‹ Contribution à l'Étude Étiologique du Rhumatisme Chronique Déformant (à forme polyarthiculaire)Chapitre 8 sur 81 · STONE · texte numérisé non relu

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avec ou sans gonflement et laissant après elle des déformations plus ou moins accentuées ; ou encore une série de crises moins vives, mais souvent répétées marquent le début des déformations,

Période d'état. — Quelque soit le mode de début les déformations se constituent en général lentement et, sauf pour quelques cas où elles ont acquis leur maximum après la crise aiguë, elles suivent une marche progressive. Cette progression peut être lente, se faire à l’insu du malade ou au contraire procéder par poussées douloureuses. En tout cas, il est exceptionnel que ces poussées soient fébriles et s’accompagnent de tuméfaction articulaire, assez souvent cependant on note des douleurs à la pression ordinairement modérées, mais qui peuvent être très vives.

Les déformations commencent souvent par les mains, quelquefois par les pieds. Nous prenons le mot déformation dans son sens le plus large, c’est-à dire non seulement des extrémités osseuses, mais péri-articulaires. Notre description comprend donc le rhumatisme fibreux.

C’est qu’en effet d’ailleurs, au début, ce sont surtout des attitudes vicieuses que l’on observe plutôt que des déformations proprement dites. Les doigts se courbent, se raidissent, la main, le pied prennent des attitudes spéciales. Charcot en a donné une description qui est restée classique.

Aux mains, il distingue deux types principaux, le type de flexion et le type d'extension. Dans le premier, on observe la flexion de la phalangette sur la

phalangine, extension de la phalangine sur la phalange, flexion de la phalange’sur la tête des métacarpiens. Dans le deuxième type il y a extension de la phalangette sur la phalangine, flexion des phalangines sur les phalanges, extension des phalanges sur la tête des métacarpiens. Dans les 2 cas il y a flexion du carpe sur les os de l’avant-bras et caractère important, déviation en masse des doigts vers le bord cubital. Ces types comportentun certain nombre de variétés, une de celles que nous avons le plus souvent rencontrées, c’est la flexion de toutes les articulations de la main les unes sur les autres. Enfin Vidal et Juhel Renoy ont décrit un type rectiligne.

Ces types ne sont pas constants, on peut en observer sur chaque main un type différent chez le même malade. Assez souvent aussi, les déformations des doigts d’une même main sont asymétriques et échappent à toute description d'ensemble. Ce qui nous a frappé, c’est que dans un grand nombre de cas, le pouce était mobile, ou était resté mobile le dernier, même dans des cas d’ankylose prononcée des autres doigts ainsi que Charcot l’a signalé. |

Quand l’ankylose gagne les coudes, ils sont ordinairement ankylosés en flexion. Aux épaules moins souvent et moins profondément prises, ce sont surtout les mouvements d’élévation et d’abduction qui sont limités.

Aux pieds qui sont très souvent atteints, le gros orteil porté en haut et en dehors va recouvrir les autres orteils. La tête fait saillie et est souvent le

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