DIAGNOSTIC — PRONOSTIC
Diagnostic clinique.
Au point de vue clinique, les signes du diastasis se confondent le plus souvent avec les signes de la fractures associée. Dans le cas de diastasis important, nous pourrons constater :
19 Un élargissement de la mortaise tibio-péronière qui se traduit par une augmentation de largeur du cou-de-pied dans le sens transversal;
20 Une douleur exquise à la palpation, au niveau de l’interligne tibio-péronier inférieur ;
39 Le ballottement astragalien qui est la conséquence de l'élargissement de la mortaise tibio-péronière. Pour rechercher ce ballottement astragalien, il faut obtenir le relâchement musculaire complet; pour cela, la jambe doit être demifléchie. On la fixe d’une main et de l’autre on imprime au talon des mouvements de latéralité et de rotation en dedans et en dehors; l’astragale ainsi déplacée va buter contre les malléoles en produisant le choc astragalien.
Mais dans les cas plus légers de diastasis, ces signes sont absents ou d'interprétation difficile. Le diagnostic de certitude ne pourra se faire par la seule clinique et exigera la radiographie. D'ailleurs, on aura recours à cet examen radiographique de face et de profil dans tous les traumatismes sérieux du cou-de-pied. L'examen radiographique est le seul moyen certain de diagnostic (Quénu).
Nous ajouterons que, seule, la radiographie permet de
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définir d’une facon précise le diastasis, d’en évaluer le degré et de le chiffrer pour établir des comparaisons utiles , comme par exemple, avec le test de Merle d’Aubigné.
Pronostic.
Le diastasis tibio-péronier est une complication redoutable des fractures du cou-de-pied.
Il est curieux de rappeler l’opinion de Desault sur le diastasis : («Le diastasis des os de la jambe à leur partie inférieure, n'est pas une très fâcheuse complication des luxations du pied. »
L’optimisme n’est plus de mise dans les cas de diastasis. Comme l’a bien démontré Quénu, le pronostic d’une fracture avec diastasis doit être réservé
Le diastasis est souvent à l’origine des irréductibilités de fractures, soit qu’il n’ait pas été reconnu, soit que les moyens de réduction s'avèrent insuffisants, soit qu'il y ait interposition d’esquilles ou même de ligaments entre les parties osseuses disjointes.
Dans le diastasis, il y a une déviation de l’axe de sustentation, cet axe est dévié du côté interne de l’astragale alors que, normalement, il passe au centre de cet os. Alors, lorsque le blessé continue à marcher avec son diastasis méconnu ou insuffisamment réduit, le poids du corps appuie sur l’astragale déviée et augmente son mouvement de bascule du côté externe (déviation secondaire du pied en valgus); de là résultent des troubles de la statique et de la marche, qui tendent toujours à s’accentuer. Il se produit de petites entorses récidivantes qui, par leur répétition, font du blessé un véritable infirme, créant douleurs articulaires, arthrite traumatique du cou-de-pied, et allant même jusqu’à l’ankylose tibio-tarsienne,
Ces complications évidentes pour les diastasis importants, peuvent exister, quoique moins marquées dans les diastasis légers, et Merle d’Aubigné y a beaucoup insisté.
Nous avons observé à plusieurs HnAEGe des diastasis persistants assez importants, allant jusqu’à la séparation complète entre tibia et péroné, comme dans l'observation XXV du
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docteur Magendie, avec un résultat fonctionnel très satisfaisant et une absence totale de troubles trophiques, œdèmes, etc. Il est vrai que, dans ces cas, les blessés avaient marché très Lôt et c’est sans doute cette mobilisation précoce qui fut à l’origine du bon résultat observé.
Dans la règle, la loi générale de toutes les fractures articulaires et para-articulaires, s'applique à Particulation du cou-depied : le résultat fonctionnel est d'autant meilleur que la réduction anatomique est plus parfaite, comme notre maître le professeur Rocher y insiste dans son enseignement.
Le pronostic dépend donc de la perfection de la réduction.