‹ Contribution à l'Étude Étiologique du Rhumatisme Chronique Déformant (à forme polyarthiculaire)Chapitre 32 sur 81 · C. Ferry G · texte numérisé non relu

C. Ferry G

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tenu et envisagé comme une prédisposition héréditaire ou acquise à certaines maladies.

Nous resterons à ce sujet strictement sur le terrain clinique, aussi nous ne donnerons qu’un aperçu des théories proposées pour expliquer larthritisme, elles sont très nombreuses. Pour Hanot et Cazalis il s’agit d’une viciation héréditaire du tissu conjonctif qui présente une vulnérabilité plus grande et une tendance à l’hyperplasie et à la production des tissus scléreux. Pour Bouchard c’est un ralentissement de la nutrition, Pour Dyce Duckwort et Lancereaux il s’agit de névrose héréditaire avec participation du système nerveux central et sympathique. Pour certains il s’agit du disfonctionnement synergique et simultané des glandes vasculaires sanguines. Pour Guyot c’est une infection chronique d’origine buccopharyngée. Pour Gilbert et Lereboullet, d’une prédisposition à lauto-infection, principalement d’origine intestinale.

En somme, sous les théories une chose demeure appuyée sur un ensemble de faits cliniques indiscutables. L’arthritisme peut être considéré comme une prédisposition, acquise quelquefois, le plus souvent héréditaire et familiale à présenter certaines maladies dont nous ignorons encore la nature (diabète, cancer, etc.) et à réagir d’une façon spéciale ou élective à certaines infections et intoxications.

Ainsi envisagé l’arthritisme a des rapports incon-testables avec le rhumatisme chronique déformant et c’est fréquemment que l’on retrouve des antécé-

dents héréditaires et personnels qui permettent de soutenir cette opinion. L’arthritisme se retrouve entre autres chez de nombreux sujets présentant des polyarthrites chroniques d’origine infectieuse, nous en possédons plusieurs exemples dans nos observations et nous pensons que le terrain arthritique a eu sur l’évolütion de ces cas une influence incontestable. Nous pensons notamment que le terrain arthritique est favorable au passage du rhumatisme articulaire aigu à l’état chronique. Toutefois nous n’irons pas jusqu à adopter les conclusions de Henri Bernard (Arch. gén. de Médecine, 1906) qui, s’il admet l’origine infectieuse de tous les rhumatismes chroniques, pense que le terrain arthritique est nécessaire à leur développement; c’est aussi l’opinion de Delarrat (thèse de Paris, 1896), quand, traitant des rapports du rhumatisme articulaire aigu avec le rhumatisme chronique, il admet la nécessité du terrain neuro-arthritique. Nous pensons que rien n'autorise un tel exclusivisme et que rien ne nous démontre la nécessité absolue de cette prédisposition spéciale. Nous avons vu que le traumatisme, le froid humide pouvait jouer le rôle de point d'appel. Les infections antérieures générales ou locales sont elles aussi capables de favoriser le développement du rhumatisme chronique. La nécessité du terrain artbritique est donc une hypothèse pure que la clinique d’ailleurs ne vérifie nullement.

L’arthritisme, à notre avis, n’est donc pas nécessaire quoique favorisant beaucoup léclosion du

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rhumatisme chronique; est-il une cause suffisante pour le produire,en un mot existe-t-il un rhumatisme dyscrasique pur.

Nous avons dit au début que pour la polyarthrite déformante, l'aspect et l’évolution des lésions ne pouvaient assurer ce diagnostic. Certains auteurs peuvent trouver la source de ce diagnostic dans les coïncidences pathologiques, les recherches étiologiques, la radiographie et enfin quelques signes cliniques particuliers ; nous nous sommes déjà expliqué sur quelques-uns de ces points, nous allons examiner les autres.

A ce rhumatisme diathésique ou dyscrasique certains auteurs, notamment Teissier et Roques, donnent le nom de rhumatisme goutteux. Pourtant ces auteurs reconnaissent qu'il s’agit d’une maladie différente de la goutte elle-même; seul, à peu près parmi les modernes, Lancereaux soutient l'identité des deux maladies et les réunit sous une mêmeé pathogénie.

Nous étudierons rapidement ces rapports de la goutte et du rhumatisme chronique déformant.

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