‹ Contribution à l'Étude Expérimentale de l'Opération de Dévascularisation gastriqueChapitre 30 sur 32 · ARTERIOGRAPHIE D'UN ESTOMAC NORMAL · texte numérisé non relu

ARTERIOGRAPHIE D'UN ESTOMAC NORMAL

H : Tronc de l'artère hépatique.

CS : Tronc de l'artère coronaire stomachique. S 1 : Branche inférieure de l'artère splénique. S 2 : Branche supérieure de l’artère splénique.

aux artérioles issues des branches les plus basses de la coronaire. Cette artère s’anastomose ensuite avec la gastro-épiploïque droite à peu près à l’union des deux tiers supérieurs et du tiers inférieur de la grande courbure.

2 Hg =

c) L’artère hépatique : Nous avons vu que cette artère naît, presque toujours isolée, de l'aorte abdominale en amont du tronc cœliaque.

Elle donne naissance à l'artère pylorique et à l'artère gastro-duodénale.

— L’artère pylorique, née tantôt avant, tantôt après l’artère gastro-duodénale, elle suit la portion horizontale de la petite courbure. Elle-même assez grêle, elle donne de très fines branches au pylore et à la région antrale. Ceci explique la grande sensibilité de cette région à la dévascularisation opératoire. Ses branches, peu nombreuses, sont fines et leurs anastomoses sous-muqueuses avec les branches correspondantes de la gastroépiploïque droite, grêles elles aussi, sont difficiles à mettre en évidence sur les artèriographies.

— L’artère gastro-duodénale, après avoir donné une ou deux branches qui vont à la première portion du duodénum, elle donne naissance à l'artère gastro-épiploiïque droite qui suit la grande courbure (portion horizontale) pour aller s’anastomoser à la gastro-épiploïque gauche. Les branches qu’elle envoie à la partie antrale de l'estomac sont fines; elles s’anastomosent avec celles de l’artère pylorique.

Ainsi, comme chez l’homme, ces artères créent un cercle artériel périgastrique. Le premier cliché radiographique que nous publions illustre la distribution vasculaire que nous venons de décrire (1).

B. — Estomac « dévascularisé ».

Les images artériographiques des estomacs de chiens ayant subi l'opération de ligatures vasculaires à la manière de SOMERVEL sont devenues bien différentes.

Chez ces chiens, sacrifiés plusieurs mois après l’opération, dont l'estomac a subi les modifications macroscopiques et histologiques que nous avons décrites, les artères sont aussi profondément modifiées.

L'une des artériographies, que nous reproduisons ici,

(4) Nous tenons à remercier ici le Médecin Lt-Colonel JAMMES. et les manipulateurs de sen service de Radiologie à l'Hôpital Militaire H. Larrey où nos clichés ont été réalisés.

App

montre l’aspect atrophique du réseau artériel restant. Il devient impossible de décrire une topographie vasculaire nette. D'une manière générale, les vaisseaux sont peu injectés, sclérosés, devenus filiformes.

ARTERIOGRAPHIE D'UN ESTOMAC « DEVASCULARISE »

Ce chien a été sacrifié six mois après avoir subi l'opération de dévascularisation gastrique suivant la technique de Somervell. H : Tronc de l'artère hépatique.

CS : Tronc de l’artère coronaire stomachique. S : Tronc de l'artère splénique.

Sur la petite courbure, l’artère pylorique, qui a été respectée, assure encore une vascularisation convenable.

L'aspect de la grande courbure paraît, par contre, sur nos clichés aussi dépouillé de vaisseaux qu’à l’autopsie de ces chiens.

Sa vascularisation semble maintenue par le minuscule

réseau sous-muqueux en communication avec les fines branches de la pylorique.

Les deux branches de bifurcation de l'artère splénique, cependant non liées, sont elles-mêmes devenues filiformes ; sans doute parce que leurs branches sont liées en aval. Il n’y a plus trace, en effet, de vaisseau court.

Comme on le voit, les artères restantes assurent à l’estomac une vascularisation « a minima » qui ne nous parait compatikle avec une survie de l’organe que grâce aux multiples anastomoses préexistantes.

5°) CONCLUSIONS EXPERIMENTALES

L'interprétation de nos résultats expérimentaux et leur confrontation avec les résultats des autres expérimentateurs nous permettent, en accord avec la plupart d’entre eux, de conclure que :

1. La ligature de la majeure partie des vaisseaux gastriques chez le chien est toujours bien supportée si on respecte la région pylorique qui est la moins bien vascularisée.

2. La dévascularisation totale de la région antropylorique entraîne la mort de l’animal; mais la ligature des huit dixièmes seulement des vaisseaux de cette région est compatible avec la survie. Elle entraîne une diminution de l’acidité gastrique que nous attribuons, avec UVNAS, à un « barrage » de l’hormone gastro-sécrétine d'EDKINS. Cette dernière se forme bien dans la muqueuse antropylorique, mais ne peut passer dans la circulation.

3. Macroscopiquement, l'estomac dévascularisé, bien que dépouillé, rétracté, pâle, garde une apparence normale.

4 Microscopiquement, il y à dégénérescence d’une partie des cellules pariétales acidosécrétrices.

5. Du point de vue fonctionnel, la dévascularisation entraîne une forte diminution de la sécrétion gastrique. Le suc recueilli est surtout muqueux; il n’est que très faiblement acide. Son pouvoir peptique et sa capacité hémolytique sont amoindris.

Devant la netteté de nos résultats, nous sommes conduits à penser que les quelques auteurs qui n’ont pas obtenu de baisse notable de l'acidité gastrique ont pratiqué des ligatures insuffisantes.

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