CONCLUSIONS
[° L'air enfermé dans la cavité pleurale se résorbe tout entier, en quarante jours au maximum.
2° L'oxygène disparaît plus vite que l'azote. De l'acide carbonique est rendu en proportions variables. Sa quantité augmente les premiers jours pour diminuer ensuite.
3° La présence de l'air filtré n'amène aucune inflammation pleurale.
4° La présence de l’air dans la cavité pleurale close entraîne une accélération de la respiration, ainsi que son augmentation d'amplitude. L’expiration tend à prendre une forme active. La pression artérielle est aussi augmentée.
RPG o° Les mêmes phénomènes se montrent, même exagérés, à l'ouverture brusque de la plèvre ; mais au bout d'une minute, il se produit une phase de dépression, pendant laquelle se voient des pauses respiratoires et des arrêts du cœur. Enfin, survient la syncope. Cette dernière phase se reproduit toutes les fois que la cavité pléurale est maintenue ouverte.
6° Toutefois, ces accidents disparaissent si on referme le thorax, et dans ces conditions, l’animal peut survivre.
T° Dans le pneumothorax ouvert, la ventilation du poumon est nulle.
8° Le pneumogastrique joue un rôle dans les accidents du pneumothorax. L’anesthésie en diminuant son excitabilité augmente par suite les chances de survie.
9° Les accidents du pneumothorax ouvert sont diminués si l’on a injecté dans la plèvre fermée, pendant les jours précédents, des quantités d’air minimes, mais répétées.
Ces conclusions théoriques nous paraissent susceptibles de trouver leur application dans la pratique chirurgicale. |
Les opérations sur les côtes pouvant amener l’ouverture de la plèvre ne doivent être faites que dans les conditions d’une antisepsie rigoureuse. La pureté même de l’ar est indispensable dans la salle d’opéra-
ee tion. En mettant le malade dans une atmosphère antiseptique, le chirurgien n’aura plus à craindre l’inflammation de la plèvre.
Pendant tout le temps de l'opération, on devra chercher à maintenir une anesthésie profonde. Nous avons vu l'influence salutaire du chloroforme, qui s'explique peut-être par ce fait, qu'il diminue l’intensité des réflexes.
En troisième lieu, l'ouverture de la plèvre ne sera pas brusque, mais faite d'une manière lente et progressive, pour atténuer autant que possible la réaction qui accompagne l'irruption de l'air dans la cavité pleurale. Notre expérience XVII tendrait à nous faire supposer que l'injection de quantités d'air, petites, mais souvent répétées, pratiquées longtemps avant l’ouverture thoracique, amènerait, sinon l’innocuité du pneumothorax ouvert, du moins en atténuerait la gravité. Il y a là un point intéressant que nous tenons à signaler, mais nos documents ne sont pas asseznombreux pour nous permettre de l’éclaircir.
Enfin, le chirurgien n’oubliera pas que malgré les srands mouvements thoraciques du malade la respiration se fait mal, quand la plèvre est ouverte. Il devra donc interrompre de temps en temps son opération, et fermer avec un tampon imperméable la plaie cutanée pour éviter unesyncope dangereuse, quelquefois même mortelle.
Et maintenant, devant un malade dont la poitrine est ouverte, que ce soit le fait d’un traumatisme extérieur quelconque ou bien l’œuvre du chirurgien, quelles sont les indications à remplir, quelles règles
doivent diriger l'intervention ? À notre avis, la fermeture de la plaie est la seule chose qui s'impose. En refaisant de la plèvre une cavité close, on permet non seulement aux fonctions pulmonaire et cardiaque de s’accomplir, mais on supprime le contact incessant de la séreuse avec des couches d'air toujours renouvelées. On écarte par cela même une chance d’infection. Point n’est besoin de s’évertuer à rétablir le vide pleural. La résorption du gaz enfermé se fait avec une rapidité telle, que quarante jours plus tard tout a disparu. La plaie fermée, les jours du patient ne sont plus en dangers; sa guérison complète n'est qu'une affaire de temps.
Vu, bon à imprimer :
LE DOYEN, LORTET. Vu, bon à imprimer :
LE PRÉSIDENT DE LA THÈSE, Vu et permis d'imprimer : OLLIER.