II. — SUBSTANCE CORTICALE
L’écorce forme une sorte de manchon d'épaisseur variable autour de la moelle. Elle apparaît sur une coupe longitudinale du poil comme une substance finement granuleuse ou striée dans le sens de la longueur; elle est constituée de cellules allongées, juxtaposées, qui s’aplatissint progressivement vers la pointe du poil. Ces cellules sont irrégulièrement fusiformes, et présentent les vestiges d’un noyau allongé; elles contisnnent les pigments qui donnent la couleur au poil, les diverses nuances observées n'étant qu’une question de quantité dans les proportions de quelques pigments fondamentaux.
Certains poils blancs sont totalement dépourvus de pigments, et la substance corticale est constituée de granulations réfringentes, qui donnent un aspect argenté brillant plus ou moins accentué.
IH. — CuricuLe.
C’est-la couche de revêtement du poil, formée d’une seule et mince couche de cellul:s aplaties et sans noyau, qui s'imbriquent les unes sur les autres comme les tuiles d’un toit, mais de façon à ce que les dents soient toujours tournées vers la pointe, ce qui s'explique par le mode de croissance centrifuge du poil, les écailles nouvelles recouvrant les écailles déjà formées, et à ce moment plus rapprochées de la pointe.
Les dimensions et la forme des écailles ne sont pas constant:s. Sur la partie renflée de la tige, les écailles sont, er général, larges et de faible hauteur; sur le bulbe, elles s’allongent et affectent une forme Iosangique. Le degré d’imbrication est variable, de mêmz= que leur saillie sur le profil du poil. En général, chez le chien, la cuticule est difficile à voir et offre peu d'intérêt.
Technique et Plan
Nos examens ont été effectués sur des poils entiers provenant de sujits de race pure et sans maladie de peau, présentés aux expositions canines. Nous avons choisi les races typiques par leur pelage, soit ras, soit ondulé, soi frisé, soit dur, dans les trois grandes classes de la classification de M. le Professeur Dechambre, 1:s rectilignes, les concavilignes, les convexilignes. Les prélèvements ont été faits au niveau de l'épaule, pour permettre une comparaison plus serrée entr les diverses races. Les poils ont été examinés au microscope, à la lumière électrique réfractéé, par immersion dans l'huile. Nous avons essayé divers milieux d'immersion : le baume de Canada, la glycérine, l’eau distillée, mais l'huile
donne une visibilité plus nette des contours. Le séjour prolongé des poils dans le baume de Canada (même six mois), ne provoque pas l’éclaircissement du canal médullaire, et ne permet pas un examen plus approfondi de la structure intime de la moelle, point qui, d’ailleurs, ne répondait pas directement au but que nous nous proposions. Les mesures de la résistance à l'allongement des forces de rupture, de l’élasticité ont été réalisées au moyen d’un appareil spécial du Laboratoire de Zootechnie.
Dans la limite des possibilités, nous avons recherché de préférence les poils blancs ou peu pigmentés. Nous avons examiné six brins dans chacune d?s races choisies. Nos reche.ches ont porté sur la morphologie de la pointe, puis sur celle du bulbe, sans aboutir, d’ailleurs, à un résultat vraiment intéressant. Nous nous sommes arrêtés davantage à la tige, aux différents points de vue suivants :
1°) Forme : fuseau ou succession de fuseaux.
2°) Longueur : absolue, relative (pour les poils frisés) et indice d’allongement, c’est-à-dire rapport entre la longueur du poil non allongé tel qu’il vient d’être prélevé, et la longuzur du poil frisé qui a été rendu rectiligne sans étirement. 3°) Diamètre, avec ses variations, exirêmes et moyennes.
4°) Examen mécanique : résistance, élongation, intéressant pour les poils longs seulement. Elasticité, section de la cassure et résistance au M°.
Puis, nous avons examiné les trois éléments constitutifs de la tige :
a) la cuticule, sur l’arête et sur la surface du poil.
b) la substance corticale : pigmentation, enclaves.
c) la moelle : absence ou présence — continue ou inter-
rompue — régulière ou irrégulière — origine et terminaison — médiane, ou déjetée latéralement.
Puis ses variations de diamètre avec leur maximum, qui seul peut fixer avec précision sur l’ordre de grandeur de la moelle, par rapport au poil; :=nsuite le diamètre moyen du poil dans la race considérée; en dernier lieu, nous établissons l'indice médullaire, c'est-à-dire le rapport qui existe entre le diamètre du poil et le diamètr: de la moelle considérés là où ce rapport atteint sa valeur maximum.
Après avoir rapporté ainsi le détail de nos expérimentations, nous rechercherons les liens généraux communs aux différentes formes d2 poils, et nous nous efforcerons de dégager la conclusion.
N. B. — Pour éviter des calculs longs et inutiles, nous avons transcrit les nombres indiquant les diamètres de la tige ou de la moelle aux divers niveaux, tels que nous 1:s avons
déterminés au microscope du Laboratoire de Zootechnie, car
seuls les rapports de ces nombres sont importants. Quand il nous l’a paru utile, nous avons traduit ces chiffres 2n milli-
mètres.
POIL D'UN POINTER ORANGE (Rectiligne à poil court)
PoinTE. — La pointe est fine, elle revêt ici deux aspects : soit arrondie en pain, de sucre, soit effilochée, terminée en un bouquet de filaments divergents. Elle contient dans Sa substance corticale quelques granulations arrondies, foncées.
TIGE. — La tige st régulière et droite, comme dans tous les poils courts. Ainsi qu’on peut le vérifier au tableau 1, la tige affecte soit la forme d’un fuseau, soit de deux fuseaux placés bout à bout, et séparés par un étranglement.
La longueur moyenne du poil de pointer orange est de 13 millimètres.
Son diamètre est éminemment variable (tabieau 1).
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Tableau N° L
Le diamètre maximum est d'environ o mm. 142, et le diamètre moyen de o mm. 7o à peu près.
L'étude mécanique ne présente pas d’intérêt sur des poils aussi peu longs.
— 4) Cuticule. — Nette à faible grossissement, elle ne dessine Sur le contour du poil qu’une denticulation peu accentuée, tandis que sur la surface du poil, elle réalise un réseau à mailles lâches, peu tendues, plus ou voins losangiques, plus visible au niveau de la pointe et du bulbe que sur 1: reste du poil, et elle disparaît totalement vers sa partie médiane.
b) Substance corticals. — Recouverte par le filet cuticulaire, elle se présente claire et transparente, traversée dans sa plus grande partie par la moelle. Elle est finement striée dans le sens de la longueur par de petits éléments linéaires pigmentés en jaune orange; par endroits, on peut voir des traînées allongées plus foncées, disposées sans aucune régularité. Vers le bulbe, elle contient dans sa substance des granulations plus nombreuses à mesure que l’on examine plus près de la racine.
— c) Moelle. — La moelle est constante en présence, dans les poils de pointer ; elle est continue, sauf aux extrémités: ses contours sont variables : parfois rectilignes, dans d’autres cas légèrement festonnés, aspect qui semble dû à un tassement en hauteur d’un bloc plus ou moins important de cellules médullaires qui se sont élargies transversalement sous la pression.
Elle naît à une certaine distance du bulbe, par une série de granulations très foncées, bientôt remplacées par des cellules médullaires isolées, alignées en une rangée, et séparées entre elles par des brides issues de la substance corticale. Ces cellules se densifient et se juxtaposent en une colonne opaque