INTRODUCTION
La constatation d'améliorations remarquables à la suite d’une cure hydrominérale, incita de tous temps des malades à chercher à la source la guérison de leurs maux.
Les indications des stations comme les modalités du traitement thermal qu'on y recevait étaient tirées autrefois d'observations cliniques basées sur les modifications des symptômes eux-mêmes. On considérait que les eaux minérales avaient des propriétés cachées et agissaient par des mécanismes secrets.
Peu à peu l’hydrologie s’est orientée vers des données plus scientifiques, et on a pensé que l’action de ces eaux était due aux composés minéraux qui entraient en solution ; mais il a fallu bientôt reconnaître que l’eau minérale agissait souvent beaucoup plus activement que les médicaments galéniques dissous dans l’eau.
En 1913, Barper reprenant les travaux des chimistes allemands, de Garricou, Jacouor et Wizcm, et appliquant les données de la spectrographie à l’étude des eaux’ minérales, montra dans sa thèse, qu'à côté des éléments qui, jusqu'alors avaient suffi à les caractériser, il existait dans ces eaux, une grande variété de corps déjà soupçonnés par certains.
Il trouva du cuivre, du plomb, de l’étain, de l’antimoine, du cobalt, du nickel, de l'or, du germanium, du molybdène, du gallium, du tallium, etc. Cette minéralisation secondaire est aussi importante que la première.
Plus tard enfin, les physiciens trouvèrent que les eaux minérales étaient radio-actives, qu'elles contenaient des gaz rares, et qu'on pouvait étudier ces solutions complexes au point de vue de phénomènes d’ionisation, de catalyse, étudier l'osmose de certains sels, l’état colloïdal des métalloïdes et des métaux, le potentiel électrique.
Mais, comme le fait remarquer M. Bonnamour, on répétait que «les eaux minérales formaient un tout vivant qui ne devrait jamais être étudié que dans son ensemble, à son émission même, et que vouloir étudier les propriétés pharmacodynamiques des eaux transportées, el celles des corps qui entrent dans leur compositon, c'était vouloir rechercher des actions secondaires qui n'avaient rien à voir avec les cures thermales et leurs indications diverses. »
Sous l'influence de ces idées, l'étude des eaux minérales semblait jusqu’à ces dernières années, rester cantonnée uniquement dans le domaine de la clinique.
Les travaux expérimentaux de FLerG, de Montpellier ; de Bricarp, de Clermont-Ferrand, semblent avoir été pendant longtemps les seuls essais expérimentaux pratiqués avec les eaux minérales.
Depuis quelque temps, cependant, sous l'influence des Instituts d’hydrologie des Facultés, on voit éclore toute une série de iravaux sur les propriétés physiques ou pharmacodynamiques des eaux. C’est en effet, par des études convergentes de physique, de chimie, de phy-
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siologie, aussi bien que de clinique, que l’on arrivera à expliquer le mécanisme de l’action thérapeutique des eaux minérales, et à préciser leurs indications et contreindications.
C'est dans cet esprit que nous avons recherché, au laboratoire de la chaire d'hydrologie de Lyon, la différence qui pouvait exister au point de vue de l’organoitropie viscérale, entre une eau minérale très active, riche en arsenic : l’eau de La Bourboule, et une solution arsé-
nicale de même concentration.
Devant les résultats. obtenus ainsi, nous avons voulu aborder l'étude des modifications humorales diverses de l'organisme à la suite d’injections expérimentales d’eau de La Bourboule.
Le travail que nous allons développer est divisé en deux parties. Dans la première, après avoir rappelé les travaux antérieurs sur l’organotropie de l'arsenic et exposé les techniques, nous donnons les résultats de la recherche de l’arsenic dans les organes des animaux soumis à des injections, les uns d’eau de La Bourboule, les autres d’une solution arsenicale de même concentration.
Dans la seconde, nous rapportons les résultats de quelques expériences entreprises au laboratoire de la chaire d’hydrologie ayant trait à la recherche des modifications humorales et à quelques autres recherches. Nous n'avons pas craint dans celte partie de décrire des expériences dont le résultat semble négatif, car elles n’en gardent pas moins toute leur valeur. Nous espérons en avoir liré une interprétation logique.