‹ Contribution à l'étude physio-clinique du phénomène de la roue dentéeChapitre 20 sur 24 · DRE · texte numérisé non relu

DRE

cours de nos recherches sur les réflexes de posture élémentaire, nous avions nettement constaté que l'intensité de ces réflexes varie d'une manière infinie avec l'attitude générale. Cette variabilité d’un même réflexe suivant l’attitude générale du sujet, nous avait fait substituer à l'expression de réflexes de posture locaux proposée par Foix et Thévenard, celle de réflexes de posture élémentaire. Nous croyons utile de formuler d’une manière plus précise les relations de dépendance qui unissent les réflexes de posture élémentaire à la fonction d’attitude générale du corps. Cette dépendance constitue non seulement une loi importante de la fonction posturale, mais se raccorde remarquablement bien avec les modifications de la raideur parkinsonienne en fonction de l'attitude, dont nous devons la notion précise aux travaux de J. Froment et de ses élèves. »

— On comprendra maintenant pourquoi nous avons reporté au poignet la recherche de la rigidité, alors qu'il paraissait plus logique d’interroger les muscles véritablement statiques, tels ceux des masses lombaïre. Le test du poignet sera négatif dans les cas de statique à minima ignorant les membres, et sera au contraire positif dans les cas de statique renforcée qui nécessite la collaboration des bras comme balancier, pare-choc ou contre-poids.

Si donc la rigidité parkinsonienne est un phcromène dystasique, elle doit avoir un équivalent dans les troubles de l’équilibre pathologiques ou provoqués. Il nous semble l'avoir suffisamment démontré. Nous avons employé le terme de rigidité en rejetant

yes

l'appellation classique d'hypertonie et en y comprenant le phénomène de la roue dentée.

— L'apparition du phénomène de la roue dente semble exiger : |

1° Un certain déséquilibre compris entre deux limites toujours les mêmes pour un même individu ;

2° Que ce déséquilibre soit constamment variable, allant d’une limite à l’autre ;

3° Que ce déséquilibre soit de faible importance.

— L'observateur fait office d’un perturbateur qui, venant modifier un certain état statique, fait intervenir l’action du tonus ; il peut alors évidemment, par le test du poignet, se rendre compte des effets du renfort tonique (rigidité ou roue dentée).

— Si, comme nous l’avons déjà indiqué, la roue centée n’est qu’une modalité de la rigidité de déséquilibre, comment peut-on expliquer cette variété d'aspect ?

Supposons que nous notions sur un sujet une roue dentée pour un déséquilibre constamment variable entre les limites minima et maxima d et D. Quand le déséquilibre passe à D, l'individu, en mobilisant son tonus, donne un coup de frein qui se traduit par &e la rigidité qui s’efface quand le déséquilibre tombe à d. Puis, de nouveau, le déséquilibre passant à D, le tonus intervient pour devenir indifférent quand le déséquilibre descend à d. Cet état se répétant un certain nombre de fois, nous allons noter une série de crans d'arrêt alternés à des phases libres. C’est bien là la définition que nous avons donnée de la roue dentée.

RSS EE

« La roue dentée ne serait-elle pas le simple témoin des variations et, pourrait-on dire, des coups de volant du tonus postural ? » (Froment) (1).

— Si le phénomène est plus facile à déceler chez le parkinsonien, c’est que ce dernier constitue un terrain préparé avec un fond pathologiquement déséquilibré sur lequel un déséquilibre surajouté, même minime, aura sa répercussion.

— Le normal, pour sa défense statique, aura des coups de frein tonique plus brusques, plus puissants, mais plus fugaces, l’équilibre ne pouvant être chez lui que très transitoirement troublé. C’est ce qui exrlique l'aspect de sa roue dentée.

— Le fait d'obtenir chez le parkinsonien le phénomène de la roue dentée d’un seul côté, en position couchée ou assise, constitue-t-il une objection à la théorie dystasique ?

L'hypothèse très logique de deux centres statiques indépendants et jumelés explique fort bien la possibilité d’une roue dentée unilatérale. D'autre part, la position couchée ou assise n’implique pas le désintéressement des centres statiques qui semblent nous abandonner seulement avec le sommeil.

— Nous avons pu noter chez le parkinsonien que, sous l'influence du corset, de l’hyoscine ou d’autres causes statiques, la rigidité s’atténuait alors que le phénomène de la roue dentée devenait plus net. L’hypothèse dystasique donne l’explication de ce fait, Si

(1) J. FRoMExT et DuBouroz. — Attitudes debout. — Tonus de postures et réflexes statiques. (Journ. Méd. de Lyon, 5 mai 1929, p. 313).

AE

le parkinsonien doté d’un corset est amélioré, ce que nous constatons par l’atténuation de la rigidité, cela n'implique certes pas une correction parfaite de son déséquilibre, Il persiste un certain déséquilibre qui, s’il est compris entre les limite D et d, donnera une roue dentée très nette.

— Ce qui nous paraît pour l'instant complètement impossible à interprèter, c’est l’existence du phénomène soit à la flexion, soit à l’extension du poignet. Nous n’avons pu que le constater sans pouvoir changer à volonté le « sens » de la roue dentée.

Page 1