‹ Contribution à l'étude expérimentale du pneumothorax: par plaies pénétrantes de poitrineChapitre 6 sur 18 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

Modifications de l'air dans le pneumothorax

fermé.

Toutes nos expériences ont été faites sur des chiens. Cet animal, par sa taille, le volume de son thorax, se prête déjà beaucoup à notre sujet. Chez lui, la cavité pleurale forme deux loges absolument distinctes et ne communiquant pas par le médiastin. Cela permet de laisser à un poumon son entier fonctionnement. Le chien aussi suppure peu, et ses plaies guérissent très vite, condition éminemment favorable à l’occlusion complète de la cage thoracique. Nous avons toujours choisi la plèvre droite de préférence à la gauche. Sa cavité est plus grande et le voisinage du cœur ne vient pas nous gêner.

Enfin, une antisepsie rigoureuse a permis d'espérer

ONE qu'aucun phénomène étranger ne troublerat nos résultats.

Pour produire le pneumothorax, il faut éviter un grand écueil, l’entrée du trocart dans le poumon. Après bien des essais, nous nous sommes arrêté à une canule qui permet d'introduire dans la plèvre un air privé de germes etmet à l'abri de la perforation de la plèvre viscérale. C’est une canule en verre dont la petite extrémité est mousse et porte l'ouverture sur sa partie latérale. L'expérience a montré que l'instrument refoule toujours le poumon sans l’entamer. De plus, par sa forme conique, il écarte les tissus, se glisse dans leur trame, et une fois retiré ne laisse plus de trace de son passage. A l’autre bout, est enfoncé un tampon de coton stérilisé qui doit filtrer l'air envoyé par une seringue graduée.

Entre la seringue et la canule, un tube de caoutchouc, facile à obturer au moyen d’une pince à pression continue, permet la séparation rapide des deux instruments. La seringue peut ainsi se charger facilement sans crainte d'aspirer l'air déjà chassé. La canule isolée se manie plus commodément aussi et son introduction dans la plèvre est des plus simples.

Voulant comparer entre eux les résultats, nous avons dans toutes nos experiences suivi le même manuel opératoire.

Le chien est lié et fixé sur une table d'opérations. On coupe les poils sur le côté droit du thorax et la peau est lavée soigneusement avec du savon et une solution phéniquée. Il lui est fait une incision de 3 centimètres de long, suivant le sens des côtes,

sur la ligne du membre supérieur droit et à environ » centimètres de celui-ci.

Chaque fois la canule de verre à été lavée, désinfectée et le tampon de ouate stérilisé. Après avoir sectionné la peau, le tissu cellulaire sous-cutané, quelquefois les dernières fibres du grand pectoral et un peu celles du muscle intercostal externe, nous introduisons la canule et la poussons avec précaution dans une direction légèrement oblique. Le muscle intercostal interne est perforé. La plèvre pariétale cède à son tour, mais le feuillet viscéral fuit avec le poumon devant le bec mousse de notre instrument, et généralement à une profondeur de 1! centimètre et demi à 2? centimètres, on à la sensation d’être dans une cavité libre.

En ce moment, on injecte une quantité d’air, proportionnée généralement dans notre cas à la taille de l’animal. L’injection terminée, la canule est retirée et la plaie fermée par des sutures métalliques; par mesure de précaution, nous avons en outre toujours placé sur la peau du coton et du collodion. Dans tous les cas, le troisième jour, la cicatrisation à été complète.

Une fois opéré, le chien est tenu en observation un temps variable suivant les expériences. Les divers phénomènes qu'il peut présenter sont notés soigneusement, et enfin on lui fait subir la seconde opération, qui à pour but de retirer le gaz pleural pour en mesurer le volume et en étudier la composition.

L'animal est tout d'abord sacrifié ; de telle sorte, il ne peut plus par ses mouvements respiratoires gêner

ro la prise d'air; en outre, la cavité abdominale est ouverte et débarrassée de tous ses viscères. On apercoit ainsi les deux hypochondres, et la tension des deux portions du diaphragme, facile à apprécier par la vue et le toucher, renseigne sur le volume occupé par le gaz pleural.

L'appareil, qui nous a servi à aspirer et recueillir le waz, se compose d'un tube barométrique gradué, dans l'extrémité libre duquel se place un bouchon de liège traversé par la branche verticale d'un tube de verre en T. Aux deux extrémités de la branche horizontale s'adaptent des tubes en caoutchouc, l’un très long, l’autre court et terminé par une canule effilée. Sur ces deux tubes, des pinces à pression permettent l’obstruction rapide.

L'instrument estremplide mercure et son fonctionnement très simple. Un aide maintient le tube barométrique dans une position verticale et la canule est enfoncée dans la cavité pleurale. Ici, aucune crainte de perforer le poumon, l'instrument pénètre dans une loge gazeuse. Nous enlevons alors les pinces à pression : le mercure s'écoule par le long tube en caoutchouc dans un récipient placé sur le sol, et le gaz pleural vient se loger dans la partie supérieure du tube barométrique.

En effet, le mercure en s’écoulant tend à faire dans la partie supérieure du tube de verre le vide barométrique. Aucune crainte cependant que le métal ne s'écoule dans la plèvre,. car au début de l'expérience, nos deux tubes de caoutchouc forment une espèce de siphon, dont la branche courte est celle qui se rend

SR ENS SE es OC EE TES

Lio dans la plèvre. Le mercure de cette branche est donc tout d’abord aspiré ; puis, l'appel continuant par l’écoulement du métal, le gaz pleural vient se mêler au mercure et monte par bulles successives dans la cavité barométrique de Pappareil. L’aplatissement du tube de caoutchouc aspirateur indique la fin de l’expérience.

Le gaz ainsi recueilli est à une pression inférieure à la pression atmosphérique ; aussi, pour lire son volume, faut-il porter notre tube gradué sur une cuvette profonde, en ayant soin de mettre au même niveau le mercure de la cuvette et celui du tube. Cela fait, le gaz est analysé; l'oxygène et l'acide carbonique dosés au moyen de l’acide pyrogallique et de la potasse. Le reliquat donne le volume d’azote.

Enfin, l’autopsie des animaux a permis de constater chaque fois l’état de la plèvre et l'intégrité du poumon.

Nos observations ont porté sur neuf chiens. En voici le résumé :

ExPERIENCE I.

17 janvier. — Le chien, de petite taille, parait calme et endormi. Il se laisse lier sans difficulté. Le poilest coupé sur le côté droit du thorax, et après avoir pris les précautions antiseptiques, nous lui faisons une incision de { centimètre de long sur la ligne du membre supérieur droit, et à environ 5 centimètres de celui-ci. Nous lui introduisons la canule de verre

passée à la flamme. À une profondeur de 1 centimètre n

LAPS et demi, on a la sensation d'être dans la plèvre. On pousse alors 100 centimètres cubes d’air filtré. Puis la canule est retirée et la plaie fermée par des sutures métalliques. Pendant l'opération, le chien n à cessé d’être calme. L’incision de la peau ne lui a fait pousser aucun cri. Après l'opération, tympanisme assez marqué, état toujours somnolent de l’animal. Il ne paraît pas avoir de dyspnée.

Le chien est tué par piqüre du bulbe, fe 19 janvier, soit deux jours après la production du pneumothorax. Nous le pendons par les membres postérieurs, et vidons la cavité abdominale. Rien d'anormal au diaphragme. Nous faisons la ponction vers le pilier droit. Au moyen de la petite pompe à mercure, nous retirons 68 centimètres cubes de gaz. Le côté droit du diaphragme paraît alors plus tendu que le gauche. L’autopsie montre les poumons rétractés mais intacts.

L'air ponctionné se composait :

Pour 68 cmc. Pour 100 eme.

Oxygène 11,03 14,75 Azote. ae 76,64 Acide carbonique. 4,84 tal

Si l’on considère d’une part la quantité de gaz re-

tiré, c'est-à-dire 68 centimètres cubes, et en second lieu la composition normale de l'air: 21 d'oxygène et 79 d'azote, on obtient:

Oxygène...... .. retiré 11,03 Injecté 21 Absorbé 9,97 A7ote ER PAUL — 79 — 26.88 Acide carbonique — 4,84 — Traces Rendu 4,84 Gao NT RE 68 ZE 100 Absorbé 32

ot

Divisons maintenant les quantités d'oxygène et d'azote retenues par les quantités injectées, nous voyons qu'il a disparu les 74 millièmes de la quantité totale d'oxygène et les 338 millièmes d'azote, pendant que 4 eme. 84 d'acide carbonique ont été rendus.

EXPÉRIENCE Il.

16 mars. — Le chien, plus gros que le précédent, se laisse lier également sans difficulté. Après le même manuelopératoire, on lui introduit 200 centimètres cubes d’air filtré, puis la canule est retirée et la plaie fermée avec des sutures métalliques. Pendant l’opération, le chien n'a cessé d’être calme. Après, le cœur paraît légèrement accéléré. Pas de dyspnée. Un peu de tympanisme. Tout disparaît rapidement.

Le chien est tué deux jours après, le 18 mars, par la piqûre du bulbe. Nous le suspendons, et vidons la cavité abdominale. Le côté droit du diaphragme paraît refoulé par du gaz contenu dans la cavité thoracique. Au moyen de la petite pompe à mercure, nous retirons 140 centimètres cubes de gaz. Le bout de la canule était introduit entre deux côtes. A la fin de l'opération, le diaphragme était absolument tendu. Le chien est alors autopsié. Rien de spécial à la plèvre, ni au poumon. Le cœur était un peu gros.

Analyse de l'air ponctionné :

Pour 140 eme. Pour 100 parties.

OxYReRemaEr, LC : 21,16 15,116 PA TORE MR MS 512 105,81 15,08

Acide carbonique. . 15:02 7,03

ose Si l’on se reporte à la composition normale de l'air, on obtient dans ce cas :

Oxygène... .…. 2sreuré 2116 /2Tnjectié 42 Absorbé 20,84 A7OlE s eree — 105,81 — 158 — 52,19 Acide carbonique — 13,02 — Traces Rendu 13

(raz totale ere = 140 — 200 Absorbé 60

Divisons maintenant les quantités d'oxygène et d'azote retenues par les quantités injectées ; il à disparu les 496 millièmes de la quantité d'oxygène, et les 33 centièmes d'azote, pendant que 13 centimètres cubes d'acide carbonique ont été rendus, soit 6 centim. cubes 5 par 100 volumes d’air injecté.

ExPERIENCE III.

17 janvier. — Le chien, de taille moyenne, allure naturelle, se débat quand on l’amène, et on a quelque peine à le lier. On lui injecte 200 centimètres cubes d'air filtré avec les mêmes précautions que ci-devant. L'injection paraît pénible à l'animal, qui essaye plusieurs fois de se débattre. Deux points de suture sont appliqués à la blessure. Le côté droit parait un peu gonflé. Tympanisme assez marqué. Certain degré de dyspnée. Les jours suivants, le chien paraît triste. Cinq jours plus tard, le 22 janvier, le chien est tué par piqûre du bulbe. La cavité abdominale vidée, le diaphragme paraît tendu normalement. On fait une ponction aspiratrice avec la pompe à mercure, et on retire 95 centimètres cubes de gaz qui, ramenés à la pression atmosphérique donnent 80 centim. cubes 5.

Nous fendons le diaphragme dans les deux hypochondres ; le poumon droit paraît plus volumineux que le gauche, par suite de l'aspiration qui a lieu dans la plèvre de ce côté. Le sternum et la partie antérieure des côtes sont à leur tour coupés au costotome, la plèvre paraît saine. Le poumon droit est légèrement plus exsangue que le gauche. Rien d’anormal aux autres organes.

Analyse de l'air ponctionné :

Pour 80 eme. 5 Pour 100 cmc.

Cxvedne uen 10,349 12,85 AOIOO DE Et, 56,35 70 Acide carbonique. . 14,029 14,42

Reportons-nous à la composition normale de l'air et à la quantité de gaz retirée, on obtient:

Oxygène.....….. retiré 10,349 Injecté. 42 Absorbé 31,65 ADO RE aae — 56,35 — 158 — 101,65 Acide carbonique — 14,029 — Traces Rendu 14 Cao re — 80,5 — 200 Absorbé 119,5

Si nous divisons les quantités d'oxygèneet d'azote retenues par les quantités injectées, nous voyons qu'il à disparu les 75 centièmes de la quantité d’oxygène et les 64 centièmes d'azote pendant que 14 centimètres cubes d'acide carbonique ont été rendus, c’està-dire 7 centim. cubes pour 100 centimètres cubes d'air introduit.

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