‹ Contribution à l'Étude expérimentale de la Vaccination Antirabique: Essai d'ImmunisationChapitre 29 sur 47 · CHAPITRE HI Essais d’immunisation · texte numérisé non relu

CHAPITRE HI Essais d’immunisation

Dansle chapitre précédent nous nous sommes préoccupés de savoir ce que devenait le pouvoir virulent des cerveaux immergés en glycérine, laissant de côté, à dessein, les autres modifications qui peuvent se produire dans la substance nerveuse rabique sous l'influence de cet agent.

Nous avons admis en effet la présence dans la matière nerveuse rabique, à côté d’un principe virulent, d’une autre substance capable d'en masquer complètement les effets. Mais, nous savons depuis Pasteur, que les moelles rabiques introduites dans l'organisme d’une façon toute spéciale, non seulèment ne déterminent pas d’accidents rabiques, mais encore produisent un élat réfractaire. Ces deux propriétés différentes de la substance nerveuse rabique seraient-elles dues à deux principes distincts, ou bien sont-elles l'effet d'un seul et même principe ? Nous nous rattachons plus volontiers à la dernière hypothèse comme étant plus rationnelle et plus simple, et d’ailleurs pour admettre la présence des deux principes distincts il faudrait lès isoler:

Mais, que ces effets soient dûs à une même cause ou à des principes distincts, il nous a paru intéressant de rechercher ce que devient le pouvoir immunisant de la matière nerveuse, alors que la virulence est plus ou moins modifiée par un séjour prolongé en glycérine.

Dans ce but nous avons entrepris plusieurs séries d’expériences destinées à déterminer le pouvoir immunisant

mue

de la matière rabique ainsi conservée, pendant des intervalles de temps plus ou moins longs, et ayant divers degrès de virulence. Nous avons insisté surtout.sur les cerveaux qui ne manifestaient plus aucune virulence par trépanation sur le lapin. |

Nous avons utilisé pour cela les cerveaux dont l’histoire se trouve exposée en détail dans le chapitre précédent ; il suffira par conséquent pour se rendre compte du degré de chacun, de se reporter aux quelques pages qui précèdent, et l’on reconnaîtra chaque cerveau à la date inscrite en regard, qui est celle de l'immersion en glycérine.

Nous devons faire remarquer que nos divers essais d’immunisation avec ces cerveaux ont toujours été faits à la même date où à quelques jours près, que la trépanation du lapin qui a servi à déterminer le degrè de virulence. Parconséquent la période d'incubation manifestée par chaque cerveau, mesure bien exactement son degré de virulence, au moment où nous l'avons utilisé pour nos essais d'immunisation.

Nos divers essais d’'immunisation ont tous été faits sur

des lapins ou dés chiens, par des inoculations multiples,

répétées à peu près tous les jours et environ à la même heure. Pour avoir une idée d'ensemble sur le pouvoir immunisant des substances emplovées nous avons varié le plus possible, les conditions expérimentales :

Les injections immunisantes étaient administrées dans quelques séries par la voie sous-cutanée, dans d’autres par

Ja voie péritonéale. Elles étaient faites tantôt préventive-

ment, c’est à dire avant l'introduction de la matière virulente, tantôt au contraire pendant l'incubation, au début ou à la fin. Enfin dans quelques cas commencées avant l’infection, elles subissaient un arrêt de quelques jours pendant

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lequel on inoculait la rage, etles injections immunisantes étaient reprises pendant Pincubation.

L'inoculation de la matière virulente. faite le plus souvent par trépanation, à donc tantôt suivi, tantôt précédé celle de la matière vaccinale. Dans bon nombre de Cas cependant la matière virulente à été administrée soit par la voie sous-cutanée, soit par la voie intra-oculaire. Une seule inoculation nous a suffi par la voie intra-cranienne ou intra-oculaire ; nous les répétions au contraire pendant plusieurs jours, quand il s'agissait d'infection par la voie sous-cutanée.

Nous avons employé pour cela soit du virus des rues soit du virus fixe.

Les émulsions étaient préparées de la même façon que celles du chapitre précédent, la quantité injectée variait de quelques gouttes à plusieurs centimètres cubes selon le mode d'administration employé.

Enfin nous n'avons constamment employé pour chaque essai d'immunisation qu'un seul et même cerveau.

Cependant dès le début de nos expériences, nous avons opéré comme les auteurs qui nous avaient précédé dans cette voie c’est-à-dire avec des cerveaux en série. Ainsi dans quelques expériences, nous avons inoculé des cerveaux de moins en moins anciens, mais toujours virulents, en com- .plétant la série par des injections de virus frais.

Essais d'immunisation S contre le virus fixe, avec des cerveaux encore virulents :

EXPÉRIENCE XXXII (27 octobre 1898)

Un lapin reçoit en injections sous-cutanées une série de cerveaux virulents ayant séjourné de trois mois à quelques jours en glycérine.

AO

26 Octobre injection avec un Cerveau du 4 juillet 1898

28. — — — — 29 août — 31 — , — —— — 15 sept. — 3 novemb. — ee ei DE 2 De == — — 8 oétob. - — TRAME s RS — DER Ter 9 ni ER = — 3 nov. —

Enfin du 11 au 19 novembre ce lapin reçoit six injections de virus fixe frais. Le 19 novembre il reçoit par trépanation quelques gouttes d'émulsion de virus fixe. Il tombe paralysé le 2 décembre et meurt le 7. La période d’incubation à donc été de 13 jours c’est-à-dire qu’elle a subi-une prolongation d’au moins six jours. Doit-on attribuer ce léger degré d’'immunisation à l’action des cerveaux déjà atténués qui ont commencé la série, ou bien aux injections de virus fixe frais qui ont suivi? Les expériences suivantes vont nous permettre de conclure.

EXPÉRIENCE XXXIII (17 novembre 1898)

Dans cette expérience, dans le but de déterminer si quelques injections sous-cutanées de virus fixe frais pouvaient faire naître chez le lapin un certain degré d’immunité vis-à-vis de l'épreuve par trépanation avec du virus fixe, nous avons administré à un lapin en trois jours, trois inoculations sous-cutanées de virus fixe, du 16 au 19 novembre.

Ce lapin est trépané ensuite le 19 novembre avec virus fixe. Il est paralysé le 26 -— — Et meurt de rage le 30 = ——

La période d’incubation a donc été de sept jours, c’està-dire nullement modifiée. Nous pouvons donc conclure que quelques inoculations de virus fixe frais n’ont manifesté

aucun effet modificateur sur la période d'incubation du virus fixe par trépanation.

Il semble bien d’après ce résultat que le léger degré de prolongation d’incubation manifesté dans lexpérience précédente soit dû aux cerveaux déjà modifiés. ;

Nous allons faire la contre-épreuve en essayant de déterminer cette atténuation chez des lapins,par l'emploi exclusif d'inoculations de cerveaux déjà modifiés.

EXPÉRIENCE XXXIV (27 novembre 1898)

Deux lapins reçoivent du 26 novembre au 23 décembre neuf inoculations de 5 cent. cubes d’émulsion de cerveau du 29 août emplové dans l’avant-dernière expérience.

Les deux lapins trépanés le 6 janvier 1899 tombent paralysés le 13 après une incubation de sept jours, et meurent le 17 janvier. Nous n'avons donc pas obtenu de prolongation d’incubation.

Les résultats de ces deux dernières expériences ne peuvent pas nous autoriser à rapporter le degré d’immunisation observé dans l'expérience XXXIT aux premiers cerveaux de la série plutôt qu'aux injections terminales.

Mais une nouvelle expérience faite à une date ultérieure, semblerait devoir nous faire, pencher pour les inoculations terminales, et à ce titre nous allons la rapporter.

EXPÉRIENCE XXXV (98 janvier 1899)

Un lapin reçoit du 28 janvier au 9 février onze Ave tions sous-cutanées de virus fixe frais.

Il est trépané 16 11 février et la paralvsie rabique se manifeste le 19; c'est-à-dire après huit jours. Le lapin meurt le 24.

Cette incubation de huit jours que nous considérons

LA TSe ENISRA

comme prolongée de un jour, comparativement à celle que donne lé virus fixe du laboratoire, n’est pas suffisante pour nous permettre de conclure. Par conséquent nous ne pouvons nous prononcer d’une façon ferme, mais nous pensons tout de même, que leffet vaccinal observé, s’il n'est pas entièrement dû aux cerveaux qui ont commencé la série, ne doit pas non plus être exclusivement rapporté aux injections de virus frais qui l'ont clôturée.

Nous avons fait par la voie péritonéale des expériences absolument identiques aux précédentes.

EXPÉRIENCE XXXVI (26 octobre 1898)

Un lapin reçoit en injection intra péritonéale, une série de cerveaux virulents ayant séjourné de trois mois à quelques jours en glycérine.

26 octobre injection avec un cerveau du # juillet 1898.

28 a —— 29 août — 31 an — — 19 sept, — 3 novembre — 2 96 — si D — — — 3 octob. — o) Fe — — 3 nov. pe

Ce lapin a ensuite reçu du 11 au 19 novembre cinq inoculations intra péritonéales de virus fixe.

Il a été trépané avec du virus fixe le 19 novembre, et suivi pendant plus de deux mois. Durantcette période il n’a jamais manifesté de phénomènes rabiques. Mais atteint de gale en janvier 1899, il a été sacrifié le 28 de ce mois. Nous nous croyons autorisés à le considérer comme ayant été rendu réfractaire à la rage.

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