‹ Contribution à l'Étude Étiologique du Rhumatisme Chronique Déformant (à forme polyarthiculaire)Chapitre 9 sur 81 · PRE PA VA · texte numérisé non relu

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siège d’un durillon. Le pied peut être dans l’adduction ou l’abduction, la voûte plantaire excavée ou au contraire aplatie. La hanche est rarement atteinte, mais les genoux sont souvent ankylosés en flexion avec saillie en avant de la têle du tibia ou proéminence du condyle externe. ,

La colonne vertébrale peut être atteinte soit partiellement, soit dans sa totalité. Le malade marche voûté, ne peut se redresser ni tourner la tête.

Les temporo-maxillaires sont assez souvent prises. On note aussi quelquefois l'atteinte des sterno-claviculaires. On a signalé l'atteinte des articulations des cartilages du larynx.

Lorsque toutes les principales articulations sont très atteintes, le malade, ratatiné sur lui-même prend les attitudes les plus bizarres et devient un véritable infirme presque incapable de se mouvoir.

Au début, ce sont les attitudes vicieuses dues aux rétractions musculaires qui sont surtout notées puis, peu à peu, mais d’une façon très inégale, se prononcent les déformations péri-articulaires, articulaires, osseuses. Dans certains cas ce sont seulement des brides fibreuses que l’on sent autour des articulations, ailleurs ce sont des fongosités, des épaississements à consistance molle, élastique, ou des ostéophytes. Enfin, les extrémités osseuses, surtout celles des phalanges, montrent, dans beaucoup de cas, des épaississements très nets. En général, à mesure que les déformations se prononcent, les troubles trophiques apparaissent et s’accentuent.

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Troubles trophiques.— L’atrophie musculaire est très fréquente et peut être des plus prononcée. Elle peut s'accompagner de ia disparition du pannicule adipeux ; on a alors un membre extrêmement amaigri avec peau lisse et froide sans sécrétion sudorale donnant l’aspect sclérodermique : c’est la forme atrophique de Vidal. Dans d’autres cas, au contraire, c’est une hypertrophie qui rend le membre éléphantiasique avec œdème dur, peau épaissie, violacée, craquelée : c'est la forme hypertrophique.l ne s’agit pas là de véritables formes cliniques différentes et elles peuvent coexister chez le mêémemalade, la forme atrophique se voyant surtout au membre supérieur et la forme hypertrophique au membre inférieur.

Comme autres troubles trophiques nous noteronsla chute des poils, l’altération des ongles qui deviennent épais, cassants, friables, les taches pigmentaires, les éruptions diverses, la désquamation pityriasique, l’ichtyose. Les réflexes sont tantôt exagérés, tantôt abolis ; il y a parfois de la trépidation épileptoïde. Léri a noté plusieurs fois le signe de Babinski. On note des douleurs, des fourmillements, des sensations de froid, maïs les troubles objectifs de la sen- sibilité sont rares. Chauffard et Ramond ont signalé la présence d’adénopathies survenant surtout au

moment des poussées aiguës.

Dans le sang, on note l’absence d’urates et souvent

la diminution du nombre des hématies.

Dans les urines le taux de l’urée est ordinairement abaïissé.

Évolution, terminaison. — La maladie suit en général une marche lente et progressive. Elle est pourtant capable de rémissions et surtout de longs arrêts au point de vue des déformations.

: Barjon distingue trois périodes :

1° Une première où le rhumatisme chronique se comporte comme une maladie infectieuse. On assiste aux poussées aiguës, subaiguës, ou d'emblée chroniques mais douloureuses, parfois aussi à l’éclosion d’une complication viscérale ordinairement cardiaque ;

2 Une deuxième période marquée par l'apparition des troubles trophiques. Ces deux périodes empiètent souvent l’une sur l’autre; S |

3 La troisième période est marquée par la prédominance des symptômes nerveux sur les manifestalions articulaires. Tous les malades n’y arrivent pas ; ceux qui arrivent à ce dégré sont de véritables infirmes présentant des troubles qui rappellent en tous points l'aspect des malades atteints d’affections chroniques des centres nerveux.

A part les complications cardiaques, les compli-

cations viscérales sont exceptionnelles au début. On note souvent la coexistence de l’emphysème pulmo- -naire, des artérites chroniques, de la lithiase biliaire. La mort survient, en général, par une complication intercurrente : néphrite chronique avec urémie lente, infections pulmonaires surajoutées, surtout

à forme de broncho-pneumonie, tuberculose ou lésions cérébrales (hémorragie et ramollissement). Dans les autopsies que nous possédons, c’est surtout cette dernière cause et les broncho-pneumonies qui ont causé la mort. Quelquefois le malade s’éteint lentement par cachexie.

B. — Formes cliniques

Un certain nombre de formes cliniques ont été

isolées et distinguées par les auteurs: Nous n'insis- terons pas sur le mode de début dont nous avons

déjà parlé. Citons pourtant les formes à début mono-articulaire, qui, d’abord localisées à une jointure, se généralisent ensuite. L’allure est ordinairement lente, on constate parfois des formes à marche rapide où les déformations se constituent en quelques mois et même en quelques semaines. Charcot a signalé une forme rare, la forme hémiplégique, l'affection débutant par la moitié du corps et pouvant soit y rester localisée, soit s'étendre au côté opposé.

Les formes localisées ont une grande importance, mais nous les avons systématiquement écartées de notre étude. Nous comprenons dans la polyarthrite déformante les formes localisées aux mains et au pieds, nous en écartons les spondyloses, rhizoméhques ou non, sans toutefois vouloir préjuger de leur nature différente; mais ces formes ont été l’objet

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