L'EAU DE LA BOURBOULE
Nous ne voulons pas revenir sur les travaux nombreux qui ont permis de connaître l’origine et la nature physicochimique des eaux de La Bourboule.
Nous rappelons simplement la composition de l’eau de la source Choussy-Perrière, qui est la plus utilisée dans ia cure bourboulienne, et qui fut la seule employée dans nos recherches.
Ces eaux sont complexes, d’origine profonde, classées dans le groupe des chlorurées, bicarbonatées, arsenicales. Au point de vue physique, la source a un débit de 420 litres à la minute. L'eau sort au griffon, à une température de 60° ; elle est onctueuse au toucher, légèrement gazeuse, et d’une saveur un peu salée. Sa densité est de : 1050 à 25° —, son point crÿoscopique de — 0,33, sa conductivité électrique est égale à 67 x 107*, et son indice de réfraction à 1,334. L'eau de cette source contient des algues, des cristalloïdes et des colloïdes.
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M. Moureu donne pour les gaz émis par 24 heures, la composition suivante :
136 m° de CO*, 7 m° d'Az.
164 litres de gaz rares.
dont 16 litres de néon et d’hélium, et 150 litres d'argon, de xénon et de krypton, soit au total 176 m° de gaz.
La radio-activité a été mesurée par M. A. LABORDE, en 1903. Il a trouvé dans le gaz (à 0° — et 760 mm. de Hg.) 152 x 10° curie par litre, et dans l’eau::22,45 x 10°
curie par litre.
Des anaylses très complètes de radio-activité ont été effectuées en 1923 par M. LrPapr, chef des travaux des recherches physico-chimiques à l’Institut d'hydrologie de Paris. Elles ont donné des résultats très voisins de ceux obtenus par M. LaBorDe.
D'après M. Lepape, l'eau de Choussy-Perrière contient à l'émergence, 20,5 millimicrocuries d’émanations de radium par litre. Les gaz qu’elle émet spontanément (gaz secs, à 0° et 760 mm.), contiennent 161,4 millimicrocuries par litre de la même émanation.
En tenant compte du débit de cette source en eau et en gaz, et des chiffres ci-dessus, on peut évaluer ce qu'on appelle la « puissance radio-active », c'est-à-dire la masse de radium en nulligrammes, capable de produire pendant l'unité de temps, la même quantité d'émanation qu'elle ; les mesures de M. Lepare font ressortir que la puissance radio-active totale de Choussy-Perrière est de 138,9 mgr. de radium. — L'horo-radio-activité, ou
quantité d’'émanation dégagée en une heure est de 492,
Au point de vue chimique, de nombreuses analyses ont été faites de l’eau de Choussy-Perrière.
Analyse de l'eau de Choussy-Perrière,
faite par MM. Lerorr et Bouis, membres de.l’Académie de Médecine, et publiée le 18 mai 1878.
Grammes.
Arsenic métalloïdique ............... 0.00705 AC ICATDONIOUE ES. Mate R en de 0.0518 Chlorure de S0dmr er Lo, 2.8106 — He RDOTAS SU see ares 0.1623 = DONNER ete en traces.
— dé MARÉES DRE imaner 0.0320 Bicarbonate de.soude: 42.052.122 2.8920 — HORAIRES CLURE ME. ac 0.1905 DUC ATOS ONE RE Te role de 0,2084 Péronydende ef. tn sale e 0.0021 Oxydebdle/mansaneser5..4 ut. traces.
ES AMEN DE EE SU ne: teint 0.1200 AMD RE PEER ie rt Se DU EU de traces.
Jotalipar Hire 6.4997
L'arsenic et ses variations de quantité. — Des recher-
ches ultérieures ont amené différents auteurs à conclure que la quantité des sels contenus dans l’eau, était la même que celle trouvée dans l'analyse de LErorr et Bouis, sauf en ce qui concerne l’arsenic. Ce métalloïde a fait l'objet d’une étude particulière.
Le premier travail concernant sa recherche dans l’eau de La Bourboule est dû à Lecoo, en 1828. En 1853, Tne- NARD trouvait 8 mgr. 5 d’arsenic dans l’eau de la source
Que
Grand-Bain ; en 1863, Lerorr n'en retrouvait que 5 mgr. 35, mais entre temps, la source avait subi des transformations ; elle avait été changée de place en 1857 ; afin d'augmenter son débit, on lui avait adjoint l'eau de 7 ou 8 griffons du voisinage.
En 1870, les sources étaient de nouveau modifiées. Nous résumons ci-dessous, en un tableau, les résultats des différentes recherches d’arsenic effectuées sur la source Choussy-Perrière :
Dates. Analyses. Résultats en As.
1876 Ecole'des Mines minis 4 mg. 5 1876 Lerorfentes ARR Ne Rae 4 mg. 76 1876 LÉFOPL EE LR ARE RENE RS 4 mg. 83 1876 CAROL CRC ES SERRES 7 mg.5 1877 DEUCROTE SPORE ENS RC ER RE 6 mg. OI 1877 LefortæteBouiss nement 7 mg. 05 1878 MALO ER Er RE TE AU 6 mg.5 1878 MATOS SET NE PERTE 7 mg.
1878 FOTOS QE OMAN SE AE ALL 4 mg. 6 1879 ANT PR RENTRER 5 mg. 42 1923 LÉORAETOME SCT PE TARNCNNER 5 mg. 6
Analyse officielle de la station. 6 mg.7
Il est à noter qu'en 1878, TRUCHOT disait qu'il ne fallait pas s'étonner des divergences constatées dans les analyses qui avaient été faites successivement, si l’on considérait les changements que des travaux considérables avaient dû produire dans les sources. De même, au moment du prélèvement de l’eau qui devait servir à l'analyse de Rice, en 1878, on faisait des travaux dans les puits, et l'eau minérale était souillée par des infiltrations d’eau ordinaire. En 1879, Ricne faisait une série d'expériences pour étudier la variation de la quantité
LS ire
d’arsenic contenue dans l’eau minérale pendant une année:
Voici le bilan de ses observations en ce qui concerne la source Choussy-Perrière :
Date des prélèvements. AS. COR ST OP EME ER. 6 mg.
SORTE TO RSR ie des Mae 8 mg. 7 RSC DIOMODO LOT D Re be à 5 mg. 1 LMÉVePALSSOR Te SPRICE 5 mg. 9
D'après ces chiffres, pendant l’année 1879, la proportion d’arsenic serait un peu plus faible dans les eaux prélevées l'été, et surtout vers la fin de la saison thermale.
Au laboratoire de la chaire d’hydrologie de la Faculté de Médecine de Lyon, en employant la méthode dont s'était servi LÉONAPDON, et qu'il avait décrite dans sa thèse (Paris, 1924), nous avons obtenu les résultats sui-
vanis :
Date des prélèvements. AS.
LE ZHOMEMDTONNIO RES. 5 mg. 4 SR US AMEN ERA EE 6 mg.
OT ACTE 2 ORPI RER EE 5 mg. 8 TARN ELLE SERRE PA ER MNNRE PE 6 mg. 1
Les analyses furent faites les 14 et 15 juin 1929 ; l'eau employée était conservée en ampoules de verre.
Les divergences de certains de ces résultats s’expliquent facilement par des modifications apportées aux sources, mais il faut admettre que la cause de ces quelques différences nous échappe. Les variations de la teneur en arsenic de l’eau de la source Choussy-Per-
Tor
rière sont légères ; d'autre part, il ne faut pas oublier que nous avons affaire, non pas à une simple solution de corps minéraux dans l’eau, mais pour ainsi dire à un « milieu vivant » qui subit à chaque instant des modifications tant physiques que chimiques. Des résullats différents peuvent provenir de prélèvements qui n'ont pas été faits dans des conditions identmques ; enfin il est possible que la forme sous laquelle se trouve l’arsenic dans l’eau, influe sur le résuliat des analyses.
Quoi qu'il en soit, l'eau de Choussy-Perrière est une eau complexe, hyperthermale et très fortement radioactive ; chlorurée, bicarbonatée et arsenicale. C'est la plus employée des eaux de La Bourboule dans les pratiques de cure ; ses propriélés physico-chimiques ont été étudiées par de nombreux auteurs, en particulier par M. le Professeur Bircarp et par MM. ALoy, FLrIG, Gas- TOU et FERREYROLLES.