NUQUE
A. Epoque primaire. — Bien que la chaîne du Jura ait subi de nombreux plissements, au cours des différentes périodes géologiques elle n’a pas été travaillée au point de faire sortir de la profondeur soit des roches éruptives, soit des roches métamorphiques, d’où une absence complète de roches cristallines.
Ce manque d’énergie dans les plissements se traduit aussi par une absence totale des roches sédimentaires appartenant à l’époque primaire.
B. Epoque secondaire. — Celle-ci se trouve particulièrement bien développée dans la partie nordorientale du territoire.
Nous allons examiner successivement les différentes séries de la période secondaire.
a. Série triasique. Les trois étages de la série triasique font presque totalement défaut; on ne trouve en effet, ni Bundersandstein, ni Muschelkalk, seul 1e Keuper, étage tout à fait supérieur du Trias, se montre sous forme de lambeaux, composés uniquement de marnes irisées gypsifères, d’ailleurs peu abondantes, et qui ont été jadis exploitées comme pierre à plâtre, notamment dans la région de Saint-Rambert-en- Bugey.
b. Série liasique. Les affleurements infraliasiques et du Lias inférieur sont assez rares. Dans la région de St-Rambert-en-Bugey les différentes zones du Lias inférieur si bien visibles au sud de la cluse de Culoz à Ambérieu deviennent impossible à distinguer. Sur le Trias on trouve par endroits une assise de cal-
caires en plaques, ne renfermant que très peu de fossiles, dans d’autres ce sont des grés.
Les étages du Lias nroyen sont beaucoup plus visibles et ils sont d’autant mieux représentés que l’on s’élève dans la série.
Le Sinémurien se présente ici sous la forme de calcaire à « Gryphéa arcuata >» mais cette zone se trouve réduite à un état tellement rudimentaire qu'on ne peut y établir aucune subdivision.
Le Charmouthien est beaucoup mieux représenté, on le trouve sous la forme de calcaires marneux riches en Bélemnites et Ammonites.
Enfin les étages du Lias supérieur Toarcien et Aulénien sont assez bien développés.
Le Toarcien se présente à la base sous forme d’un calcaire de couleur gris bleu, excessivement dur, renfermant des oolithes ferrugineuses. Cette assise est elle-même surmontée par un calcaire de couleur rougeâtre, couleur due aux nombreuses oolithes ferrugineuses qui y sont contenues.
La teneur maximum en fer s’observe au sud de notre région, en particulier dans la région de St- Rambert-en-Bugey, Oncieu et Montgriffon.
À mesure que l’on remonte vers le nord, cette teneur ferrugineuse diminue, et on ne trouve plus que quelques lambeaux localisés dans les assises les plus supérieures; comme localités il faut citer Chaux aux environs de Jujurieux, St-Jean-le-Vieux et St-Jérôme. Il est à noter que ces assises sont assez riches en fer
pour avoir été exploitées, autrefois, comme minerais de fer.
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À mesure que l’on remonte plus au nord le Lias se présente soit sous forme de marnes, soit sous forme de calcaires marneux.
L’Aulénien, au point de vue pétrographique présente dans sa partie inférieure des caractères semblables à ceux du Toarcien. Mais à partir de l’Aulénien moyen nous voyons apparaître des calcaires marneux de couleur jaune avec des empreintes rameuses Cancellophycus surtout dans la région de Varey et St-Rambert-en-Bugey et on passe progressivement au calcaire à entroques, remarquable par l’absence de fossiles; cette absence n’a pas permis d'établir une distinction entre le niveau supérieur du Lias et le niveau le plus inférieur de la série jurassique.
c. Série jurassique. Le Jurassique inférieur (Bajocien et Bathonien) se présente sous forme de puissantes assises calcaires. Par endroits se rencontrent des bancs argilo-sableux intercalés dans les calcaires à diverses hauteurs et qui témoignent des variations locales de la sédimentation.
Le Bajocien est surtout composé de calcaire à entroques où prédominent les débris de Crinoïdes. Vers la fin de l’étage se présentent des calcaires à Polypiers.
Le Bathonien inférieur est fait d’un calcaire grisâtre renfermant de nombreuses oolithes, il a une épaisseur assez considérable.
Dans la région d’Oyonnax-Dortan, le Bathonien moyen est représenté par des calcaires marneux surmontés par une lumachelle. À mesure que l’on des-
cend vers le sud, cette formation marneuse passe à un calcaire plus ou moins pur, compact, marbré de veines rougeâtres, c’est le « choin » si bien développé dans la région de Villebois. Enfin le Bathonien supérieur lui aussi monocalcaire est surmonté par une assise qui renferme de nombreux rognons de silex.
Le Jurassique moyen est caractérisé par le faible développement du niveau le’ plus inférieur, le Callovien.
Cet étage se trouve représenté par un niveau de marnes renfermant soit des oolithes ferrugineuses, soit des fossiles à l’état plus ou moins pyriteux. Cette assise est d’ailleurs très irrégulièrement distribuée ct on ne trouve que peu d’affleurements. L’Oxfordien, par contre, atteint une épaisseur considérable, il est composé d'assises marneuses qui sont plus ou moins développées suivant les régions; c’est ainsi qu’elles ont une puissance plus grande au sud qu’au nord. Leur imperméabilité leur fait jouer un rôle de premier ordre dans l’hydrographie.
Avec le Jurassique supérieur les conditions de la sédimentation deviennent toutes différentes, les marnes cèdent la place à des calcaires dont une partie est l’œuvre des animaux. Dans la partie méridicnale on trouve des marno calcaires qui présentent trois aspects différents : un aspect grumeleux dû à des colonies de Spongiaires, un aspect crayeux, puis un calcaire à grain très fin. À mesure que l’on remonte vers le Nord, de la cluse d’Ambérieu-Culoz, vers Thoirette, on voit apparaître des formations
corolligènes au milieu de marnes grumeleuses. Ces récifs corallieux se présentent sous forme de massifs calcaires où l’on aperçoit des coraux très ramifiés noyés dans une oolithe de couleur blanche. Ces formations sont particulièrement bien visibles dans les environs d’Oyonnax.
Série crétacée. Le Jurassique se termine par le Purbeckien où la sédimentation lacustre l’emporte momentanément sur la sédimentation marine. Cellcci se fait à nouveau sentir dans notre région dans la vallée du Suran avec les assises valanginiennes calcaires et hauteriviennes marneuses. La puissance de cet infra-crétacé, qui ne dépasse pas Pont-d’Ain vers le Sud, va en augmentant vers l’Est. Quant au crétacé supérieur, il n’y a que des lambeaux insignifiants à Leyssard et au lac Genin.
C. Epoque tertiaire. — La période Eocène a probablement été marquée par de puissantes érosions, dont certains produits se retrouvent sous forme de sables cristallins dans les poches des calcaires de la vallée du Suran et de l’Ain.
a. Oligocène. Représenté au nord du village de Douvres par des travertins de couleur rouge renfermant des blocs appartenant au Jurassique. Ce sont des formations calcaires relativement peu résistantes qui ont subi une érosion très grande au cours des périodes postérieures, si bien qu’à l’heure actuelle on n’en trouve plus que quelques faibles lambeaux.
Les sondages entrepris dans l’Est lyonnais pour la recherche de la houïlle ont mis en évidence vers St-
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Maurice-de-Gourdans et le long du Rhône l'existence en profondeur de plus de 500 mètres, de couches oligocènes déposées au sein d’un lac de longue durée dont le fond s’abaissait à mesure qu’il était surchargé.
b. Miocène. — Ce grand lac a subsisté pendant le début du Miocène lors du Burdigalien, seule la mer Vindobonienne a laissé ses dépôts dans la région d'Ambérieu sous forme d’assises sableuses d’aspect molassique. Cette mer fit place au Pontien, à des lagunes, puis à des lacs et à des formations fluviolacustres dont les restes sont très visibles le long de la bordure du Jura entre Ambérieu et Pont-d’Ain et dans la vallée du Suran (Lignites de Soblay).
c. Pliocène. Le Pliocène inférieur ou Plaisancien est caractérisé par d’épaisses couches marneuses (marnes de Mollon) surmontées d’assises sableuses (sables de Sermenaz-Mollon) recouvertes elles-mêmes par une nouvelle couche plus mince de marnes (marnes des Boulées et de Loyes).
À Mollon au-dessus de ces marnes se trouve un deuxième horizon sableux, celui des sables de Rigneux.
Les marnes affleurent sur les deux rives de l’Ain ainsi que quelques bancs de lignites. Ce sont elles qui constituent le substratum de toute la Cotière des Dombes, de Mcllon à Neyron-Bas. Les assises sableuses sont la plupart du temps cachées par la végétation et les marnes supérieurés forment un excellent niveau à flanc de côteau, très net en particulier des Boulées de Miribel à Montluel.
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Ces assises furent ravinées par de puissants courants qui établirent un réseau hydrographique profond dont l’artère maîtresse fut remblayée au Pliocène moyen ou ÂAstien par des sédiments caillouteux avec intercalation de tufs. Ce sont les cailloutis de la Boisse, Montluel, Dagneux, Meximieux.
Dans cette localité il y a au sein des cailloutis des tufs calcaires travertineux avec empreintes végétales.
Les cailloutis continuèrent à s’enlever de la surface de la Dombes pendant le Pliocène supérieur ou Villefranchien; ce sont eux qui composent le sommet de la falaise de la Cotière des Dombes, de Neyron jusqu’à Druillat. Recouverts par les formations glaciaires dans la Dombes, ils ne sont visibles que dans les entailles des torrents ou sur le rebord de la Cotière comme à Miribel, St-Maurice-de-Beynost, Montluel, etc. Ce sont des caïlloutis jaunes ferrugineux, dont les calcaires sont généralement épuisés et dont les roches cristallines sont très fortement kaolinnisées. Il n’y a de solides que les quartzites, qui, bien que profondément patinés sont toujours très résistants. Souvent ces cailloutis sont envahis par des lentilles sableuses qui attestent le caractère flu-
viatile du dépôt.
D. Epoque Quaternaire. — Cette époque est celle du développement des glaciers alpins qui finissent par envahir toute notre région. Les glaciers locaux du Jura furent absorbés par les glaces alpines et les dépôts morainiques se mélangèrent, ainsi qu’on le constate dans les vallées de l’Ange, de l’Aïin et du
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Suran. La Dombes elle-même fut envahie et les glaces s’étendirent même jusque vers le sud de la Bresse. La retraite fut saccadée, ce qui implique des successions d’avancées et de reculs, que l’on peut interpréter comme des glaciations différentes ou comme des phases de très longue période glaciaire. Les moraines qui intéressent notre région sont les moraines rissiennes et würmiennes. Les premières ‘ tapissent les pentes de la Cotière de Loyes à Lyon. Les secondes forment le bourrelet classique Lagnieu, Chazey, Chanoz, St-Maurice-de-Gourdans. En avant se trouvent les dépôts fluvio-glaciaires de la terrasse de 15 à 20 mètres dite de la Valbonne-Villeurbanne.
Outre les moraines typiques et leurs terrasses subordonnées, il y a, à Belligneux un placage de cailloutis gris arrivé par la moraine rissienne. Une bande beaucoup plus importante de ces mêmes cailloutis gris se voit de Neyron à St-Clair, elle est aussi liée au glaciaire rissien.
Les glaciers en fondant ont laissé sur place de la moraine de fond généralement recouverte ou emportée par des alluvions ultérieures et un immense matériel boueux où ont été puisés les éléments qui constituent les lœæss et limons, si abondants dans la partie occidentale de la région.
Conclusion. — En général, les sources se trouvent au contact de couches perméables faisant fonction d’accumulateur, ou d’éponge, avec une couche imperméable. Dans notre domaine les couches imperméables sont surtout représentées par des marnes et des argiles.
De haut en bas on rencontre les bandes argileuses morainiques donnant quelques maigres sources surtout dans la Dombes. Les argiles de Saint-Cosme, de la vallée de l’Ain, vers St-Jean-de-Niost, les marnes du Pliocène inférieur ou plaisanciennes donnent la ligne de belles sources de la Cotière des Dombes, de Neyron à Mollon. Elles forment, ainsi en grande partie, le substratum sur lequel reposent les nappes qui accompagnent le cours inférieur de l’Ain de Priay à St-Jean-de-Niost, et en aval de St-Maurice-de-Gourdans, et le cours du Rhône de St-Maurice-de-Gourdans à Lyon St-Clair.
Le cours de l’Ain de Pont-d’Ain à Mollon est soutenu par les marnes pontiennes qui donnent aussi quelques sources le long de la bordure du Jura entre Jujurieux et Ambérieu. Les marnes hauteriviennes donnent quelques rares sources dans la vallée du Suran et dans les chaînes de la rive gauche de l’Ain.
Dans la partie montagneuse de la région, le principal niveau aquifère est celui des marnes oxfordiennes.
Enfin, très rarement, vu le peu d’extension des affleurements, les marnes liasiques retiennent les eaux infiltrées et les font sourdre à l’air libre.