ÏJ. — STABILITÉ DANS LE TEMPS
La lumière émise par un arc peut subir des fluctuations de fréquence et d'amplitude très variables. S'il s’agit d’éclairer un but au moyen d’un projecteur, les fluctuations gênantes sont réduites à celles que l’œil saisit. S'il s’agit de prise de vue ou de projection cinématographique, il peut se produire des effets stroboscopiques, et une perturbation périodique imperceptible à l’œil peut causer des battements visibles d'intensité lumineuse. Les perturbations périodiques proviennent en général de la tension d'alimentation (commutation défecteuse, ovalisation du collecteur de la dynamo).
Les perturbations lumineuses dues aux charbons sont rarement périodiques. Il arrive cependant que l’arc intensif ne soit pas stable, et que la lumière passe périodiquement par un minimum et un maximum avec une fréquence de plusieurs secondes. Ce phénomène, que j’étudierai plus loin, ne doit pas se produire avec des charbons correctement fabriqués, à condition que la densité de courant soit suffisante, et que les caractéristiques électriques du générateur soient convenables.
Les perturbations accidentelles dues à l’imperfection des charbons sont de durées variables, leurs causes sont nombreuses : déflagration dans le cratère avec ou sans projection de matière, vaporisation irrégulière des matières de la mèche, apparition d’une fissure dans la paroi du cratère, usure non symétrique de ce dernier, amorçage intempestif de l’arc sur des impuretés contenues dans l’écorce. Un bon charbon doit être exempt de ces défauts; il faut donc être en mesure de les déceler.
Toute variation de la lumière est accompagnée d’une variation plus ou moins grande des caractéristiques électriques. L'enregistrement d’un diagramme de tension renseigne donc sur la constance de la lumière. Les variations d’intensité sont généralement moins aiguës, mais l'emploi d’un transformateur à haut rapport, relié à un voltmètre enregistreur, permet d'augmenter la sensibilité de la mesure. Quoi qu'il en soit, il était logique de chercher à enregistrer directement les fluctuations de la lumière.
Un dispositif construit par la Maison BEAUDOIN enregistre simultanément les courbes d'intensité lumineuse, d'intensité électrique, et de tension électrique. La lumière impressionne une cellule à couche d’arrêt type 3002 de la Société Le Matériel téléphonique, qui est reliée à un galvanomètre de l'Association d'ouvriers en instruments de précision, de période propre 0,045, dont le cadre de 90 @ est shunté. par
une résistance de 204. Deux oscillographes à goutte d’huile, l’un de 38 &, fréquence propre 40, l’autre de 600 &, fréquence propre 120, sont actionnés respectivement par l'intensité et par la tension électrique. Ces trois appareils projettent simultanément leur spot sur un papier photographique dont la vitesse de déroulement est réglable entre 0,5 et romm : s. Une variation de lumière peut être due, soit à une perturbation d’arc d’origine interne, soit à une variation de la tension d’alimentation. L'examen des trois courbes permet de faire la discrimination. Si la tension et l’intensité ont varié dans le même sens, la perturbation était d’origine externe, et inversement (fig. 18, voir planche).