OBSERVATIONS
Mettant en pratique le résultat des recherches énumérées précédemment et de nos tentatives, nous avons traité un grand nombre de chiens et quelques chats atteints d’otite. Nous rapporterons
* ici quelques cas qui nous ont paru dignes d'intérêt.
Obs. I.— Chien berger Belge; environ 4 ans, poils longs, plutôt mal entretenu.
Ce chien est présenté parce qu’il secoue continuellement les oreilles, présente de ce côté une grande sensibilité et un écoulement,
Il a été soigné successivement au moyen d’injections d’une solution de permanganate de potasse, puis avec de la glycérine iodée. .
Aucune amélioration ne s’est produite. -
A l'examen, on constate que l'oreille externe est épaissie, rouge, que le conduit auriculaire est lui-même très enflammé et sécrète un liquide rouge jaunâtre, nauséabond.
L’affection remonte à environ un an. Nous conseillons de procéder au curettage de l'oreille. Leclient refusecette intervention êt nous demande de lui indiquer un traitement. :
‘Nous prescrivons de faire un nettoyage profond avec un tampon à de ouate imbibée d’une solution formolée, puis de mettre dans. chacune des oreilles de l’acide borique pulvérisé, mélangé avec du
tanin,
qu’une récidive se soit produite.
Pepe
Le malade est revu 15 jours après. Une amélioration s’est manifestée, mais une certaine sensibilité subsiste, et le propriétaire cette fois, se rendant compte que les traitements médicaux sont insuffisants, accepte l'opération du curettage.
Cette opération terminée, le pansement fait comme il a été dit,
l'animal est rendu à son propriétaire, et il revient au pansement
quatre jours après.
La sensibilité est très atténuée; le chien ne secoue presque plus
les oreilles, les sécrétions purulentes sont beaucoup moins abondan-
Les jours suivants, l'oreille est nettoyée et bourrée de poudre
comme au début.
Un mois après, la cicatrisation était complète et l'oreille était
.redevenue normale.
Nous avons revu bien souvent ce chien; nous ne pensons pas
Obs. II. — Jeune chien de chasse braque ayant fait la maladie du jeune âge, avec complications diverses et notamment de l’otite. Il a été très bien soigné par un vétérinaire d’un département voisin, mais il est resté avec des écoulements purulents; il secoue les
oreilles continuellement, à tel point que tous les efforts faits pour
«son dressage ont fort peu réussi, parce que lanimal est surtout
‘préoccupé par la douleur qu’il ressent.
Avec l'autorisation du pare nous ie
et à un a lloiieee Huit jours après, la sécrétion est moins abon-
dante, la souffrance est atténuée, mais le chien est toujours attentif
à son affection et se prête mal à toutes les opérations du dressage.
Pendant 15 jours l'animal est pansé comme nous l'avons indiqué pour le cas précédent. Evidemment la situation s'améliore, mais très lentement, et comme la chasse va s'ouvrir, le propriétaire insiste pour que nous procédions à une nouvelle intervention.
Nous opérons alors un curettage énergique, puis un pansement. Ce pansement est enlevé au bout de 48 heures. Rien d’anormal. Quelques caillots de sang qui existent dans la profondeur y sont laissés; le pansement ordinaire est -pratiqué.
Pendant 3 ou 4 jours l'animal parut souffrir, mais ne secouait plus ou presque plus les oreilles.
Les jours suivants, injections d'air chaud dans le conduit, pansemerts ordinaires.
12 jours après, la guérison était complète.
Obs. III. — Chienne épagneul 13 ans, eczémateuse depuis de longues années et présentant des symtômes graves de catarrhe auriculaire. Elle a été soignée depuis 4 ans par tous les procédés classiques. Il y a eu, à la suite, des améliorations non durables.
La muqueuse est très épaisse, elle présente des altérations:graves, des végétations, des déformations. Une odeur repoussante s’exhale malgré les soins de propreté journaliers.
Nous pratiquons un curettage sérieux, qui donne du pus, des débris de muqueuses, des poils agglomérés avec des sécrétions, etc. * L’hémorragie est peu abondante et cesse avec un tamponnement d’eau oxygénée. |
L’oreille et tous ses replis sontméticuleusement nettoyés et cau- : térisés avec de la teinture d’iode. |
On applique ensuite des pansements internes et. externes avec de l’ouate et des compresses stérilisées: Ces pansements sont enlevés le 3% jour; il existe un peu de pus, :
PA NE 2 Nouveau curettage, nouvelle cautérisation et pansement interne avec de l'acide borique pulvérisé et de l’ouate.
Le 9 jour, l'amélioration est déjà très sensible, pendant un mois
les pansements sont faits chaque jour d’abord, puis chaque deux
jours.
Au bout de 5 semaines, la cicatrisation était complète, et, chose assez curieuse la chienne avait recouvré une sensible partie desa
réceptivité auditive.
Nous revoyons cette chienne assez fréquemment, l'opération
remonte à une année environ. Elle n’a plus présenté de symptômes
alarmants du côté de ses oreilles, mais il est nécessaire de la surveil-
ler car elle a gardé sa sensibilité spéciale de la peau et présente toujours des éruptions eczémateuses.
Il est bon d'ajouter que presque journellement ses oreilles sont nettoyées et désinfectées, et que deux ou trois fois par semaine è on y introduit la poudre d’acide borique et tanin (ââ).
: Nous faisons prendre cette précaution, non seulement à tous les
animaux opérés, mais encore pour tous les animaux présentés.
Nous pensons que s’il n’existe pas de récidive chez les premiers, Le c'est grâce à cette disposition, et que, pour les mêmes raisons, les
seconds paraissent à l’abri des otites.
Obs. IV. — Chien ratier, taille moyenne sans race définie, âgé
d'environ 3 ans.
Ce chien est atteint decatarrhe auriculaire depuis plusieurs mois 1/4: avec poussées aiguës intermittentes.
| Il a été surtout traité par des applications de glycérine iodée, Les résultats n’ont pas été appréciables.