EXPÉRIENCE LXXII
Deux lapins reçoivent du 12 au 31 août dix inoculations sous-cutanées de 4 cc. d'émulsion d’un cerveau de virus fixe frais ayant séjourné soixante-six heures à l’étuve à 49° | |
Le 31 août ces deux lapins sont trépanés avec une émulsion du cerveau du chien de lexpérience LXIIT mort le 44 août de la rage des rues.
Premier lapin paralysé le 6 novembre, meurt de rage le 8.
Deuxiéme lapin encore vivant et bien portant le 6 janvier.
En admettant pour ce cerveau des rues une virulence movenne de dix-neuf jours, nous voyons que le premier lapin a eu une prolongation d'incubation deun mois et demi, chez le second c’est une survie que nous avons à noter, par conséquent ce dernier lapin est devenu entièrement réfractaire à la rage sous l'influence des quelques inoculations antérieures de cerveau non virulent,
Cette expérience nous montre que la chaleur pourrait très biën être utilisée, pour provoquer l'atténuation rapide de cerveaux immergés en glycérine, sans détruire leur pouvoir vaccinal.
Ce fait, qui théoriquement n’a qu'une portée restreinte,
pourrait acquérir une bien plus grande importance, du
jour où de nouvelles expériences confirmant et généralisant nos résultats, auraient fait rentrer celte méthode dans la pratique journalière.
En s’aidant de la chaleur il ne serait même plus nécessaire de vérifier le degré de virulence des cerveaux, il suffirait de déterminer une fois pour toutes, la durée du séjour à l’étuve, nécessaire pour enlever à la substance rabique en glycérine, sa virulence, sans annuler son pouvoir immunisant.
Nous voyons par l’ensemble de ces essais d'immunisation contre le virus des rues, par des cerveaux entièrement dépourvus de virulence, que nous avons réussi à déterminer à peu près sûrement un certain degré d’immunité chez des lapins et des chiens. Et, fait que nous considérons comme très important, nous n’avons toujours employé pour chaque série de lapins qu'un seul et même cerveau.
Dans un seul cas seulement nous n'avons pas eu de prolongation de la période d’incubation ; en revanche dans cinq cas, sur trente lapins en expérience, nous avons obtenu un état réfractaire total vis-à-vis de la rage des rues. Il est à remarquer que dans chacun de ces cinq cas, limmunisation avait été tentée par la voie sous-cutanée. Sur quatre de ces lapins les injections immunisantes avaient précédé l'infection ; Chez le cinquième, l’immunisation n'avait été faite que ne à la période d’incubation.
Cinq autres lapins d'expérience après une prolongation d'incubation respectivement égale à 12, 16, 26, 27 et 29
LEE Ge eEr
jours sont morts de phénomènes totalement étrangers à l'infection rabique ; il v a lieu d'admettre que du fait de nos inoculations, ils avaient acquis un degré d’immunité déjà très avancé, qui aurait sans doute donné lieu a quelque survie. Remarquons encore que quatre de ces lapins avaient été immunisés par la voie sous-cutanée.
Enfin les dix-neuf lapins restants ont tous présenté des prolongations d’incubation variant de deux jours jusqu'à soixante-cinq et soixante-onze Jours.
Le résultat de nos essais d'immunisation sur les chiens n’est pas moins intéressant. Nous laissons de côté le chien mort de gale Comme n'ayant pas nettement manifesté d’immunité. Mais un autre n’est mort de rage qu'au quaranteneuviéme Jour de linfection. Enfin un troisième s’est montré totalement réfractaire à la rage. Nous avons même pu nous rendre compte surlui, que cet état d’immunité n'était pas transitoire, car infecté à nouveau avec de la rage des rues trois mois et demi après la dernière inoculation ce chien n’en a ressenti aucun dommage.
Si maintenant nous Comparons les résultats fournis en donnant nos injections immunisantes par divers voies nous voyons, que contre le virus des rues, limmunisation par voie sous-Cutanée avec des cerveaux non virulents, s’est montrée beaucoup plus efficace que par voie péritonéale, mais nous pensons que cela à tenu plutôt à la nature du cerveau employé, qu'au mode d’inoculation.
Contre le virus fixe l’une et l’autre voie ont donné des résultats excellents, mais qu'il est difficile de comparer à cause de la mort accidentelle de tous nos lapins immunisés par la voie péritonéale.
Au contraire quand nous avons fait nos essais d'immunisation avec des cerveaux encore virulents, la voie péritonéale noùûs a paru plus efficace que la voie sous-cutanée.
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