INTRODUCTION
La dénomination générale d'éléphantiasis, ou altération grossièrement caractérisée par l'aspect éléphantiaque de la peau, est, en somme, ce que l’on appelle maintenant un syndrome. Elle s'applique à une série d’affections dont la condition pathogénique est multiple. Mais toutes ces affections produisent une irritation et une obstruction du système lymphatico-veineux d'une région du corps, et arrivent au même résultat: un œdème hypertrophique, à paroxysmes successifs et à marche lente, aboutissant peu à peu à la déformation éléphantiaque du membre.
Il y a donc non pas une éléphantiasis, mais des éléphantiasis, ou mieux des états éléphantiasiques.
Passons rapidement en revue les dilférents cas où l’on rencontre ce syndrome.
1° L'éléphantiasis peut avoir une origine purement mécanique, due à l’æœdème prolongé d'une région : tels sont les œdèmes des cardiaques, des rénaux, les œdèmes qui accompagnent les phlébites, les obstructions des troncs ou des ganglions Iymphatiques (obstructions néoplasiques et tuberculeuses des ganglions).
2 Il existe une éléphantiasis variqueuse : elle succède aux poussées de lymphangite dans un membre atteint d’ulcère variqueux.
3 On a cité des cas rares d’éléphantiasis congénitale dont la pathogénie n’est pas encore très bien élucidée.
4 Le professeur Pitres a décrit un cas d'éléphantiasis d’origine tabétique. L’éléphantiasis pourrait donc être purement
névropathique.
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4 et 5° Enfin il existe deux affections : l’une appelée é/éphanliasis nostras où des pays tempérés; l’autre dénommée é/éphantiasis des pays chauds où éléphantiasis des Arabes, qui feront spécialement l’objet de notre travail.
Qu'entend-on par éléphantiasis nostras? Quand on en cherche une définition précise, on s'aperçoit que la plupart des auteurs englobent sous ce nom toutes les déformations éléphantiasiques qui peuvent se produire dans les climats tempérés, c'est-à-dire tous les états éléphantiasiques que nous venons de citer (éléphantiasis d’origine mécanique, éléphantiasis variqueuse, etc.); et, en plus, une variété en quelque sorte idiothique, qui ne relève d'aucune des causes précédentes, et qu'ils appellent éléphantiasis nostras proprement dite.
Quelques auteurs cependant réservent à cette seule dernière variété la dénomination d’éléphantiasis nostras.
C'est leur exemple que nous suivrons, et nous ne traiterons ici que les deux variétés suivantes :
1° L'éléphantiasis nostras qui s'établit à la suite d’érysipèles à répétition.
2 L'éléphantiasis exotique, encore nommée éléphantiasis filarienne, car elle est considérée jusqu'à présent comme une des manifestations de la filariose.
Nous ne nous occuperons que de la pathogénie de ces affec- Lions.
Cependant nous ferons précéder cette étude de quelques généralités, et nous parlerons entre autres de l'anatomie patholo- gique et de la symptomatologie de ces maladies.
C'est que ces généralités se rapportent à la pathogénie et viennent pour une certaine part corroborer l'opinion que ‘nous émellons à la fin de notre travail, à savoir l'identité des deux variétés d’éléphantiasis.
Nous diviserons donc notre sujet de la facon suivante :