‹ Contribution à l'Étude Étiologique du Rhumatisme Chronique Déformant (à forme polyarthiculaire)Chapitre 23 sur 81 · INFECTIONS DIVERSES. - CANCER · texte numérisé non relu

INFECTIONS DIVERSES. - CANCER

Comme nous l'avons dit, la blennorragie, la tuberculose et le rhumatisme articulaire aigu ne sont pas les seules infections capables de donner naissance au rhumatisme chronique. De nombreuses observations ont montré que la polyarthrite déformante pouvait être due aux causes les plus diverses, et il est à présumer que dans l’avenir on en trouvera encore de

nouvelles.

A. — Fièvres éruptives

C’est surtout la scarlatine qui, parmi les diverses fièvres éruptives, a fourni des observations de polyarthrite déformante,et c’est avec la forme gonococcique, une des premières qui fut différenciée par les auteurs, On connaît la fréquence relative des manifestations articulaires au cours de la scarlatine et le degré d’acuité et de généralisation que peut atteindre la

polyarthrite aiguë scarlatineuse. C’est à ces attaques aiguës, quelquefois aux formes subaiguës, qu'ont succédé en général les polyarthrites déformantes scarlatineuses qui ont servi de type de description. Citons à ce sujet les observations de Richardière, de Diamantberger et de Péron, la thèse de Dauban. Plus discutables et moins démonstratifs sont les cas ‘où, dans les antécédents éloignés du malade, on relève la scarlatine. En l'absence de réactions spécifiques propres à l’agent scarlatineux, dans l'ignorance où nous sommes de cet agent lui-même, et vu la fréquence de l'affection, on ne peut que discuter des possibilités qui nous semblent d’ailleurs peu probables. Ces cas sont les seuls que nous possédions dans nos observations ; nous n’en avons pas tenu compile de même d’ailleurs que pour les autres fièvres éruptives.

Nous ne sachons pas que l’on ait signalé de cas de polyarthrite déformante consécutive à la rougeole, à la varicelle et à la variole.

Récemment, Lagriffoul et Roger (de Montpellier) ont signalé un cas de rhumatisme chronique déformant consécutif à une fièvre de Malte. 11 s'agissait d’une femme de quarante ans, présentant depuis trois ans des douleurs ayant amené des déformations et qui avaient succédé à une affection aiguë fébrile alors indéterminée, et dont le diagnostic rétrospectif fut fait par la séro-réaction de Wright qui fut nettement positive. On savait déjà d’ailleurs que le micrococcus melitensis était capable. de produire

des arthralgies et arthrites aiguës,et les observations nombreuses auxquelles a donné lieu une épidémie récente ont montré la fréquence de ces accidents. Gillot (d'Alger) avait en outre déjà publié sous le nom de pseudo-coxalgie méditerranéenne, un cas d’arthrite subaiguë de la hanche dû à la même cause et qui fut suivi de guérison.

Nous rapprocherons de ces faits le rhumatisme chronique dû à la fièvre typhoïde dont nous publions plus loin l'observation (obs. [). Il s’agit d’un homme qui, à cinquante-cinq ans, contracte la typhoïde et présente, pendant le troisième septenaire, une crise de polyarthrite aiguë généralisée avec déformations accentuées rapides. Par la suite, déformations et ankyloses se sont atténuées et ont presque disparu, sauf aux mains où on trouve à la fois des épaississements osseux et des rétractions fibreuses accen-

tuées.

B. — Autres maladies infectieuses

D’autres infections générales ont élé signalées comme causes de polyarthrites déformantes.Barjon, dans sa thèse, publie un cas d’origine diphtérique, Souques admet la possibilité de l’origine dysenterique Barbe a publié un cas ayant succédé aux oreillons.

Diverses infections locales ont aussi été signalées parmi les causes de rhumatisme chronique. Les infections pharyngées y tiennent la première place.

og C’est ainsi que Gallois cite 2 cas de rhumatisme déformant ayant succédé à des rhino-pharyngites chroniques suppurées, et Chanin 2 cas consécutifs à des angines à levure. L’érysipèle a été signalé comme cause initiale par Charcot et Trousseau.

Les affections des organes génito-urinaires de la femme, métrites, salpingites, infection puerpérale ont aussi été signalées à maintes reprises.notamment par Charcot, Besnier, Lorrain. Il convient toutefois de remarquer qu’un certain nombre de ces cas (dysménorrhée, etc.) ontété mis sur le compte des dystrophies glandulaires, en particulier de l'insuffisance ovarienne, alors qu’un grand nombre d’autres cas plus nettement infectieux semblent devoir se rattacher à la blennorragie si fréquente chez la femme dans ses formes chroniques. Il n’en reste pas moins vrai que les autres infections de l’appareil utéroannexiel, el notamment l'infection puerpérale, sont capables de jouer un rôle. Dans une de nos observations (obs. XX VIIT,le début brusque et fébrile eut lieu quelque temps après une fausse couche.

Le paludisme a aussi été soupçonné de jouer un rôle dans l’éclosion des polyarthrites chroniques. Nous l'avons retrouvé comme antécédent chez deux de nos malades (obs. VI et XXV). Dans le premier cas, le rhumatisme chronique semble être dû au rhumatisme articulaire aigu, dans le second cas, le paludisme est le seul antécédent morbide ; cependant, une période de plusieurs années sépare les derniers accès paludéens des premiers accès douloureux qui marquèrent

le début de la maladie. 11 y a donc possibilité de relation entre les deux affections,mais non certitude,

Page 1