AVANT-PROPOS
Dans les opérations sur les côtes (ablation d’enchondromes, chondro-sarcomes...), on est obligé fatalement de blesser la plèvre et de mettre la cavité pleurale en communication avec l’air extérieur. Ces opérations, en dehors de l'infection pleurale possible et que l’antisepsie permet d'éviter, amènent des accidents syncopaux immédiats devant lesquels le chirurgien se trouve désarmé.
Ces complications ont été bien décrites, mais un certain mystère plane sur leur pathogénie. Pourquoi ces arrêts brusques du cœur et du poumon, qui n'arrivent pas dans le pneumothorax d'ordre médical, c'est-à-dire succédant aux affections intrathoraciques ? On conçoit à priori que l’arrivée de l’air dans une plèvre atteinte d’inflammation chronique et dont les”
SRE feuillets présentent des adhérences, qu'un pneumothorax naissant chez un sujet porteur d’une caverne tuberculeuse et dont le poumon fonctionne mal depuis longtemps produisent des accidents moins graves que si le thorax est ouvert brusquement et si, par suite, la fonction pulmonaire intacte jusqu 1c1 se trouve subitement bouleversée. Mais quelle est la raison précise de cette différence, quels phénomènes nouveaux viennent se surajouter dans le pneumothorax chirurgical, consécutif aux plaies pénétrantes de poitrine? Ou bien quel est, isolé, le rôle physiologique de l'air dans la plèvre, ainsi que la réaction que lui oppose l'organisme ? Cela ne peut être étudié qu'expérimentalement sur un animal sain, alors qu'aucune cause morbide ne vient entraver les résultats, ni en exagérer la portée. Or, le pneumothorax n'ayant jusqu'ici donné lieu qu'à des travaux de laboratoire peu nombreux, il y a là un point à éclaircir. C’est à en débrouiller quelques côtés qu'est destiné ce modeste travail.
Nous n'avons pas la prétention de présenter une étude complète, nous nous sommes proposé simplement de chercher dans la littérature les opinions émises sur divers points de détail, dans cet ordre d'idées, et en prenant quelques-unes, d'essayer d’en déterminer expérimentalement la valeur.
Dans l'historique qui constituera notre premier chapitre, écartant systématiquement toutes les considérations cliniques des auteurs, nous ne relevons que les parties de leurs œuvres concernant la physiologie du pneumothorax.
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Nous envisageons dans le deuxième chapitre les modifications de l’air dans la cavité pleurale, ses changements de composition, ainsi que sa rapidité de résorption. Le chapitre suivant contient les observatons d'animaux, sur lesquels la plèvre a été largement mise en Communication avec l'air extérieur.
Une autre série d'expériences fera l’objet du quatrième chapitre. Elle a pour but d'étudier les modifications entraînées dans l'organisme par le pneumothorax. Nous reproduisons dans trois planches les parties caractéristiques de quelques tracés graphiques obtenus. Examinant dans leur ensemble ces diverses parties, nous essayerons dans notre dernier chapitre d'en tirer quelques conclusions pratiques.
Mais avant d'aborder notre sujet, nous tenons à témoigner notre respectueuse reconnaissance à M. le professeur Ollier, pour avoir bien voulu nous inspirer l’idée première de ce travail et nous avoir fait l'honneur d'accepter la présidence de notre thèse. Qu'il reçoive tous nos remerciments.
M. le professeur Arloing, après nous avoir honoré de sa bienveillance et guidé de ses conseils pendant le cours de nos études, à mis avec une générosité sans pareille son laboratoire à notre disposition; nous sommes heureux de pouvoir exprimer publiquement notre gratitude à ce maître éminent.
Que M. le professeur agrégé Rodet veuille bien recevoir aussi nos plus vifs remerciments. Son concours nous a été précieux, et ses conseils, aussi bienveillants qu'éclairés, ont facilité singulièrement notre tâche.
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Notre camarade et ami, le D' Besson, a mis à notre service ses connaissances de la langue allemande etson habitude de la technique expérimentale ; nous lui en sommes reconnaissant et nous espérons que notre amitié, née sur les bancs du lycée, n'ira toujours qu’en s’affermissant.
Nous prions M. le médecin principal Viry et nos chefs de l’École du service de santé militaire d’accepter nos remerciments pour la bienveillance qu'ils n'ont cessé de nous montrer.
DU
PNEUMOTHORAX