‹ Contribution à l'étude histologique des lauracéesChapitre 4 sur 16 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Caractères botaniques.

La famille des Lauracées appartient au groupe des Dicotylédones dialypétales supérovariées polystémones. Les fleurs sont régulières, hermaphrodites ou unisexuées par avortement, avec monœcie {Hernandia) ou diœcie (Sassafras, Lilsea). Le tube du périanthe est court ou presque nul, campanulé, ovoïde, plus rarement oblong ; il est persistant et peut même s’accroître de diverses manières. Le limbe de ce périanthe est à six segments, moins souvent à quatre ou cinq (Icosandra), imbriqués en deux verticilles ou en deux séries opposées. Ces segments sont égaux, pétaloïdes, les extérieurs plus petits, rarement plus grands.

h’androcée se compose d’étamines ou de staminodes en nombre d’ordinaire double des segments du périanthe, et opposés à eux dans l’ordre suivant : le premier rang d’étamines est opposé aux .segments du verticille externe du périanthe ; le second à ceux du verticille interne ; le troisième au premier verticille d’étamines et le quatrième au second. Dans certaines espèces peu nombreuses, le nombre des étamines ou bien augmente, ou Èen diminue (il y a alors avortement) ; ou bien encore les étamines de l’un des verti-

cilles, surtout celles du quatrième rang, sont réduites à l’état de staminodes. Les filets sont concrescents avec le tube du périantlie, mais libres entre eux après leur séparation de ce tube ; ceux des troisième et quatrième verticilles portent à la base deux renflements nectarifères. Ces renflements existent aussi quelquefois à la base des étamines du rang externe.

Les anthères sont droites, aplaties ou plus rarement obovales, supportées par un filet dilaté à la partie supérieure. Elles portent deux ou quatre logettes, superposées par paires, et contenant huit sacs polliniques en 4 paires, disposées deux par deux de chaque côté du limbe. La déhiscence de chaque loge d^anthère se fait par un clapet. Ces anthères sont introrses dans les deux premiers verticilles, extrorses dans le troisième et parfois introrses partout (Sassafras, Laurus, Lilsea).hes deux premiers verticilles staminaux sont quelquefois stériles comme le quatrième ; le troisième est seul fertile (Sylvia), ou bien le troisième est stérile et les deux premiers alors seuls fertiles (Aioueia). Dans le genre Polyadenia, tous les filets sont munis de nectaires latéraux ; chez les Hernandia, il n’y a qu’un seul vcrticille de trois étamines.

Le gynécée est formé d’un seul carpelle clos, médian, postérieur, surmonté d’un style court ou un peu plus long que l’ovaire qui est simple, dans certains cas légèrement oblique ou recourbé. Le stigmate est tantôt discoïde ou en lame incurvée, tantôt en masse arrondie ou irrégulière. Ce carpelle renferme un seul ovule anatropc pendant à raphé interne ; quand il en apparaît un second, il avorte toujours. Dans le genre Hernandia, l’ovaire est infère et concrescent dans toute sa longueur avec le tube du périanthe.

La formule florale générale des Lauracées est donc :

Le fruit est une baie, tantôt nue (Cinnamomum, Persea, Laurus, etc.), tantôt enveloppée par la partie inférieure du tube du périanthe, ou par le périanthe tout entier accru et devenu charnu (Crÿpfocarj/a, etc.),ou ligneux et cloisonné (Ravensara). C’est rarement un akène entouré par le pérlanlhe charnu, ce qui lui donne l’aspect d’une drupe (Cassylha, Hernandia).

La graine est pendante, dépourvue d’albumen ; elle contient un embryon droit à cotylédons charnus, dont le plan médian est per-

pendiculaire au plan de symétrie de la graine en même temps qu’au plan médian du carpelle et de la fleur tout entière. Ces cotylédons sont étroitement accolés l’un à l’autre, quelquefois même soudés ensemble ; la radicule est supère et la gemmule est parfaitement visible.

Les Lauracées sont des arbres ou arbustes (sauf Cassylha) souvent aromatiques (excepté Hermndia),d’un bois très-dur et d’une odeur très-agréable. Les feuilles sont isolées, rarement opposées (Cinnatnomum), ordinairement persistantes et coriaces, avec parfois des glandes à la base des nervures. Elles sont penninerviées ou palminerviées, à trois ou cinq nervures plus ou moins distinctes, et reliées entre elles par un réseau serré de fines nervures secondaires. Le limbe est entier, ou très rarement à 3 lobes.

Les Cassylha sont des herbes volubiles à droite,sans chlorophylle, à feuilles rudimentaires, qui vivent en parasites sur les tiges à la façon des Cuscutes. Pas de stipules. Les fleurs sont petites ou trèspetites, vertes ou jaunes, disposées en cyrnes bipares, groupées en grappes, ombelles ou capitules. Les bourgeons foliifères et florifères sont souvent recouverts avant leur développement par des écailles imbriquées caduques. — A l’aisselle des pédoncules des inflorescences et sous les pédicelles floraux, on trouve des bractées le plus souvent petites ou nulles, rarement persistantes. Dans peu de genres, il en existe 4-6 formant un involucre sous les ombelles ou les capitules; mais les bractéoles manquent toujours sous les fleurs. Quand, sur ces plantes, il existe un revêtement, il est formé d’un duvet lomenteux, brun et court, composé de poils unicellulaires.

Les espèces décrites et rangées dans cette famille sont au nombre de 900 environ, dont plusieurs mal connues. Elles croissent dans les régions chaudes de l’Amérique, de l’Asie, de l’Australie, dans les îles de l’Océan Pacifique ; etc. Quelques-unes, situées en dehors des tropiques, sont répandues dans l’Amérique boréale ou australe, dans la région méditerranéenne, les îles Canaries, l’Afrique au.strale et la Nouvelle-Zélande ; certaines se rencontrent même dans l’Afrique équatoriale.

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