‹ Contribution à l'étude physio-clinique du phénomène de la roue dentéeChapitre 15 sur 24 · FRAIS · texte numérisé non relu

FRAIS

— cet état se maintient jusqu’à la cinquantième minute environ.

— cinquante-cinq minutes après, la rigidité est nulle, la roue dentée réapparaît peu à peu.

— soixante-dix minutes après, la rigidité a réapparu, et la roue dentée semble avoir repris ses caractères d'avant l'expérience.

Il est évident que pendant cette expérimentation, nous nous sommes efforcés de conserver les mêmes conditions d'examen.

Le Docteur Froment fait actuellement dans son service des essais thérapeutiques par injection intramusculaire d'insuline.

L'action de l’insuline est incontestable sur la rigidité et la roue dentée. Il est d’ailleurs facile de s’en rendre compte par le test du poignet. De plusieurs constatations que nous avons faites sur plusieurs parkinsoniens, on peut dire que

— 15 minutes après l’injection, la rigidité s’efface à peu près complètement, la roue dentée gardant encore quelques crans émoussés.

20 à 30 minutes après l'injection, la rigidité est nulle, la roue dentée est à peu près inexistante.

Cet état persiste pendant environ sept heures après linjection.

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La roue dentée non parkirsonienne

Dans une communication (1) à la Société de Neurologie de Paris, en Juin 1925, F. Negro fait observer que le phénomène de la roue dentée pouvait être noté dans les syndromes basedowiens, physiopathiques et vestibulaires.

Il donna plus tard (2), l'interprétation du mécanisme de ces « roues dentées non parkinsoniennes ».

Voici ses conclusions :

« Le phénomène de la roue dentée prend une importance séméiologique encore plus grande que celle qui semblait lui être acquise pour le diagnostic de lhypertonicité musculaire dans la maladie de Parkinson et dans les syndromes parkinsoniens, pour la raison que ce phénomène se présente toutes les fois que pour une cause quelconque le tonus sarco-plasmatique subit une augmentation pathologique. »

Notre Maître J. Froment, après avoir fait constater les caractères dystasiques de l’état parkinsonien, posait ce problème (3) :

(1) F. Necro. — Quelques observations relatives au phénomène de la roue dentée. (Revue Neurologique, n° 6, 1925, p. 1028).

(2) F. Nero. — Le phénomène de la roue dentée ans [les synidromes basedowiens, physiopathiques et vestibulaires. (Revue Neurologique, t. 1, n° 4, 1929, pp. 502-505).

(3) J. FROMENT eçt GARDÈRE. — Test au poignet figé et troubles de l'équilibre. — Stabilisation à minima et stabilisation renforcée. (Soc. de Neurologie de Paris, 4 mars 1926. — Revue Neuro-

logique, t. 1, n° 5, 1926, pp. 347-350).

«L'état figé ne doit pas être l'apanage du seul parkinsonien, il doit se retrouver dans les troubles de l’équilibre, observés à l’état normal et pathologique, puisque ceux-ci viennent mettre par instant, bien que tout autrement, la statique en péril. Une enquête s’imposait à cet égard afin de vérifier, par une contreépreuve, le bien ou le mal fondé de notre conception de la dystasie parkinsonienne.… ».

Après avoir étudié divers types de déséquilibre pathologique (syndromes cérébelleux, sclérose en plaques, tabes) et le déséquilibre provoqué de l’homme normal, J. Froment dégage ces conclusions :

Tout se passe comme si la stabilisation du tronc s'opérait par deux mécanismes différents :

— ou le tronc et le bassin se maintiennent par leurs seuls muscles sans autre participation dans le cas de stabilisation a minima ;

ou, au contraire, pour se maintenir, ils réclament la collaboration de la musculature des membres supérieurs dans le cas de stabilisation renforcée,

Le test du poignet figé peut donc être considéré comme le signal symptôme, le détecteur de la stabilisation a minima et le témoin d’une intervention de renfort statique.

Dans une communication avec M"* Vincent-Loison (1), M. Froment mit en regard de tracés enregistrant

(1) J. FromExr et Me Vixcexr-Loison. —— Résistance des antagonistes et roue dentée parkinsonenne ; étude myographique de leurs variations en fonction de l'attitude statique. (Soc, de Bio: logie, réunion de Lyon, 21 déc. 1925.)

de

la résistance des antagonistes chez le parkinsonien, d’autres l’enregistrant chez un grand cérébelleux en phase de déséquilibre et chez un normal en station prolongée sur les talons. Dans l’un ou l’autre cas, on retrouve des accidents qui font figure de roue dentée.

Dans une autre communication qu'il fit avec A. Chaix (1), M. Froment insista sur le fait que la roue dentée n'appartient pas en propre à la rigidité parkinsonienne, mais qu’elle est le fait de toutes rigidité de déséquilibre.

Ainsi donc, aussi bien F. Negro que J. Froment arrivent à cette conclusion que la roue dentée n’appartient pas en propre à la rigidité parkinsonienne.

Nous avons repris l'enquête du Professeur Froment et nous avons pu retrouver une rigidité intermittente avec roue dentée dans tous les troubles de l’équilibre, qu'ils fussent pathologiques ou simplement provoqués chez l’homme normal. Nous illustrerons ces recherches, de l'observation particulièrement intéressante, d’un malade hospitalisé en Mars 1929, dans le Service du Professeur Froment, à l’'Hôtel-Dieu :

Il s’agit d’un homme de 60 ans, ne présentant rien d’intéressant dans ses antécédents. Une première chuie, récente, provoquée par un vertige, reste sans conséquences. Une deuxième chute survenue dans les mêmes conditions, est plus grave puisqu'elle entraîne une fracture du rocher gauche (otorragie gauche, ecchymose mastoïdienne gauche). |

(4) J. FroMExT et A. CHaix. — La roue dentée appartient-elle en propre à la rigidité parkinsonienne où est-elle le fait de toute rigidité de déséquilibre. (Revue Neurol., 1926, t. 2, pp, 440-442),

= du . 7

Ce dernier incident est suivi, quelques jours aprés, de troubles importants de l’équilibration. Ce sont ces troubles qui ont amené le malade dans le service.

C’est un tabétique présentant outre l'abolition de ses réflexes achilléens et rotuliens, un signe d’Argyll- Robertson très net, avec inégalité et irrégularité pupillaire. La ponction lombaire donne un liquide hémorragique à réaction lymphocytaire nette et à la réaction de Bordet-Wasserman positive.

Le Docteur Mayoux,.qui a pratiqué l’examen otologique, conclut :

Surdité bilatérale due à une lésion de l'oreilie moyenne ;

Destruction fonctionnelle des canaux semi-circulaires gauches ou de leurs nerfs. — Probablement rien aux otolithes ;

Intégrité du labyrinthe et du nerf auditif.

Il s’agit donc, en conclusion, d’un sujet atteint de radiculite spécifique avec tapes incipiens et lésion récente de l’oreille interne gauche.

Le malade ne se plaint, à ce moment, que la difficulté qu’il a à se tenir debout. En effet, en attitude debout, il élargit à l’excès son polygone de base et oscille quelques instants en balançant les bras, avant de trouver une stabilité toute relative. La marche est à peu près impossible sans aide.

— La recherche de la rigidité est positive aux deux poignets ; mais comme elle est plus nette à droite (côté opposé à celui de la lésion de l'oreille) nous adopterons ce côté pour notre étude.

Laissons le malade trouver seul une attitude de-

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