‹ Contribution à l'étude expérimentale du pneumothorax: par plaies pénétrantes de poitrineChapitre 3 sur 18 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

La présence d'un mélange gazeux dans la cavité pleurale a été signalée depuis Hippocrate. Pendant très longtemps on considéra même ce phénomène comme normal, et ce ne fut qu'Haller, au siècle dernier, qui dissipa cette erreur. Dans les œuvres d'Ambroise Paré, la pénétration de l'air est notée parmi les complications des plaies de poitrine.

Les mémoires de l'Académie des sciences de 1713 contiennent deux autres cas de pneumothorax traumatique. Le premier, observé par Littre, concerne

a Vi pe un malade qui avait reçu un coup d'épée; dans le deuxième, signalé par Méry, il s'agit de fractures de côtes sur un individu passé sous les roues d’une voiture.

Pouteau (1), chirurgien de l'Hôtel-Dieu de Lyon, vit, à la suite d’un traumatisme sur le côté droit du thorax, survenir une espèce d’abcès, qui incisé ne laissa passer que de l'air. Il constata de plus sa communication avec la plèvre. Son malade guérit du reste.

Itard (2) créa le mot pneumothorax, et fut le premier qui écrivit sur cet accident une dissertation méthodique. Mais les observations, au nombre de cinq qu'il rapporte, ont toutes pour point de départ, la tuberculose pulmonaire.

Laennec (3) donne en 1819, dans son traité d’auscultation, des vues exactes et précises sur la séméiotique et les lésions causales de cette affection. C'est lui qui distingua les trois catégories suivantes de pneumothorax dont la dernière seule est restée aujourd'hui :

1° Le pneumothorax essentiel, c'est-à-dire l’exhalation spontanée de gaz dans la plèvre. L'auteur se base pour admettre cette lésion sur ce fait qu’en ouvrant le thorax sur des cadavres dont le poumon et la plèvre étaient pourtant sains, il a vu sortir des bulles d'air. Il cite à l'appui de son dire un cas de

(1) Pourgau : Œuvres posthumes, 1783.

(2) Iran: Dissertalion sur le pneumothorax et les congestions gazeuses qui se forment dans la poitrine. Thèses, Paris, 1803.

(3) Laennec: Traité de l'auseultation.

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