‹ Contribution à l'Étude Expérimentale de l'Opération de Dévascularisation gastriqueChapitre 26 sur 32 · INTERPRETATION DES RESULTATS · texte numérisé non relu

INTERPRETATION DES RESULTATS

1) Dans la première série de chiens : les résultats opératoires montrent l'opposition qui existe entre la région pylorique et le corps de l’estomac.

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Les quatre chiens chez qui la totalité des vaisseaux de la région antropylorique a été ligaturée sont tous morts deux à trois jours après ces ligatures. La région correspondante était infarcie, plus ou moins nécrosée.

Au contraire, si l’on respecte cette région, comme le conseille SOMERVELL, pour ne lier que les vaisseaux du fundus le long des deux courbures, les chiens continuent à se bien porter et conservent un bon appétit.

Nous avons gardé deux de ces chiens pendant six mois au laboratoire. Ils auraient vécu sans doute normalement si nous ne les avions sacrifiés à fin d'examen anatomique et histologique de ieur estomac.

Bien que rétracté, adhérent aux organes voisins, l’estomac est à peu près normal et apte à fonctionner normalement. Dépouillé de la majeure partie de ses vaisseaux, ceux qui restent sont suffisants pour maïntenir en vie l’étoffe gastrique. Il suffit de quelques artérioles restantes pour aue, grâce aux muitiples anastomoses sous-muqueuses, aucune région ne soit privée de nutrition sanguine. C’est ce que nos artériographies nous ont montré.

L'examen histologique de ces estomacs a révélé une tunique gastrique de structure sensiblement normale par comparaison avec des coupes d’estomacs normaux. On a remarqué au niveau des glandes fundiques une diminution du nombre des cellules bordantes; de plus, celles qui demeurent ont un noyau petit, dégénéré, pycnotique. Ces faits nous paraissent très intéressants : ces cellules ne sont-elles pas, en effet, acidosécrétrices ? Leur rôle n'est-il pas de prélever dans le sang les ions acides et les ions chlore? Si on diminue la dévascularisation, si la couronne vasculaire qui entoure chaque glande fundique s’atrophie, les cellules bordantes n’ont physiologiquement plus rien à faire. Elles s’atrophient et disparaissent.

Aussi n'est-il point étonnant que les tubages gastriques pratiqués chez ces chiens ne nous aient fourni qu’une très faible quantité d’un suc épais, mudueux, provenant sans doute de la région pylorique dont les glandes mucosécrétrices sont intactes.

L’acidité de ce suc est très faible. L’acidité libre d’un suc de chien normal est de 3 grammes d’Hcl. p. 1.000 en moyenne et son acidité totale de 4 grammes d'Hcl. p. 1.000 environ. Ces chiffres sont tombés ici à 1,24 gr. pour l'acidité libre et 1,9 gr. d’acidité totale. Ce sont les valeurs moyennes de 14 échantillons de suc dosés.

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Le pouvoir peptique de ce suc hypoacide (mesuré aux tubes de METT et par la méthode chimique du Professeur VALDIGUIE) est aussi fortement diminué.

2) Dans la deuxième série de chiens, porteurs d’un petit estomac (à la manière de PAVLOV ou de HOLLANDER,, les résultats sont encore très démonstratifs :

a) La dévascularisation du petit estomac par ligature de son pédicule gastro-épiploïque accompagnée de ligatures sur la paroi de la petite poche, eut pour conséquence, chez deux chiens, une diminution sensible de la quantité de suc recueilli du petit estomac après les différents repas que nous avons vus. L’acidité de ce suc, son pouvoir peptique, ainsi que son pouvoir hémolytique, ont aussi notablement diminué ().

L'histologie du petit estomac après le sacrifice de ces chiens à montré une muqueuse à peu près normale; une réaction scléreuse rendait difficile la lecture microscopique.

b) Chez trois chiens, après la dévascularisation du petit estomac par son isolement complet (sa survie n'étant assurée que par les vaisseaux d’un fragment épiploïque), le suc recueilli est fortement hypoacide et n’a plus aucun pouvoir peptique mesurable.

L'examen histologique du petit estomac a montré ici des modifications plus importantes : l’épithélium superficiel est desquamé, le tissu conjonctif interglandulaire est épaissi, étouffant les glandes fundiques dont les cellules sont dégénérées.

Ces altérations plus importantes sont imputakles au fait que la dévascularisation du petit estomac est rendue plus complète par la privation des connexions vasculaires musculeuses et sous-muqueuses avec le grand estomac.

En outre, la réduction d’acidité est ici plus marquée du fait de l'isolement nerveux complet du petit estomac auquel ne parvient plus aucun filet vagal.

(1) Remarque : Les chiffres d’acidité obtenus dans cette série de sept chiens sont variables suivant les petits estomacs. La muqueuse antrale sécrétant un suc épais, alcalin, un p:tit estomac effectué surtout aux dépens de l’antre aura un suc faiblement acide. Au contraire, un petit estomac comprenant davantage de muqueuse fundique sécrètera un suc plus acide,

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c) La ligature des vaisseaux de la région antropylorique chez deux chiens porteurs de petit estomac eut les conséquences suivantes :

__ La ligature de la totalité des vaisseaux de cette région a entraîné la mort du chien opéré ainsi. Comme nous l'avons vu dans la première série d'animaux, cette expérience démontre une nouvelle fois la sensibilité de la région pylorique à la dévascularisation complète. Les artériographies nous montrent dans cette région des artères très grêles.

__ Dans une deuxième expérience, les ligatures des huit dixièmes des vaisseaux afférents à cette région permirent la survie de l'animal. Le petit estomac sécréta par la suite un suc en quantité peu diminuée et d’une acidité fortement inférieure à sa valeur initiale.

Il est intéressant de noter que chez ce chien l'examen histologique de la muqueuse gastrique ne montra aucune anomalie, ni vasculaire, ni glandulaire.

On s’y attendait du fait que seule la région antropylorique était intéressée par les ligatures.

Cette expérience est à rapprocher de celles d'UVNAS et représente, à notre sens, une nouvelle preuve de la transmission humorale de la gastro-sécrétine.

4) ETUDE ARTERIOGRAPHIQUE DE LA VASCULARISATION GASTRIQUE CHEZ LE CHIEN

Parallèlement à l’expérimentation concernant les ligatures vasculaires gastriques et ses conséquences, il nous a paru nécessaire d'entreprendre une étude de la vascularisation gastrique chez le chien. Le but de cette étude fut d’abord de préciser la vascularisation normale pour pouvoir étudier par comparaison celle des estomacs ligaturés.

Déjà à la dissection opératoire ou autopsique, la topopraphie des vaisseaux gastriques nous était apparue superposable à celle de l’homme. Cette notion fut confirmée par une étude artériographique.

Nous savons que chez l’homme, l'estomac est irrigué par quatre artères principales :

— l'artère coronaire stomachique, naissant du tronc

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— l'artère pylorique prenant naissance sur l’hépatique:

— l'artère gastro-épiploïque droite, provenant de la gastro-duodénale, branche de l’hépatique ; — l'artère gastro-épiploïque gauche, branche de la splénique.

Ces artères forment par leurs anastomoses autour de l’estomac le grand cercle artériel gastrique.

À ces quatre artères principales, il faut ajouter les vais- £seaux courts, branches de l'artère spléniaue, qui vascularisent le tiers supérieur de la grosse tubérosité.

Nous exposerons d’abord notre technique d’artériographie ; ensuite les résultats que nous avons obtenus.

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