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carbonique — 6, oxygène — 5,5, azote 88,5. Neuf, jours après, les proportions étaient: oxygène — 4, azote = 88, acide carbonique — 8. Enfin, à l’'autopsie, le gaz fut recueilli sous l’eau et avait pour composition : acide carbonique — 1,6, oxygène — 1,5, azote — 82,5. Cet auteur voyait là de l’air altéré par les exhalations des fausses membranes.
Brière de Boismont (1) cite un cas où le cadavre fut ouvert sous l’eau, et le gaz qui s’échappa analysé par Bellot, pharmacien des hôpitaux. Il crut reconnaître un mélange de deux parties d'air pour une d'acide carbonique. Dans un autre cas, l'acide carbonique était pur.
Demarquay et Lecomte (2) sont les premiers qui aient étudié le pneumothorax au point de vue expérimental, et tâché de saisir par des essais faits sur des animaux le rôle exact des gaz introduits dans les cavités closes de l'organisme. Dans le but de pouvoir diagnostiquer si une fistule pleuro-pulmonaire était ou non oblitérée, ils ont voulu déterminer les modifications de ces gaz dans la plèvre et la réaction qu'opposait la séreuse pleurale. Ils ont vu d’abord sur un malade que l'oxygène diminue graduellement et est remplacé par une quantité approximativement équivalente d'acide carbonique. L’azote subit aussi au début une augmentation sensible, et 1l se produit
(1) Brière DE Boïsmonr : Thèse de Paris, 1895.
(2) DemarQuay et LecourE: Mémoires sur le gaz de l'hydropneumothorax de l'homme (Comptes rendus, Acad. des sciences, ? février 1863.) — Drmarquay: Gaz, médicale, Paris, 1865. — Demarquay et Lecoure: Trailé de pneumalologie, 1866.
DR TS es ainsi un mélange plus absorbable que le précédent et ainsi de suite jusqu'à résorption complète. Nous. relevons quelques-unes de leurs analyses.
Une première ponction donne dans un échantillon : oxygène — 1,5, acide carbonique — 10,92, azote — 817,64. Un second échantillon donnait: oxygène — 5,39, acide carbonique — 8,87, azote —85,185. Quelques Jours après, un premier échantillon avait: oxygène —(,49, acide carbonique=—11,76, azote —88,35, tandis qu'un autre contenait : oxygène, — 15,37, acide carbonique, = 1,53, azote — 83,10. Huit jours plus tard, on fit la thoracenthèse au malade, le gaz avait pour composition, avant l'opération: oxygène 0,91, acide carbonique = 10,55, azote, 88,54, et après l'opération: oxygène—18,86, acide carbonique 1,88, azote — 79,26.
Leurs expériences de laboratoire ont porté: 1° sur des lapins. Un trocart était enfoncé de 3 centimétres dans la poitrine de ces animaux, et l'air y était comprimé au moyen d'une seringue. Les lapins mourraient de pleurésie ou de phlegmasie pulmonaire. 2° Sur des chiens, à qui ils injectaient de 100 à 150 centim. cubes d'air de la même façon, mais là pas de réaction pleurale et une guérison rapide. De temps en temps, Lecomte ponctionnait l’animal et au moyen d'une vessie adaptée au trocart, 1l recueillait des échantillons qu'il analysait, mais il note simplement qu'il trouvait des mélanges analogues à ceux du malade. |
Quant à la plèvre, d'accord avec Béhier, ces auteurs prétendent, sans aucun fait à l’appui du reste,
iles avoir observé qu'il n y avait pleurésie qu'avec une large communication avec l'extérieur, c’est-à-dire un contact incessant avec l’air renouvelé, ou encore lorsque avec l'air, on mettait au contact de la séreuse pleurale du sang ou du pus, nous dirions aujourd'hui lorsqu'un liquide quelconque vient apporter sur la plaie des germes infectieux.
Carlet et Strauss (1) ont étudié le mécanisme respiratoire du pneumothorax sur un malade. Leur sujet était porteur d'un trajet fistuleux de la grosseur du petit doigt, reste d’un empyème opéré. Deux pneumographes de Marey sont mis de chaque côté de sa paroi thoracique et communiquent avec deux tambours inscripteurs. Un troisième tambour est relié à un tube en caouthouc, introduit par la fistule qu'il oblitère. Ces tambours à levier inscrivaient leurs oscillations sur un Cylindre noirci. L'examen de leurs tracés montre: 1° les deux côtés de la paroi thoracique se comportent de la même manière; 2° le poumon, pendant l'inspiration, tend à se dilater par suite de la raréfaction de l'air intrapleural à ce moment. Pendant l'expiration, au contraire, il est comprimé, en un mot, le jeu du poumon, quoique faible, est conservé; 3° si la plèvre est fermée, 1] y a accentuation du phénomène.
Un médecin de la marine, Vieuille (?), fait l’histoire chnique du pneumothorax simple, c’est-à-dire sans épanchement liquide. Pour lui, la présence de l’oxy-
(1) Cancer et Srrauss: Comptes rendus, Académie des sciences, ?9 septembre 1873. - @) Vieurcre: Du pneumothorax simple. Thèse, Paris, 1876.
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œène est une cause de l'irritation de la plèvre. Aïnsi, d'après cetauteur, l’épanchement sera purulent quand, dans une fistule pleuro-pulmonaire, la perforation sera courte etlarge ; bénin ou nul quand le canal long et anfractueux aura permis à l'ar de perdre une grande quantité d'oxygène par hématose. Mais il avoue ingénument que sa théorie n'est basée sur aucun fait expérimental. C’est simplement une hypothèse qu'il émet, caril la croit de nature à jeter quelque lumière sur un sujet si obscur.
Perrachon (1), se basant sur les observations publiées du pneumothorax simple, constate que Pair seul est unirritant peu considérable. La nocuité résiderait dans les mucosités ou dans le pus.
Augry (2?) étudie au moyen de faits cliniques, les accidents occasionnés par la pénétration brusque de l'air dans la plèvre. Le sujet éprouverait une douleur thoracique intense et une suffocation arrivant de suite à son summum d’acuité. Mais la mort n'aurait lieu que si le pneumothorax est double, ou bien si le poumon du côté opposé a lui-même une lésion organique. Pour lui donc, l'air ne sérait nuisible que par la compression qu’il exerce sur le poumon.
Dans son livre sur l’'empyème, M. le professeur Bouveret (3) étudie surtout le pyopneumothorax tuberculeux. I montre, au point de vue clinique, le rôle fâcheux que joue dans la plèvre un liquide tendant à la purulence. Il note à la suite de Lister la différence
(1) Perracox : Thèse de Paris, 1883.
(2) AuGry. Thèse de Paris, 1887.
(3) Bouverer: De l’'empyème.
“SIG de gravité des fistules pleuro-bronchiques et pleurocutanées, mais ilen place laraison dans leurs formes, qui favorisent plus ou moins l’arrivée des microorganismes. Dans les premières, le gaz doit parcourir un trajet souvent long, sinueux et étroit, et arrive ainsi filtré, presque inoffensif. Dans les secondes, au contraire, l’accès est largement ouvert, et la sérosité ou le pus qui s’'écoulent toujours de l’orifice cutané, facilitent l'entrée des microorganismes etamènent très souvent la purulence.
En 1888, reprenant dans un article (1) de journal l'étude du pneumothorax à soupape, ilpropose comme traitement une fistule éutanée, qu'il n'a pu d'ailleurs mettre à exécution sur son malade.
M. Vinay (2) cite, en 1887, une observation de pneumothorax, et insiste sur l’innocuité de l'air.
M. le professeur Potain (3) propose comme traitement des épanchements intrathoraciques des injections pleurales d'air stérilisé. Il aurait remarqué que tout le gaz était résorbé en trente-quatre jours.
Weil (4), cité par Sehrwald, a vu que les chiens ne peuvent supporter un pneumothorax unilatéral, et meurent de suffocation. Il rapporte ces faits à deux causes : 1° la tendance qu'a le poumon chez cet animal à se rétracter lorsque la plèvre est ouverte, et que la pression atmosphérique s'exerce d'une manière constante sur le feuillet viscéral ; 2° la dislocation du
(4) Bouverer : Lyon Médical, 1888.
(2) Vinay : Lyon Médical, 30 janvier 1887.
(3) Poran : Gazelle des hôpitaux, Paris, 1888. (4) Wei : Deulsch Archiv. f. Klin, «med., 1880.
médiastin. En conséquence, les mouvements respiratoires les plus intenses ne sauraient déplier le poumon lésé. Le seul effet est l'aspiration du médiastin dans le côté thoracique sain.
Sehrwald(1), en rapportant les faits précédents, croit qu'il manque quelque chose à l'explication de Weil pour l'appliquer à l'homme, car elle ne rend pas bien compte des différences individuelles de gravité et des cas de survie.
L'ouverture du thorax ne lui paraît pas influer par elle-même sur l'organisme, mais bien par son étendue. En effet, supposez un animal dont le thorax est ouvert largement. L'expérience montre que la pression intrapleurale est toujours égale à la hauteur barométrique. Fermez le pneumothorax à la fin de l'expiration, c'est-à-dire quand le thorax occupe le volume le plus petit. À ce moment, la pression intrapleurale est toujours équivalente à la pression atmosphérique, mais pendant l'inspiration suivante, cette pression lui devient inférieure, c'est-à-dire devient négative, et l'air a tendance à affluer dans le poumon et à le dilater pour compenser ce vide relatif. La masse aérienne introduite pendant l'inspiration sera chassée pendant l'expiration, et alors on aura un échange gazeux presque normal.
Fermez au contraire le pneumothorax à la fin de l'inspiration, les rapports sont mverses. Pendant l’expiration, la pression intrapleurale devient plus grande que celle de l’atmosphère. Elle diminue pendant
(1) SexrwaLp : Deutsche medic. Wochenschrift, 2? août 1889.
AGE l'inspiration, mais en restant toujours positive; le poumon ne peut pas se déplier. :
Voilà pour la théorie, mais en est-il de même en pratique ? Si l'animal dont la plèvre est ouverte fait une inspiration rapide, il doit y avoir au moins un moment une pression négative. Pour la compenser, l'air pénètre dans le thorax, soit par la trachée, soit par l’ouverture, mais naturellement par la voie la plus facile, qui est en même temps la plus large. C’est pourquoi du rapport de la fistuleavec les voies aériennes dépendra la ventilation du poumon ou de la plèvre seule.
L'auteur, en acceptant les conclusions de Weil sur le médiastin, fait remarquer quil est plus ou moins résistant suivant les individus et suivant les âges. Épais et tendu chez le vieillard, il est souvent souple et facile à blesser chez l'adulte. Chez ce dernier, la pression de l’air le refoule donc souvent du côté sain, et gêne ainsi l'extension complète du poumon correspondant. Sehrwald à inspecté avec un réflecteur l'intérieur du thorax chez un sujet porteur d’un empyème, et a pu voir que les mouvements du diaphragme tendent le médiastin. Il conclut en recommandant de fermer les plaies thoraciques avec un tampon imperméable pendant lexpiration forcée, et en conseillant au malade des mouvements respiratoires profonds et rapides.
Un chirurgien anglais, Marsh (1), cite une observation où l’occlusion pleurale a été faite au contraire pendant l'inspiration.
(1) Mars: Brilish medical Journal, 1890.
Il se trouvait il est vrai dans un cas spécial, où il y avait tendance à la hernie pulmonaire. Il enlevait une côte atteinte d’enchondrome et adhérente à la plèvre pariétale. Après l'ouverture de la cavité pleurale, il vit le poumon animé de mouvements horizontaux, c'est-à-dire tour à tour refoulé dans la cage thoracique et faisant saillie dans la plaie, par contre aucun mouvement en hauteur. Ne pouvant réunir les deux bords de la plèvre, Marsh refoule le poumon avec un tube en caoutchouc, suture entre eux les bords de la plaie, et ayant placé des fils autour du drain, il profite d'une forte inspiration pour enlever ce dernier et obturer l’espace qu'il remplissait. À ce moment, dit-il, le poumon ayant tendance à faire hernie a refoulé tout l’air intrapleural à l'extérieur. Soins et pansement antiseptiques. Le malade est guéri. Tout en enregistrant son succès, l’auteur constate que le pronostic de ces opérations doit toujours être réservé.
Enfin, signalons un mode de traitement curieux du pneumothorax, où le rétablissement du vide pleural semble n'être qu'un jeu pour l’auteur. Witzel (1), assistant à Bonn de Trendelenburg, fait dans le Centralbalt l'histoire d’un malade atteint d’un volumineux sarcome de la paroi thoracique.
L’extirpation de la tumeur fit réséquer la dixième côte et ouvrir la plèvre dans l'endroit correspondant. L'opération terminée et l’hémostase parfaite, Witzel introduisit dans l'angle inférieur de la plaie et paral-
(1) Wirzez : Centralbalt f. Chirurgie, 2? juillet 1890.
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lèlement à la paroi le bec d’une sonde métallique d'homme, et ferma à l’aide de sutures profondes et superficielles toute la plaie thoracique, à l'exception d’une petite ouverture qui, dans le décubitus latéral du malade, correspondait à la partie la plus élevée de la cavité pleurale.
Des sutures prêtes à être liées ayant été disposées autour des deux orifices, l’un libre, l’autre donnant passage à la sonde, on remplit la cavité pleurale d’eau boriquée faible, stérilisée et chauffée à la température du sang.
Lorsque l'issue de l'air ne put plus être obtenue, l’ouverture libre fut oblitérée et le liquide retiré en baissant le vase contenant l’eau boriquée. Witzel
“alors retira la sonde et oblitéra l'ouverture correspondante.
Le malade qui avait eu un peu de cyanose pendant l'injection d'eau se remit vite et la guérison fut rapide.