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CHAPITRE IL

Acide iodique.

L'analyse chimique de l’acide iodique montre que sa formule est (103 H)2. Il se distingue immédiatement des composés correspondants du chlore et du brome : les acides chlorique et bromique, par sa propriété de donner facilement des sels acides. Aussi, tandis qu’on admet sans discussion pour les acides chlorique et bromique les formules C103H et BrO3H, on trouve indiqué pour l’acide iodique tantôt la formule 103 H, tantôt la formule O6 H.

Se basant en particulier sur l'existence d’un iodate

66 E. CORNEÉC,

acide, Thomsen (1) adopte la formule PO6H?. Aujourd’hui, on connaît trois séries d’iodates alcalins dont les formules les plus simples possible sont [150°RH? (?), PBOSRH (3), IO3R. Nous avons vu que l’examen des sels ne permet pas de déterminer la formule d’un acide; suivant la formule qu’on adoptera, un même sel sera considéré comme sel normal ou comme composé d’addition. Par exemple, si l’acide a pour formule 105 H,'on aura une seule série de sels normaux 10*R et deux séries de sels doubles qu’on écrira 2103H.10%R et 10% H.I03R. Si la formule est, au contraire, 1206 H?2, on aura deux séries de sels normaux [O5RH et 1206 R? et une série de sels doubles 2 1062, I206R?,. Pour que tous les sels soient des sels normaux, il faudrait prendre une formule en I5.

Étude de la neutralisation. — Nous avons étudié la variation du point de congélation quand on neutralise une solution d’acide iodique (0%, 4 d’iode au litre) par de la potasse (o"°1,4 au litre). (Nous exprimons la concentration en atomes d’iode pour ne pas préjuger de la formule.)

Acide pour 100. : Base pour 100. Abaissements. EN | o 100 : 0 0,970 90 ‘10 0,894 85 15 0,859 75 25 | 0,792 65 À 35 TENO A 6o 40 0,690 55 ; 45 0,658 F 50 50 : 0,630 Br FA Fe 55 0,698

Tuomsen. Berich. nd, > Vix, 1896 pe à 112. CR (2) BLomsTKANS, Ji prakt. Chem. t XL, 2e s Sem. 1880, ] - 365. ty SeruzzaS, Ann: Phys. Ch:;t. XLITE, 2e-sem:, 1830 pe121.

. Acide pour 100, Base pour 109. , Abaissements. . ÿ 40 60 CET 35 65 0,850 25 75 1,007 nes 85 1,165 10 90 1,250 0 100 DATE

Le sel neutre correspond au minimum du point de congélation; 1l est nettement caractérisé par le graphique (fig. 15). Entre l’acide et ce sel neutre, la variation

Abaïssements

Indices de Réfraction

de l’abaissement est continue; la courbe ne présente pas de brisures caractérisant en solution les autres sels connus à l’état solide. : : |

La variation de l'indice de réfraction, quand on neu-, tralise l’acide iodique (o*,5 d’iode au litre) par -de-la soude (o"°15 au litre), est représentée par deux droites (fig. 15). se coupant en un point correspondant au sel neutre; ici encore ce selest le seu] caractérisé en:solution. LD AG Lt

68 E, CORNEC.

Acide iodique (o%t,5 d’I au litre) et soude (0,5 aulitre); {= 21.

Acide pour 100. Base pour 100. Indices.

100,0 0,0 1.,3444 91,0 9,0 1,300 2320 16,7 1,3426 TN) 23,0 HS oil TEE ON 28,5 1,3414

155 ;$ 44,5 1, 3499 52,6 47: 4 1,3395 50,0 : 5020 - 1,3392 47,6 52,4 1,3391 45,4 54,6 1,3390 4132 58,8 1,3389 He 66:00 51,3987 23,0 77.80 1,3385 16,7 83,3 1,3384

Miolati et Masceti (!) ont étudié la variation de la conductibilité pendant la neutralisation de l’acide iodique par la soude et par l’ammoniaque. Ils ont observé seulement des brisures correspondant aux sels neutres. Ces recherches ont été reprises récemment par G. Nadalini (?) qui a opéré à des concentrations très variables, sans trouver de variations brusques de courbure aux points correspondant aux iodates acides.

li semble donc bien que les iodates acides n’existent pas en solution puisqu'ils ne sont caractérisés, mi par les courbes cryoscopiques, ni par les courbes d'indice, ni par les courbes de conductibilité. Pouvons-nous en dé-

= () Miorartet Masceir, Uuëz. exit. lt, LA A XI, LguY, pe 93 -{t} G. Nabaini, cité par Bruni, Zeit Phys. Chem. 1. LXIX 1909, p. 69.

duire que ces sels sont des sels doubles, que l’acide iodique est un acide monobasique et que sa formule est par suite I03H ? Nous ne le eroyons pas. En effet, l’acide sulfurique, acide incontestablement bibasique et de formule certaine, donne des courbes analogues à celles de l’acide iodique, courbes où les bisulfates ne se trouvent pas caractérisés. Il est nécessaire que nous examinions les valeurs eryoscopiques et les valeurs de la conductibilité de l’acide lui-même,

Cryoscopie de l'acide. — Une série très complète de mesures a été effectuée par Groschuff (1); dans le Tableau suivant se trouvent rapportées les déterminations de cet auteur relatives aux solutions les plus diluées. Nous avons calculé les valeurs de l’abaissement moléculaire dans l'hypothèse d’une formule simple et dans lhypothèse d’une formule double.

Quand on passe de la formule simple à la formule double le nombre des molécules devient deux fois plus petit, par suite l’abaissement moléculaire devient deux fois plus grand. + Te

Nombre de grammes =: Abaissements moléculaires, de 10°H = — dans 1005 d’eau. > ST, IOSH(4A,m). POSH (A, m). 0,591 0,108 32,2 à 64,3 1205 0,218 30,5 à 61,0 1,817 0300 2070 58,1 2,576 0,414 Ho 9) 56,4 3,036 0,483. "23;0 56,0 3,268 0,507 less 54,6 1,553 0,672 25,7 51,4

Dans le cas d’une formule double l’abaissement moléculaire ne peut, à priori, être supérieur à 18,5 X 3 = 55,5,

c’est-à-dire à celui qui correspondrait à une dissociation

(?) Groscaurr, Zeit. añorg. Chem., t. XLVIE 1905, p. 331.

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complète en [206.H et H. Comme on observe au contraire dans cette hypothèse des abaissements moléculaires notablement supérieurs à 55,5, il s’ensuit que la formule double n’est pas possible.

À fortiori (!) une formule en [3 ou une formule plus condensée se trouve écartée. Il ne reste comme seule acceptable que-la formule simple 103 H.

- Dans le Tableau suivant nous avons indiqué les valeurs cryoscopiques que nous avons observées pour l’iodate de soude; ce sel a été préparé par neutralisation de l’acide. sit

Concentrations Abaissements moléculaires.

en mol.-g. ——— —— de IOSNa au litre. Abaissements. 10: Na. 1205 Na°. 0,220 0,685 D ED) 6%,4 ” 0,165 0,518 31,3 ‘62:,6 OLD 0,420 311,8 63,6

‘On voit que les abaissements moléculaires calculés dans l’hypothèse de la formule double sont encore supérieurs à 18,5 X 3 — 55,5, qui correspondrait à la dissociation SERRE On ne pe donc admettre cette formule

(?)} Soit, en effet, une formule n fois condensée, l’abaissement moléculaire est n A4 m; il ne peut être supérieur à18,5xX(n+1)s la formule est possible.

Qi noûs avons DATES DE CUS

donc,

1) 3 nAym>18,5 X =) n étant plus grand que 2

1418,5:% — PR par suite °° 12 naim > 18,5 {2

la formule (10% H)2 n’est donc pas possible.

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