‹ Contribution à l'étude pathogénique des crises nitritoïdes Crises nitritoïdesChapitre 5 sur 15 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Parmi les accidents de la médication arsénobenzolique,

il est un groupe de phénomènes, habituellement passagers, ne laissant au malade que le souvenir de quelques minutes d'angoisse, qui n’en constituent pas moins un obstacle grave à la poursuite de ce traitement : ce sont ces accidents congestifs que M. Milian a décrits sous le nom de « Crises nitritoïdes » pour leur ressemblance avec les phénomènes produits par l’inhalatation de vapeurs de nitrite d’amyle.

Cest dire l'intérêt pratique que comporterait une connaissance parfaite de la pathogénie de ces accidents, qui permette, s'ils se produisent, d’être mieux armé pour les juguler rapidement, et, mieux encore, d'arriver à les prévoir et à les éviter à coup sûr.

Chez les malades qui ont fait des crises nitritoïdes, l'examen attentif peut-il déceler des troubles dont la constatation chez un nouveau malade à traiter permettra de suspecter sa tolérance et imposera une prudence particulière ?

Dès le début des crises nitritoïdes, l’on invoqua pour lPexplication de ces accidents, l’insuffisante alcalinisa-

torse

tion de la solution, le 606, sel acide, devant être neutralisé par la soude, et une constitution anatomo-physiologique particulière, où l'insuffisance surrénale jouait un grand rôle, — théorie que confirma l’emploi préventif et curatif de l’adrénaline.

En 1920, M. Lortat Jacob, à la Sociélé de médecine de Paris signalait la fréquence des troubles thyroïdiens chez les intolérants aux arsénobenzols.

Enfin, dans une récente communication à la Societe de Dermatologie et de syphiligraphie (en juillet 1922) MM. Georges Lévy et Juster insistaient sur la conslatation, pour ainsi dire de règie, de iroubles endocriniens plus ou moins accentués chez ces malades.

Ce sont les recherches entreprises au Dispensaire de M. le Professeur Jeanselme que nous nous proposons d'étudier ici :

Dans tous les cas qui serviront de base à ce travail, il s'agissait de traitements par le novarsénobenzol, sel neutre, à l’exclusion du salvarsan, sel acide ; le facteur défaut d’alcalinisation de la solution ne joue donc pas. Nous n’avons pas non plus retenu pour nos études ces crises nitritoïdes que l’on voit parfois se produire coup sur coup dans les dispensaires, et dont la cause doit être recherchée avant tout dans un défaut de préparation ou une altération du produit, comme le prouve bien la disparition de ces accidents par l'emploi d’une autre série de néosalvarsan. Nous nous sommes limité ainsi aux cas où l'intolérance du sujet semblait bien particulièrement en cause.

Page 1