieurs.

Observation XIV.

M. C..., 28 ans, employé d'administration (décembre 4882). Mère très nerveuse, mais pas d'attaques, fortes migraines. Père aurait eu des rhumatismes.

Ciiez les grand-parents, les oncles, tantes et cousins, il ne connaît pas d'affection nerveuse.

Sœur très nerveuse pleurant à la moindre contrariété, luimême très nerveux.

Fièvre typhoïde pendant son enfance (5 ans environ) qui semble n'avoir pas spécialement affecté son système nerveux.

Ii y a 17 ans, a fait une chute d'un mètre de hauteur sur tlu bitume, l'occiput a porté, est resté couché pendant plusieurs semaines seulement à cause de la sensibilité de la tête, pas de paralysies ni de vertiges.

En 4876, a eu un point de côté à gauche; soigné pour une pleurésie par un homceopathe, pour une pleurodynie par un allopathe.

A cette époque, n'avait pas remarqué de palpitations.

En 4 877, soigné par le M. Dr D , avait des palpitations, a

pris 20 gouttes de teinture de digitale, n'avait pas de tremblements.

Bronchites de médiocre intensité au commencement des hivers.

Jamais de rhumatismes articulaires.

Pas d'accidents vénériens.

Vers le mois de juillet 4 881 , a eu de fortes contrariétés, mariage manqué.

A eu aussi des inquiétudes et un peu de surmenage intellectuel pour des examens de droit qu'il a passés en novembre 4882. Mais ces inquiétudes n'ont existé qu'à partir dn 4cr octobre, actuellement a encore des préoccupations de mariage.

Il a toujours eu des battements de cœur assez forts. Cependant, il semble que ces palpitations ont débuté à peu près dans le même temps qu'il s'apercevait de son tremblement.

Vers le mois de juillet 1882, s'estaperçu qu'en écrivantpour son bureau il tremblait un peu et cela rien que pour les écritures du bureau, son chef de bureau tenant beaucoup à ce que les écritures soient très soignées, il avait peurt'de mal faire, tandis qu'en écrivant ses lettres il ne tremblait pas; à cette époque, les palpitations n'étaient pas non plus très fortes.

Puis, c'est allé en diminuant jusqu'à ce que survinssent les émotions pour l'examen au 1er octobre, alors palpitations et tremblements commencèrent à augmenter jusqu'à maintenant.

Etat actuel. Taille moyenne, plutôt un peu maigre. Coloration normale delà face. Le thorax est allongé dans le sens vertical, peu développé transversalement, mais tout cela est relatif.

Pas d'exophthalmie ni de troubles de la vue, pupilles égales, normales, réagissant bien,

Pas de gonflement du corps thyroïde ; peu de battements des vaisseaux du cou.

Le tremblement existe constamment, tout en étant peu marqué à l'état ordinaire, mais augmente au moment des émotions et lorsque son chef de bureau lui fait écrire quelque chose.

Il semble que ce tremblement n'est pas généralisé et n'existe que dans les mains, — avec prédominance dans la main droite.

Tremblement très fin allant de la face palmaire à la face dorsale.

Le cœur bat à cinq ou six centimètres au-dessous du mamelon et semble notablement abaissé; la pointe donne un choc assez violent et soulève l'espace intercostal sur un espace un peu plus large qu'une pièce de 5 francs.

A l'auscultation, les bruits du cœur sont un peu sourds ; il semble y avoir un peu de souffle au premier temps et à la base, mais ce souffle pourrait bien être dû à un bruit extracardiaque, le poumon recouvrant presque toute la face antérieure du cœur et la respiration étant un peu rude et saccadée. — N'a jamais craché le sang.

Pas de diarrhée.

Sueurs peu abondantes.

Pas de bourdonnements dans les oreilles.

Assez souvent, toux quinteuse, très sèche, sans expectoration ; vingt-huit respirations par minute.

Réflexes tendineux un peu exagérés aux membres intérieurs et aux coudes; pas de phénomènes du pied. Température buccale, 36°,7.

41 janvier 1883. — Pouls : 92. Le tremblement, qui avait presque disparu par 1 gramme de bromure de potassium, vient de reprendre ; le malade, craignant de n'avoir pas iini à temps un travail, s'est senti ému et a recommencé à trembler. Rien dans les urines. Une fois déshabillé, pas de trémulations de muscles. Une plaque de pityriasis versicolor sur la fesse gauche ; une autre au niveau du bord droit du sternum.

Observation XV. -\

M,ne P..., 76 ans, couturière (décembre 1882).

Père très violent, très irascible, mort presque subitement à la suite d'une forte colère, à l'âge de soixante ans ; semble avoir été goutteux.

Pas de renseignements sur les oncles, les tantes, les frères ni les sœurs.

Sur ses dix enfants, la plupart sont morts en bas âge; elle a une fille qui est morte à cinquante-deux ans, aliénée et placée dans un asile.

Elle-même a toujours été très nerveuse, mais sans avoir présenté de véritables attaques de nerfs.

Elle a éprouvé dans son existence de violents chagrins.

La malade ne peut dire au juste depuis quand elle a son tremblement ; d'ailleurs, sa mémoire diminue un peu depuis quelque temps.

Mme P„.. semble beaucoup moins âgée qu'elle ne l'est réellement et paraît être assez valide.

Pas de goitre.

Pas d'exophthalmie.

La malade se plaint surtout de palpitations presque continuelles; les battements du cœur sont assez intenses; pas de souffle ; pas d'hypertrophie cardiaque.

Le pouls assez dépressible est régulier, il varie entre 90 et 420, jamais nous ne l'avons trouvé inférieur à 90 quoique nous

l'ayons compté à plusieurs reprises et alors .que la malade était assise et tranquille depuis longtemps déjà.

Le tremblement est assez marqué aux membres supérieurs, nous ne l'avons pas constaté aux membres inférieurs; c'était un tremblement fin, nullement semblable au tremblement sénile, et présentant sur les tracés tous les caractères propres au tremblement de la maladie de Basedow.

Depuis une quinzaine d'années, la malade est en proie à des insomnies persistantes, devenant plus intenses par accès.

Sensation de chaleur subjective l'obligeant quelquefois à enlever ses vêtements. Température buccale 37°,2.

Pas de diarrhées, il y aurait plutôt une certaine tendance à la constipation.

Eczéma du conduit auditif externe empiétant sur la joue des deux côiés.

Observation XVI (Résumée).

Note sur un cas singulier de goitre exophthalmique par M. FÉRBOL. (Soc. Méd. des Hôp. 13 Nov. 1874).

Goitre; développement du corps thyroïde surtout à droite. Exophtalmie. Palpitations.

En janvier \ 874 (5 mois après que le goitre t ût été i emarquè) le malade fut pris sans ictus apoplectique d'une violente céphalée avec vertiges, titubation, tremblement, défaut de coordination dans les mouvements, propulsion irrésistible vers la droite, et diminution de la force musculaire dans tout le côté droit; il avait de la diplopie dans certaines positions des yeuxil éprouvait des sensations de froid et de chaleur inégalement distribuées à la surface du tégument; parfois il lui semblait que la moitié droite de sa figure était en feu; et s'il buvait dans ces moments, le verre lui semblait brûlant dans la partie qui était en contact avec la moitié droite de la bouche.

Du reste, jamais de douleurs dans les membres, et notamment jamais de douleurs fulgurantes; mais une dysurie assez marquée.

En Juin 4874, ont apparu des vomissements répétés, tantôt alimentaires, tantôt bilieux qui ont duré jusqu'en Août et dont le malade rend responsable l'usage de la digitale.

Il y a du tremblement général, très remarqué dans le repos, et s'exagérant légèrement dans les mouvements; on constate aussi du tremblement fibrillaire dans lesmuscles des 4 membres, mais point à la ligure ni dans la langue.

Il y a hyperalgésie très marquée dans tout le côté droit du corps, et de ce même côté diminution de la sensibilité thermique ; exagération très prononcée de la sensibilité cutanée réflexe des deux côtés, mais principalement à droite.

M. Féréol se demande si les symptômes « d'ataxie cardiovasculaire et les symptômes de parésie sont dus à deux maladies juxtaposées chez le même sujet. Existe-t-il une cachexie exophthalmique, et, à côté, une lésion des centres nerveux? Ces deux maladies sont-elles indépendantes l'une de l'autre? Ou bien sont-elles liées entre elles à titre de maladie initiale et de complication? et, dans ce cas, quelle est la maladie qui joue le rôle de complication?

Au contraire, les deux ordres de symptômes, ataxie vasculaire et parésie, sont-ils sons la dépendance d'une même cause? Et dans ce cas la cachexie exophthalmique a-t-elle entraîné des lésions dans les centres nerveux? Ou bien s'agit-il d'une lésion primitive des centres nerveux qui, entre autres symptômes, produirait la cachexie exophthalmique?

Enfin, s'il existe une lésion des centres nerveux, quel est le siège de celte lésion? Est-ce la moelle, le bulbe, le cervelet, la protubérance? Faut-il admettre des lésions muitiples et disséminées? De quelle nature sont ces lésions? Faut-il les rapprocher de l'ordre des tumeurs, des ramollissements, des dilatations anévrysmatiques ou des scléroses ? »

M. Beaumeiz serait porté à rapporter la diplopie, le tremblement, l'incoordination, les vomissements, à une affection médullaire, à une sclérose en plaques, par exemple, que l'on pourrait rattacher avec le syndrome de Basedow, à un même trouble du grand sympathique.

M. Féréol. Je ne vois pas qu'il puisse être question ici d'une ataxie vraie Qu'une autre affeciion double le goitre exophthalmique chez notre malade, cela est possible. Ce n'est pas, en tout cas, une affection du cerveau, ni du cervelet, rien ne peut y faire songer; ce sera si l'on veut une affection de la moelle.

mais alors une affection secondaire, par action réflexe peutêtre. Je crois pouvoir me résumer en disant que la cachexie exophihalmique a produit secondairement, selon moi, des désordres dans la nutrition de la moelle.

Dans une communication plus récente (Soc. Me'd. des Hôp., 8 janvier 1875), M. Féréol informe la Société que son malade a quiité la maison de santé à peu près dans l'état où il y était entré. Le tremblement a cependant notablement diminué; la parère du côté droit a persisté.

Quant à ce qui est d'une lésion du cerveau, bien loin de la nier, l'auteur pense au contraire qu'elle existe, et s'inscrit en faux contre l'idée contraire qui lui a été prêtée dans certains comptes rendus.

M. Féréol se demande si on a affaire à une lésion en foyer, à une dilatation anévrysmatique au niveau du sillon intermédiaire du bulbe et de la protubérance (sixième paire) ou au niveau des tubercules quadrijumeaux (quatrième paire), ou bien à une sclérose en plaques, à cause du tremblement et des troubles de la sensibilité.

« En dernière analyse, dit-il, c'est donc entre ces deux hypothèses que je circonscris le diagnostic: ou bien une cachexie exophihalmique ayant déterminé dans le voisinage de la protubérance et du bulbe, et ailleurs encore dans le cerveau, des lésions (sclérose ou dilatations anévrysmales) qui causent secondairement les phénomènes paralytiques, ou bien une lésion Diimiiive du cerveau siégeant aux mêmes points et produisant, outre les phénomènes paralytiques, le complexus morbide de la maladie de Graves. »

Observation X.VII (Résumée).

Observation d'une malade présentée par M. Delasiauve {Soc. Méd. des Hôp. — 27 nov. 1874).

Femme de 26 ans, réglée seulement à 20 ans et très rarement depuis. Vie aventureuse. Caractère difficile. Après avoir passé par plusieurs hôpitaux, elle est envoyée à la Salpêtrière par la Préfecture de police.

Goitre. Exophthalraie. Palpitations.

« Crises convulsives fréquentes (accès et vertiges), d'abord *0, puis seulement 3 par mois en moyenne, pendant lesquelles elle se fait des plaies à la face et des morsures à la langue; souvent l'esprit perd son équilibre, elle subit d'étranges fascinations, et est dominée par des impulsions dont on redoute les conséquences.

« A cela s'est joint un ébranlement émotif tout particulier, physique et moral à la fois; la physionomie estégarée, anxieuse, tré mutante ;\oul le corps participe à ce petit tremblement, sensible surtout aux extrémités supérieures, et s'txagérant aux moindres contrariétés. L'attitude et la marche dénotent un équilibre douteux. Le pouls, enfin, s'accélère facilement; par moments, la malade sufloque, elle se plaint de palpitations. L'oreille perçoit des battements assez forts et un faible bruit de soulfle.

« Quant au moral, son mouvement choréique, si je puis ainsi dire, va à l'unisson. Les jours de calme parfait sont rares. A part de temps à autre des visions sinistres, des idées de mort et de ruine, l'apparition de spectres hideux, elle se nourrit d'inquiétudes, d'alarmes, de présages fâcheux ; elle se croit en butte à la malveillance et à l'insulte. Un mot insignifiant la bouleverse; elle récrimine, pleure, exhale ses plaintes avec amertume, et incline aux déterminations extrêmes. »

La malade présentait de plus des plaques de vitiligo sur les parties de la peau soumises à différentes pressions.

Observation XVlll ^Résumée).

Chvostek. — Weitere Beitrœge zùr Pathologie und Thérapie der Bas, dow schen Krankheit. {Wiener med. Presse,W0, n°* 38, 39, 40, 42 )

Lieutenant de 23 ans. — Père, maladie de cœur, mort avec hémiplégie et aphasie et gangrène d'une jambe; mère un peu nerveuse. — Attrape la vérole en février 4874. En a«ril roséole. Traitement mercuriel efficace. Le 20 janvier 1875 fort excès alcoolique a la suite duquel le « kalzenjammer , mal aux cheveux » ne disparaît pas, il reste abattu et les yeux fixes. Le

1" février, palpitations, puis amaigrissement, fatigue générale, vomissements fréquents, pouls 110-120. Les yeux deviennent saillants, battements aVs vaisseaux du cou, légère augmentation du corps thyroïde. Tremblement des extrémités supérieures et inférieures a la moindre excitation, ainsi que des muscles de la face. — Traitement par courants galvaniques sur le sympathique cervical et la colonne vertébrale, amélioration considérable. — L'iodure de potassium détermina chez lui un accès de cardialgie atroce avec vomissements dans lesquels se trouvaient des taches de sang.

Observation XIX (Résumée).

Chvostek (Loc. cit., p. 907.)

Lieutenant de 22 ans, syphilitique (psoriasis palmaire et ulcérations dans la gorge). Pendant le traitement par Viodure de potassium, s'aperçoit qu'un léger goitre qu'il avait précédemment augmentait très rapidement ; en même temps, sensation de tension dans les yeux, sueurs intenses et palpitations. Excitabilité psychique développée, et, à la moindre excitation, tremblement des mains et des pieds; proéminence des yeux.

Le malade dil qu'il n'y a pas de maladies nerveuses dans sa famille, et que, dans les derniers temps avant sa maladie, il n'a été exposé à aucune émotion extraordinaire. La galvanisation a amené une amélioration considérable.

Chvostek se demande si, dans ces deux cas, il faut attribuer la maladie de Basedow directement à la syphilis, ou si celte dernière n'amène pas la maladie de Basedow par la dépression qu'elle exerce sur l'organisme, devenu ainsi moins apte à résister aux influences morbides ; en faveur de cette dernière opinion, il fait remarquer que le goitre s'est développé pendant le traitement spécifique, que la maladie de Basedow a rétrocédé sous l'influence de la galvanisation, tandis que la syphilis restait au même point.

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