‹ Contribution à l'étude géochimique et technique de quelques hydrocarburesChapitre 13 sur 24 · TA ANIS ONE · texte numérisé non relu

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Comme avec l’asphalte de Pont-du-Château on obtient des huiles analogues à des pétroles bruts, capables de donner par distillation toute 1a gamme des produits du pétrole. Les rendements sont du même ordre de grandeur quelle que soit la roche initiale. Ici il y a aussi abondance de gasoil et absence de paraffine. La densité des fractions est élevée, ce qui “apparente ces huiles à un pétrole naphténique-aromatique. La teneur en soufre reste haute dans toutes les fractions, en particulier dans les essences. Les moyens ordinaires de désulfuration (soude, plombite de soude, hypochlorite, chlorure de zine, de cuivre, ete.) ne font pas baisser la teneur en soufre jusqu'à un pourcentage admissible. I1 faut consentir des pertes élevées au raffinage ou employer des procédés spéciaux et coûteux. Le meilleur résultat nous a été donné par la méthode DE MAILHE (1) au chlorure d’étain anhydre. Nous avons pu avec une essence à 5,81 % de soufre descendre à 0,2 %. Ce corps se trouve aussi dans les gasoils en quantité excessive (6 à 8 %) ce qui nuit à son emploi dans ies diesels, et s’il fallait le raffiner les pertes seraient très grandes. De plus son indice de cétène est mauvais en raison de son caractère cyclique. Dans ces conditions il serait plus indiqué d’utiliser sa forte teneur en soufre comme produit anticryptogamique dans la lutte contre les maladies des végétaux. On pourrait en effet réaliser facilement des émulsions pour cet usage. æ

La partie résiduelle des huiles brutes correspondant aux lubrifiants n’est pas très abondante, mais on peut préparer des huïles de qualité moyenne. . Aïnsi avec le résidu de 36,2 % de l’huile provenant des sables de Cœur, nous avons obtenu par raffinage ordinaire à l’acide sulfurique, soude et terre décolorante, avec une perte de 12 %, une huile lubrifiante ayant les propriétés suivantes :

viscosité à 20° —1,27 stockes ; viscosité à 50 — 0,255 stockes ; indice de viscosité 28. Ÿ 36.2 X 88

Cette huile représente donc +.

— 31,8 % de l’huile initiale.

On peut améliorer par raffinage au solvant. Avec de l’acétone on obtient avec un rendement de ?0 % un nouveau lubrifiant ayant pour :

densité, 0,960 ; viscosité à 20°, 2,05; viscosité à 50°, 0,42; indice de viscosité, 80.

Il y a donc amélioration nette, mais ül ne représente que 23 % de l'huile initiale. :

Comme conclusion à ces essais, il convenait de chercher un procédé intermédiaire entre la distillation sous vide et la pyrogénation. T1 semble y

(1) Granrz : Pétroles nalurels, p. 262.

ET TECHNIQUE DE QUELQUES ASPHATTES FRANCAIS ss

avoir une température au-dessus de laquelle le rendement en lubrifiant diminue. Nous avons alors étudié le comportement de l’asphalte sous Vaction de la chaleur.

Action de la chaleur sur l’asphalte.

Les essais ont été conduits de la manière suivante : 12 gr d’asphalte, préalablement déshydraté, étaient introduits dans un petit ballon à distiller de 50 eme, Ce récipient était pourvu d’un thermomètre plongeant, de facon à contrôler la température atteinte par l’asphalte et. à vérifier sa constance. Le ballon était placé dans un bain métallique (alliage de Woop) porté à une température fixe et constante à Æ 1° pendant un temps déterminé, généralement une heure. On observait ce qui se passait : dégagement de gaz ou de vapeur. Les produits volatils étaient condensés et recueillis. A la fin de lessai, le ballon était sorti du bain métallique et pesé. Pour se rendre compte des transformations subies par l’asphalte, on en a fait la constitution après chaque essai.

Lorsqu'on chauffe l’asphalte du Pont-du-Château, il perd rapidement son état pâteux et vers 50° il n’a plus l’aspect « filant » qu’il présente à 20°. A 70°-80°, c’est un fluide normal qui a perdu ses propriétés plastiques, pro- Pablement par dissolution des micelles colloïdales.

Jusqu’aux environs de 200°, il n’y a pas d’observations spéciales à faire (fig. 2). Vers cette température, des bulles de gaz nombreuses viennent en surface et Pon perçoit l’odeur de lacide sulfhydrique. Cependant, la perte de poids est très faible et, même à 300°, elle reste inférieure à 1 %. Mais à cette température et après vingt minutes l’analyse décèle un changement dans la proportion des constituants : asphaltènes 30, constituants huïleux 56, résines 12.

Les asphaltènes n’ont donc pas encore commencé à se transformer. I (21.1—19) 100

disparu pour donner de huile qui augmente dans la proportion de 56 — 8.1 L8.1 résines 21,1 — 12 — 9,1 corrèspond exactement à l'augmentation des huiles 56— 48,1 = Ÿ,9 en raison du fait que l’analyse boucle seulement à 98 % et qu’il y a formation de gaz. | 7 , | En opérant à la même température dans les mêmes conditions, mais pendant une heure on trouve ces nouveaux résultats : asphaltènes 30, constituants huileux 58,5, résines 10,5. si Remarquons à nouveau la résistance des asphaltènes à 300°. Les résines continuent à se transformer, mais à une vitesse bien moindre que dans lessai précédent, Ce que nous appelons fésines ne sont donc pas un Corps homogène; une partie se décompose facilement à 300° et une autre portion 12,0 —10,5 = 1,5 soit 12,5 % est plus résistante et se transforme avec une vitesse trois fois moindre, enfin 21,1 — 10,5 — 10,6 soit 50 % sont demeurés inaltérés pendant une heure à 300°.

n’en est pas de même des résines dont — 43 % ont

—15 %. Il est difficile de dire si la diminution des

sl CONTRIBUTION À L’'ÉTUDE GÉOCHIMIQUE

L’essai suivant opéré à 350° fait apparaître une quantité de gaz de 1 % à odeur d’acide sulfhydrique et de mercaptans. Quelques gouttes (environ 1 %) d’un liquide limpide, à peine coloré, distillent. I1 reste dans le ballon | un produit ayant la composition suivante : asphaltènes 18,2, constituants huiïleux 65, résines 14,2.

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