EAUX DE LA RIVIERE D’AIN
Les eaux de la rivière d’Ain alimentent en partie les communes situées dans sa vallée; surtout dans sa partie inférieure, Les eaux de consommation proviennent de phénomènes karstiques qui se produisent dans le lit de la rivière; soit après avoir subi une filtration dans les graviers et les sables qui bordent la rivière. Il est donc intéressant de comparer les analyses des eaux prises dans la rivière même, avec celle des communes voisines.
Nous avons analysé l’eau de la rivière à Thoirette, à son entrée dans le département; à Neuville, où la rivière quitte la montagne; ainsi qu’à Anthon où elle se jette dans le Rhône.
L’échantillon pris à Thoirette a été prélevé en barque, sous le pont de la commune, le 21 avril 1933.
Le prélèvement fait à Neuville-sur-Ain a eu lieu « sous-Roche » le 23 avril 1933.
Celui fait à Anthon nous a valu une jolie promenade. C’est ici que l’Aïn se jette dans le Rhône. C’est un spectable grandiose de voir les eaux rapides de l’Ain cheminer assez longtemps à travers le Rhône. Ce phénomène peut surprendre le spectateur; mais nous étions averti du fait, qui a été signalé dans notre étude hydrologique. Le courant de l’Ain est plus rapide que celui du Rhône.
LA
De la rive gauche du fleuve, le passeur, M. Barquet, nous fait traverser le Rhône dans une petite barque. Nous remontons ensuite l'Ain pendant quelque centaines de mètres. Au milieu du courant nous remplissons nos bouteilles. Nous avons consigné les résultats de ces 3 analyses de l’Ain dans un même
tableau.
Composition de l’eau de l'Ain.
Eléments Thoirette Neuville Anthon Température de l’air . 19%2 TOR 1941 Température de l’eau . OS 9°,5 9°,9 Limpide, incolore .... oui oui oui Agréable, inodore .... oui oui oui Alcalinité totale ...... 175mme. 175mmeg 210mmes Alcalinité permanente. 30 30 35 Extrait sec à 110° 250 290 210 Perte au rouge ...... 25 30 20 Chlorures en CI Na 42,12 29,95 23,98 Hydrogène sulfuré et
SUULES Er ce néant néant néant Sulfates en SOLE. > 50 > 50 > 50 Azote ammoniacal 0,28 0,10 0,10 Azote albuminoïde 0,14 0,06 0,06 INTITULES TI trempe néant néant néant NTITAICS RCE TER See 12,60 10,80 9 Matières org milieu
ACIAC NAS TE REC 2 1,8 12 Matières org. milieu
AICALINER EENe 14 1 0,6 ÉTAT néant néant néant Degré hydrot. total 16° 15° 14° Degré hydrot. perma-
ON MR AGO Ann ROUE 2e 2 20 CONCIUSLON AMEN suspecte potable potable
F7 Te
La comparaison des 3 analyses faites aux 3 points les plus caractéristiques du cours de l’Ain nous montre une constance de composition assez sensible.
Les éléments minéraux sont, à peu de chose près, dans les mêmes proportions sur tout le parcours. Le degré hydrotimétrique varie de 16 à 14°.
Il est curieux de constater la valeur hydrotimétrique est plutôt faible : 16° pour une région calcaire. Alors que les analyses des eaux des pays voisins montrent un degré hydrotimétrique souvent supérieur à 20°. L’explication nous en est donnée par noire étude hydrologique; l'Ain est alimenté essentiellement par les eaux de pluie, par suite fort peu minéralisée.
THOIRETTE
Nous avons fait le prélèvement de l’eau à une vieille fontaine qui coule continuellement dans un bac au bord de la grand route. Notre analyse du 6 mars 1933 nous a donné les résultats suivants : en
milligrammes
Température extérieure ......... AR ORPI 13° HémiDerature de eau A RER: 991 Incolore, limpide, saveur agréable, odeur nulle. Degré hydrotimétrique total ............... 19 Degré hydrotimétrique permarent ......... 7 PCA I ÉMO IAE nn bir Pes seed 240 AMCOINIESDErTMANENTE rende rrou ces 175
RAR A ASC CE LI D OEM en sou 460
Pértéerau rougent: 5 RSR ROME E 40 Chlorures en CINa ......... ie DAC NACRE A 30 Sulfates en:S0$ :::... PRENDRE O0 HS'et.sulfures 452 RAR RER ARE 0 Azote aMMmOomAcal ER ne 0,06 AZoteralbDUMAGId ON ER PR M re 0,02 NES ER Re, M ee 0 NÉDAS ER ET ne nt nr ed LATTES 9 Matières organiques en milieu acide ....... 1,6 Matières organiques en milieu alcalin ...... 17 Per? dde RO RE LE se 0 Conclusion. — Eau potable.
OYONNAX
Vilie de 12.000 habitants, première cité industrielle de l’Ain; qui compte de nombreuses fabriques de peignes et d’articles en celluloïd. Le service loca! d'hygiène, soucieux de sa responsabilité, fait procéder à de fréquentes analyses.
Les eaux servant à l’alimentation de la popuiation proviennent de trois sources différentes : celle du « Bozet » originaire du ruisseau ia Sarsouille; celle de ia commune de Geilles provenant de la petite rivière l’Ange et actuellement les eaux d’une nappe se trouvant dans « la Prairie » et refoulées par pompage automatique.
Voici les résultats d’une analyse faite par l’Institut bactériologique de Lyon en 1928.
Te
Eau d’un puits dans la prairie
près de l’usine électrique. (Institut bact. de Lyon).
Degré hydrotimétrique total. ....:.:...:..%. 52° Matières organiques (en O consommé) :
(en mmzgr.) DH CN ACTOR M Nr nd amont 375 (ES AN Ga RENTE LEE RE AS PRE 200 Sultates ent SOS) #5: PME IE SE 612
ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE.
200 Coli assez indologènes.
Conclusion. — Eau non potable.
Eau du Réservoir (Institut Mérieux).
Voici les résultats d’une analyse faite par l’Insti-
tut Mérieux de Lyon le 21 octobre 1929. en milligr.
Température extérieure ............. 28° Température de la nappe d’eau ..... 13° Aspect : limpide.
Couleur : normale.
Odeur : nulle.
Saveur : nulle.
Matières organiques en O consommé
CP UIE A ICI. TIR ONE 0,32 ATONIAU HORREUR UT néant UTC SN RME CAT EE R OT POUR néant DS ULLUE CS PMU PPT EURE nes néant
Périé au rouge. -.6 ee De CPE 10
Silice (SiO?) ....... RO ee 8 Oxyde de fer et alumine............ EG Chaüx (CAUSES SES MERE 91 Magnésie (MeO) Meme en eee 6,5 NITTATES RE en le rem do traces infimes ChICRATES A TE nee ii — SUITATES CU Ce cou cons re — Degré hydrotimétrique total ........ 15° Degré hydrotimétrique permanent ... 3°9
ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE.
Numération totale des colonies. — La numération effectuée sur gélatine à 22° a donné comme moyenne : 540 colonies dont :
90 moisissures.
150 colonies liquéfiantes.
300 colonies non liquéfiantes.
Recherche du bacille typhique et du Coli.
1° Recherche de Gambier ...—...1.. négative 22 Méthode de Nincent 4 2 5. négative Expérimentation physiologique. — Un cobaye pe-
sant 420 grammes a reçu par injection intrapéritonéale de 1‘,25 d’une cdltére en bouillon ordinaire âgé de 8 jours avec l’eau suspecte. L’animal mis en observation pendant une huitaine n’a pas paru souffrir de l’inoculation; il n’a présenté qu’une légère hyperthermie le lendemain de l'injection — il n’a présenté ni diarrhée, ni appétence.
Conclusions. — Eau de bonne composition chimique. Eau bonne bactériologiquement.
ne ONE
Variation de la teneur en Colibacille.
Provenance | Date | Coli | Conclusion a ER | LR ste Ca PS | |
Eau du Bozet 110 janvier 1930) 2.000 | mauvaise Eau du Bozet 121 février 1930 500 | mauvaise Eau de la Sarsouille 16 juillet 1930) 1.000 | mauvaise Eau de Geilles | 18 avril 1931 | 1.000 mauvaise
Eau de Geilles 28 avril 1931 106 | bonne
Dans ce tableau sont résumés les résultats des ana-
lyses bactériologiques faites par le laboratoire Mérieux.
Il est intéressant de comparer les variations de la richesse en colibacille d’une même source à des époques différentes. Cela montre qu’une eau potable à un moment donné, peut être contaminée quelque temps plus tard. D’où la nécessité de faire analyser
l’eau fréquemment.
Puits Laurioux et Puits Jardin.
Ces puits se trouvent en bas de la côte de Veyziat. Le rapport géologique du 17 juillet dit : « Les terrains calcaires appartiennent au Jurassique supérieur et au Crétacé inférieur. Ils plongent respectivement des 2 côtés vers la vallée qui est une dépression synclinale. Mais cette dépression en fond de bateau a été
Lur F) Eee
remblayée sur une épaisseur considérable, supérieure à 15 mètres au centre, par des alluvions quaternaires d’origine fluvio-glaciaire venues du Nord-Est qui sont peu caillouteuses. Mais surtout riches en sable et avec des lentilles ou des lits marneux, discontinus, intercalés dans la masse à divers niveaux. Il est certain qu’il existe en contact direct avec le calcaire sous-jacent une assise marneuse importante qui retient les eaux. Ceci permet aux alluvions, très perméables, de se saturer d’eau, sans quoï les eaux s’infiltreraient profondément dans le calcaire fissuré. La masse des alluvions est divisée par des lits marneux en plusieurs étages indépendants et saturés d’eau jusque près de la surface.
Puits Lauriou (Compagnie Générale d’Electricité).
(Institut bact. de Lyon).
Analyse de l’Institut bactériologique de Lyon, prélèvement fait par Monsieur le Docteur Poncet, inspecteur départemental du bureau d'hygiène, le 17 juillet 1931 :
Matières organiques (en O consommé) :
(en mmgr.)
énrmien Aide RS PCR RES 0,7
en miliet alca lin 2m OR A 0,2 Ammoniaque libres -MCCA MEN SAME 0,056 Ammoniaque albuminoïde ................. 0,096 NÉE ARR SEEN SA IAE LU RE ne ere 7 néant NITPALES ERA UE TR TE RE RER 11
Chlorures (en Na. ee re 19,89
SUHALES (CES OT) PP Re 154 RO En ee et AN. à néant AICAI DU OR ne ut tisren à 293 Degré hydrotimétrique total ............... 40 Degré hydrotimétrique permanent ......... 11
Conclusion. — Degré hydrotimétrique un peu élevé.
ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE.
1° Analyse quantitative.
PAC TODÉS ALL CT. Re eh Lie. 125
b) Bactéries chromogènes liquéfiantes .. néant Bactéries non chromogènes liquéfiantes .... 45
—- chromogènes non liquéfiantes ... néant
— non chromogènes non liquéfiantes 80
b) Espèces saprophytes déterminées : espèces banales. Hyphomicètes.
2° Analyse qualitative.
HE COLDACILIERS PARMESAN Are néant
b) Autres espèces se rencontrant dans les matières fécales et les matières en putréfac-
RO RU nie, Mn. néant b) Espèces pathogènes (B. typhique, para-
typhique, v. cholérique, etc...) ............. néant Conclusion. — Eau excellente.
Puits Jardin (Institut bact. Lyon).
Analyse de l’Institut bactériologique de Lyon, prélèvement fait par M. le D' Poncet le 26 juin 1931.
ANALYSE CHIMIQUE
Aspect : limpide.
Couleur : normale.
Odeur : nulle.
Saveur : nulle.
Matières organiques (en O consomme :
(en mmagr.)
CRE MACINNIS RATER 0,4
CPI AMENER den cet ste ne ee 0,3 ATOTAIOIAQUE MIE NE Rens des io 0,032 Ammoniaque albuminoïde ............... 0,078 INHERES "Suis sun tenace anse D EN néant NiPALES as biE EC ER OIR URR 11 Chiôrures (en iNaGDe Es OR Re 22,23 Sulfates (en SOMME mur. RSR ee 154 Fer: TR US AE ARE STORE EE néant Altcalinitoss RHUME Ai dr ARS RS 280 Degré hydrotimétrique total ….........4.., 34 Degré hydrotimétrique permanent ......... 11
Conclusion : Eau un peu dure.
ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE.
1° Analyse quantitative.
a) Microbes'an Got 1040 b) Bactéries chromogènes liquéfiantes... néant non chromogènes liquéfiantes 80 — chromogènes non liquéfiantes 0 — non chromogènes non liqué- HaAnLeS Ans dre PURE CE VERS 960 c) Espèces saprophytes déterminées : Espèces banales, Hyphomicètes.
2° Analyse qualitative.
a) Cohibacille” : + RSR Me néant
dpi
b) Autres espèces se rencontrant dans les matières fécales et les matières en putréfaction ....... néant c) Espèces pathogènes (B. typhique, paratyphique, NACDOIÉFIQUEMO LC DE. EU ennemi néant
Conclusion. — Eau potable bactériologiquement.
Eau du puits de la Compagnie d'électricité (prélevée au Château d’eau).
(Institut bact. Lyon).
Analyse de l’Institut bactériologique de Lyon, prélèvement du D' Poncet le 26 juin 1932.
ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE.
AGO LDACUIC EPS RAT EN ME in; 70 2° Autres espèces se rencontrant dans les matières fécales et les matières en putréfaction : présence à partir de 10 cm° d’eau.
3° Espèces pathogènes (B. typhique, paratyphique, VARCHOIC TIQUE ACC ER D Dern nu M rer néant
Conclusion : Eau contaminée.
Eau du Bozet (Institut bact. Lyon).
(prélevée au Château d’eau) Prélèvement du Docteur Poncet le 26 juin 1932.
Analyse de l’Institut bactériologique de Lyon.
ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE.
1° Numérotation du Colibacille ............ 50 2° Autres espèces se rencontrant dans les matières fécales et les matières en putréfaction : présence à
partir de 10 cm d’eau.