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CUTICULE DU POIL

Pratiquement, elle ne présente sur le poil du chien, aucun intérêt : jamais nous n’avons observé un poil qui en fût recouvert sur toute sa longueur. On peut tout juste dire qu'elle est surtout visible au niveau du bulbe, plus rarement de la pointe, et qu’elle manque toujours sur la plus grande partis du poil sauf aux extrémités, où d’ailleurs, elle n’est pas constante.

Elle apparaît comme une fine denticulation latérale, peu nette, ou comme un réseau à mailles plus ou moins serrées, à peu près losangiques, dont l'intensité diminue progressivement à mesure que l’on s'éloigne des extrémités du poil.

4° SUBSTANCE CORTICALE

Son importance est liée à celle de la moelle et elles varient toutes deux en sens inverse. L’écorce n'offre guère d'in:

np

térêt, en dehors de ses relations avec le canal médullaire, qu’au point de vue de la pigmentation.

Sur les poils blancs ou décolorés, la substance corticale apparaît constituée de vésicules brillantes, très nettes vers le bulbe, souvent aussi nettes vers ia pointe, mais dont les dimensions décroissent à mesure que l’on s'éloigne des extrémités, de sorte que dans la très grande majorité des poils examinés, le tiers médian de la tige est incolore et transparent. Quand ces vésicules possèdent un pouvoir réfringent important, elles donnent au poil un aspect brillant, argenié (chien Samoyède, par exemple). Les vésiculss semblent autant de petits points étincelants noyés dans une substance fondamentale, donnant un aspect comparable à celui d’un miroir à alouettes.

Dans les poils pigmentés, on observe la granulation cidessus, mais au sein de la gangue, se mêlent les cellules pigmentaires, en nombre évidemment variable, soit bien individualisées, soit confondues en un manchon périmédullaire plus ou moins opaque, avec toutes les intensités de pigmemation intermédiaires. La couleur de ces cellules caractérise chaque sorte de pelage. Quand elles sont réunies en petit nombre, on les voit très allongées, filiformes, sinueuses; eïles se répar-. tissent alors dans l'écorce à des niveaux indifférents; mais quand on les renconire en grande quantité, elles se raccourcissent, deviennent plus larges, quoique le rapport de leurs deux dimensions reste encore très élsvé et elles se tassent autour de la moelle, qui parfois est entourée d’un véritable manchon opaque, arrivant même à la dissimuler, alors qu’à la périphérie, il reste un anneau progressivement plus clair, parfois même transparent.

Même sur les poils qui semblent uniformément colorés,

Et —

on remerque que l2 plus souvent les cellules pigmentaires soni plus abondantes au milieu du poil qu'aux extrémités, où d’ailleurs les granulations apparaissent.

Quelquefois, on rencontre. au sein de la substance corticale des amas de c2llules médullaires détachées de la masse principale, formant de gros ilôts sombres tranchant sur le fond plus clair de l’écorce.

s° LA MOELLE

Nous abordons ici le chapitre le plus intéressant du résultat de nos recherches.

a) Présence. — Si 12 canal médullaire manque fréquemment dans les brins de laine, sa présence est pour ainsi dire constante au sein du poil de chien adulte et quelle que soit la pigmentation. Nous n'avons trouvé que deux échantilons provenant d’un Sefter Irlandais, champion d'exposition canine, porteur d’un admirable pelage cuivré, où la moelle fût totalement absente; sur d’autres brins, le canal central avait une importanc: beaucoup moindre par rapport aux autres races canines. Les poils de ce Setter, avec leur substance corticale chargée de longues et fines cellules pigmentaires rougeâtres, offrait une ressemblance frappante avec des cheveux blonds de femme.

La présence de la moelle peut être quelquefois dissimulée par une forte pigmentation, mais si on ne peut effectuer les mensurations dans ce cas, on s’assure cependant facilementt de l’existence du canal. Dans des exemples très rares aussi, nous avons rencontré des cellules médullaires privées d'air, donc éclaircies, mais dont les contours marquaient avec une netteté suffisante que la moelle occupait sa position normale.

En conclusion, à part les d:ux exceptions signalées plus haut (les poils d’autres Setters sont pourvus de moelle), on peut considérer que le canal médullaire existe dans tous les poils de chiens.

b) Continuité. — Dans les poils courts, la moelle se signale par sa continuité, sauf aux extrémités (nous y reviendrons); elle décrit un long fuseau opaque, parfois dissimulé par la pigmentation de l'écorce mais qui s’étend sans aucune interruption sur la plus grande longueur du brin.

Dans les poils frisés, nous n’avons pu poser d2 loi générale. En effet, le canal médullaire du Caniche s’est présenté avec un certain nombre de solutions de continuité, variant de deux à cinq, coïncidant avec un rétrécissèment transversal de la tige, mais pas forcément avec les zones de courbure, les points d’inflexion ou les portions rectilignes du poil: le nombre des frisures n2 doit pas davantage entrer en ligne de compte que le diamètre, car les poils de chien Samoyède, bien que présentant un nombre de boucles supérieur à ceux du Caniche, possèdent un canal médullaire absolument continu, sans aucune interruption.

En ce qui concerne les poils durs, rien de général non plus. Chez un Griffon de chasse, certains brins possédaient un canal bien régulier dans sa continuité, et d’autres un canal interrompu à une ou dzux reprises.

Les poils longs et ondulés offrent le même caractère. Certains possèdent un canal médullaire continu, d’autres au contraire sont pourvus d’une moelle interrompue par des solutions de continuité allant de deux à sept.

En résumé, le canal médullaire est continu (surtout dans les poils courts) ou non, et les interruptions, n’ont ni une longueur, ni une localisation, ni une répartition qui puisse ré-

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pondre à une loi commune : on les trouve à l’occasion sur des poils de mêm>: origine, ce qui élimine la question de race en la matière.

c) Régularité. — Le canal médullaire n’est jamais régulier, en ce sens que d’un bout à l’autre du poil son diamètre varie constamment. Quelques échantillons tout au plus, montrent des portions de moells à peu près cylindriques sur une pêtite longueur. Le diamètre est toujours plus petit aux extrémités, et offre une valeur maximum qu’il conserve pendant une très court: distance. Les poils courts possèdent un canal médullaire d'apparence régulière en ce sens que son diamètre croît régulièrement jusqu’à une plus grande valeur, puis décroît progressivement vers la pointe, donnant ainsi à la molle l'aspect d’un fuseau, réduction approximative du fuseau de la tige, car ils varient tous deux dans le même sens, sinon proportionnellement. Maïs cet aspect régulier est une exception dans la morphologie de la mozlle en général.

Le plus souvent, qu’elle soit continue ou non, la moelle présente des étranglements, lui faisant prendre l'apparence comme la tige en certains cas, d’une succession de fuseaux mis bout à bout, ou parfois séparés, fuseaux qui ne semblent suivre äucune loi de répartition, de localisation, de dimersion, ni entre eux, ni par rapport à ceux décrits par la tige; leur nombre peut aller jusqu’à cinq.

Les bords mêmes du canal ne sont pas réguliers, car par suite du tassement, les cellules constitutivès sphériques, deviennent polyédriques sauf à leur contour latéral, et découpent ainsi un fin festonnage le long du canal.

Pour nous résumer, nous dirons que la forme générale du canal médullaire est celle d’un fuseau, fuseau dissymétrique, car sa partie renflée se trouve toujours déjetée vers l’u-

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nion du tiers médian du poil avec l’un d2s autres tiers, le dernier le plus souvent ; cet aspect fusiforme en gros, est bien net sur la plupart des poils courts: il se conserve sur les poils longs, frisés, ondulés, durs, que la moelle soit continue ou non, car l’ensemble des différents fuseaux constitutifs, dessine toujours un fuseau dont le diamètre maximum correspond au renflement du fuseau le plus largz.

d) Origine et terminaison. — L'origine et la terminaison se font selon le même mode. Trois cas se sont présentés au cours de nos recherches : |

1° Le canal médullaire naît d'emblée, et finit d’une façon aussi nette ; c’est le cas le plus fréquent des poils courts et des poils longs bien réguliers.

2° Le canal début: et s’achève par une série d’amas cellulaires, allongés, fusiformes, de diamètre aussi important que celui du canal, immédiatement aux environs de la moeile, mais à mesure que l’on se rapproche des extrémités, les tratnées cellulaires s’écourtent, se densifient, et se réduisent peu à peu à l’état de vésiculzs. Cette disposition fragmentée de la moelle se rencontre souvent entre les divers fuseaux des canaux interrompus.

3° Enfin, chacune des extrémités du poil participe à l’un de c2s modes de terminaison.

Au point de vue de l’espace qui sépare les extrémités de la moeile et du poil, on constate que le canal naît à une distance très variable du bulbe, parfois à un ou deux centimètres; dans quelques exemples exceptionnels, vers la moitié de la tige, et plus rarement encore, au szin même du bulbe, prolongeant directement les assises cellulaires médulloformatrices et son diamètre est plus important alors.

La terminaison par rapport à la pointe se présente à l’ob-

servation sous une forme analogue, avec cette seule et peu

importante différence que nous n'avons jamais rencontré une

moelle arrivant jusqu’à la pointe elle-même.

Quelquefois, les cellules médullaires ne commencent pas ou ne terminent pas directement le canal, mais selon le cas, :lles sont précédées ou suivies d’une série de granulations de plus en plus ténues, que l’on retrouve d’ailleurs avec une fréquence plus grande dans la pointe.

e) Constitution de la moelle. — I1 nous a été donné de vérifier, dans la plupart des cas, qu: le canal médullaire correspondait au type cloisonné, c’est-à-dire que la substence corticale envoie au sein des cellules du canal central, des ponts qui délimitent des compartim=nts comprenant un nombre variable d’éléments. Cette disposition est particulièrement nette vers le bulbe.

De même, quand la pénétration de l’air dans les cellules constitutives n'avait pas rendu ces dernières trop opaques, transformant ainsi le canal en un cylindre impénétrable, nous avons constaté que souvent, pas toujours, ce dernier était constitué par deux assises de cellules juxtaposées; même, sur un poil de Bichon, ces deux rangées étaient nottement séparées sur une certaine longueur, par un ruban de substance <corticale intermédiaire. Généralement, ellzs sont plus ou moins intimement soudées et ne permettent pas toujours de vérifier, sauf par des artifices de préparation, la dualité élémentair: du canal médullaire. =

La morphologie de la cellule varie avec le niveau où on la considère : globuleuse vers les extrémités, elle devient polygonale ou mêm2 discoïde par tassement vers les régions centrales. Les dimensions suivent les mêmes changements,

car la cellule globuleuse est généralement plus réduite que la cellule aplatie.

f) Position du canal médullaire. — Dans la majeure partie des échantillons examinés, la moelle occupe l’axe du poil, le plein centre de la substance corticale. Cependant, nous avons quelquefois rencontré des moelles, déjetées sur le côté, offrant avec la tige l'aspect de deux arcs de cercle concentriques de rayons différents. Même, un canal médullaire décrivait à l’intérieur de l'écorce une sorte de sinusoïd2 très aplatie, évoluant alternativement plus loin ou plus près de char cune des lignes latérales de la tige. ;

g) Diamètres. — Le diamètre maximum d2 la moelle montre ses grandes variations avec chaque poil, même provenant de la même région du même animal. Par contre, le diamètre médullaire moyen de chaque poil change relativement peu non seulement pour chaque individu, mais même pour chaque catégorie de poils. Comme toujours, évidemment, 1i y a des exceptions, mais ce diamètre moyen de la moelle serait une des caractéristiques les moins inconstantes du système pileux du chien.

h) Indice médullaire. — L'indice médullaire que nous avons défini : le rapport du diamètre de la moelle au diamètre du poil au même niveau, et là où ce rapport est maximum, offre peu de stabilité.

Pour chaque sujet considéré, l'indice médullaire d’un

certain nombre de brins subit des écarts de! en moyz=nne,

bd) parfois T— ce qui est une approximation presque suffisante, et dans ti cas exceptionnel, de la moitié, différence trop considérable pour p:rmettre des conclusions générales.

La moyenne des indices de chaque poil pour un même

individu, donne un indice médullaire moyen pour le système pileux de telle région de tel chien : Il semble que ces indices médullaires moyens s’écartent assez peu d’une certaine valeur dans chaque catégorie. de pelages, mais non dans toutes, hélas. Ainsi, à un dixième près (approximation que l’on peut estimer suffisante en la matière), les poils ras ont un indice moyen qui oscille vers 0,63 ; les poils durs vers 0,58, les poils ondulés vers 0,55; mais pour les poils frisés, la différence est beaucoup plus accentuée, de 0,35 à 0,51, et l’inévitable exception nous a donné un échantillon de poil ondulé dont l’indice moyen attsignait au plus 0,26 !

Dans l’ensemble, on peut considérer que l'indice médullaire moyen du poil de chien prélevé à l'épaule se détermine vers 0,60, et nous. aurons ainsi trouvé, au sujet du diamètre de la moelle, une seconde valeur à peu près générale, la moins variable de toutes les caractéristiques que nous avons cherché à déterminer... sans y réussir ; mais cette approximation ne suffit pas pour satisfaire l'esprit; il faut cependant savoir s’en contenter, car de toutes nos expériences, plus nom-

breuses que celles reproduites ci-inclus, nous pouvons dé-

duire que les caractéristiques morphologiques ou numériques du système pileux du chien s’éloignent trop d’un type moyen pour qu'aucun de ses éléments puisse donner lieu à une conclusion générale. Nous aurions voulu trouver une relation quelconque, commune à tous les poils de chiens, spécifique, les caractérisant en toute certitud=. Aucun des éléments étudiés par nous n’a entièrement répondu à notre attente et en cette matière, nous n’avons pour nous satisfaire que des approximations, variables, non valables pour tous les cas. Nous souhaitons que d’autres réussissent mieux que nous.

nt it Hi à

Conclusions

Ï nous a été impossible de tirer de nos recherches un résultat quelconque général, valable pour tous les poils.

- La morphologie de la points du poi' répond à différents

types.

La tige décrit toujours un fuseau, simple ou composé, plus ou moins régulier.

La longueur du poil caractérise à peu près chaque région du corps dans chaque race.

L'indice d’allongement varie relativement psu pour l’individu considéré.

Le nombre de boucles n’est pas lié à la longueur ni à la finesse du poil ; l'amplitude de ces boucles décroît du bulbe vers la pointe.

Le diamètre de la tige change ER inent avec le niveau où on le détermine.

Dans certaines catégories de poils (pas dans toutes) le diamètre maximum oscille aux =nvirons d'un nombre assez stable. : à

Le diamètre moyen change peu dans chaque race.

Sa valeur équivaut généralement à moitié de celle du diamètre maximum, si on ne cherche pas une approxi-

mation trop rigoureuse.

Le coefficient d’allongement du poil à la traction, change avec chaque échantillon.

Lai

De même, la résistance à la rupture.

La cassure se produit à des niveaux qu2lconques.

Dans l’ensemble, Ja résistance par unité de surface, à la traction, varie peu pour un même individu.

La cuticule ne recouvre jamais la totalité du poil et n’est

‘pas très nette.

L’écorce est soit incolore, soit chargée de pigments de couleur, de nombre, d'intensité et de répartition variables, mais qui tendent à se densifier autour de la moelle.

La moelle est constante en présence.

° Elle est soit continue (poils courts, de préférence, soit

interrompu®= (plutôt dans les poils longs).

Le canal.le plus régulier décrit un fuseau; dans les autres cas, il subit des variations alternées de diamètre.

Il se termine plus ou moins loin de la pointe ; il naît plus ou moins près du bulbe, et le prolong: rarement.

La moelle est cloisonnée, et se décompose le plus souvent en deux rangées juxtaposées de cellules. : Le canal «st généralement axial, parfois déjeté latéralement.

Le diamètre de la moelle n’est jamais fixe, quoique il varie dans des proportions moindres que celui de la tige. Le diamètre maximum n’est jamais le même pour des poils différents, sur le même sujet.

Le diamètre moyen se rapproche d’une mesure commune à chaque race.

L'indice médullaire change peu pour une même race,

mais ne prend pas une valeur générale commune à tous les poils de chien.

10° La classification d=s races de chien d’après ja forme du profil céphalique, le format, la taille, reste sans aucune liaison apparente sur la morphologie du poil. 20° Enfin, nous n'avons pas réussi à mettre en évidence un caractère qui puisse être un critère suffisant du poil de chien.

Vu, le Doyen : Vu, le Président :

BALTHAZARD. = GOUGEROT.

Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l’Académie de Paris, S. CHARLÉTY.

Bibliographie

1° Le poil de l’homme et des animaux, par Marcelle LAMBERT et Victor BALTHAZARD, Paris, 1910.

2° Professeur DECHAMBRE. — Le Chien.

3° J. RENAUDON. — Amélioration des laines africaines, Vigot, 1020. |

Fo G. VIARDOT. — Essai de l’appréciation zootechnique el industrielle des laines.

5° MATHIAS-DUVAL. — Précis d’histologie.

Imprimerie « LES PRESSES MODFRNES ». 45, rue de Maubeuge, Parie Ateliers de Reims (Marne)

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