C. Ferry
l’indolence relative et surtout le grand nombre de blennorragies latentes rendent particulièrement difficile un diagnostic causal rétrospectif dans un grand nombre de cas.
Les 2 cas que nous avons examinés présentent um certain intérêt, car ils s’éloignent par certains points de la forme classique. Tout d’abord nous n’avons retrouvé aucune déformation spéciale, ni doigts en radis, ni synovites tendineuses, ni points douloureux particuliers. Mais ceci n’est point pour nous étonner, car les auteurs qui ont décrit ces formes spéciales non seulement ne les donnent point comme constantes, mais les placent au début de l’évolution. Comme pour les autres formes de polyarthrite déformante, l’aspect clinique des arthrites à la période d’état ne permet pas de poser le diagnostic. étiologique. |
Dans le premier cas, le rhumatisme chronique a fait son apparition pendant la première blennorragie, ce qui n'est pas la règle. La première manifestation articulaire est une hydarthose du genou abondante, peu douloureuse. Puis surviennent des crises douloureuses et enfin des déformations qui gagnent toutes les articulations. Ces déformations sont très accentuées, le malade est un véritable infirme complètement soudé et rataliné sur lui-même. La colonne vertébrale est prise dans toute sa longueur, La tête et le sternum sont déviés à droite. Les troubles trophiques sont très accentués.
Dans le second cas,le début a lieu après une
chaudepisse récidivée. Les douleurs débutent parles pieds et gagnent ensuite toutes les articulations.
Là encore la colonne vertébrale est prise, les mouvements de la tête sont limités, les troubles trophiques et l’atrophie musculaire sont très accentués. Le malade a présenté des accidents hépatiques et on note des signes de tuberculose pulmonaire qui est vraisemblablement postéricure au début de l’affection.
Dans les deux cas, les sterno-claviculaires furent envahies ; les auteurs indiquent presque tous l’envahissement des petites articulations, principalement des sterno-claviculaires et des temporo-maxillaires comme devant faire penser au rhumatisme blennorragique. Pour cette dernière articulation son envahissement n’a pas grande valeur au point de vue diagnostic, car, alors que ces deux malades en ont peu ou pas présenté au point de ne pas en avoir gardé le souvenir ; nous avons relevé, d'autre part, l’arthrite temporo-maxillaire parfois avec limitation accentuée des mouvements dans 9 cas d’ordre divers. C’est, au contraire, dans ces deux seuls cas que nous avons noté la prise des sterno-claviculaires.
Par leur intensité, leur généralisation et l’importance des troubles trophiques et de l’atrophie musculaire, ces cas se rapprochent de ceux décrits par Klippel et Math. Weil dans un article récent sur les formes amyotrophiques du rhumatisme chronique.
Signalons toutefois ce fait que de nombreux
auteurs, ont signalé une tendance du rhumatisme blennorragique aux résolutions ou tout au moins aux améliorations, même dans certains cas de polyarthriles chroniques. Cette tendance à la résolution serait encore plus visible sous l'influence de certains agents thérapeutiques, et en particulier des émanations radifères.